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Technologie13:05 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 3 min0 commentaires

La Confédération cherche la sortie de secours numérique

L'Open Source pour réduire la dépendance à Microsoft

Dépendre d'un seul fournisseur pour toutes ses tâches de bureau apporte du confort, mais aussi un risque stratégique. L'administration fédérale veut donc évaluer si elle peut accomplir son travail quotidien avec des technologies ouvertes. Après un test de faisabilité, le verdict est prudemment positif: un poste de travail basé sur l'Open Source est fondamentalement possible, mais pas encore idéal pour chaque tâche.

Dès fin 2027, environ 3000 collaborateurs fédéraux sélectionnés travailleront avec le poste de travail CEBA. Des applications pour les e-mails, les calendriers, le traitement de texte, les présentations, la téléphonie et les conférences audio et vidéo sont prévues. La Confédération estime les coûts de la première phase à environ neuf millions de francs. Un remplacement complet de Microsoft n'est ni décidé, ni réaliste à court terme: la solution ouverte sera d'abord utilisée en parallèle à Microsoft 365.

Infografik zum Open-Source-Pilot des Bundes mit 3000 Mitarbeitenden, neun Millionen Franken Kosten und 172 Testpersonen.
Eigene Darstellung der im Artikel genannten Daten. · JournalPlus Redaktion

Le test révèle des atouts et des limites claires

Lors de la preuve de faisabilité, 172 personnes ont travaillé avec le système. Selon la Chancellerie fédérale, les tâches standard ont pu être gérées. Un tel poste de travail pourrait servir de solution de secours en cas d'indisponibilité de certains services cloud. Des limites sont apparues notamment lors de grandes vidéoconférences et lors de la connexion d'applications métier étroitement liées aux produits Microsoft.

C'est précisément là que réside la véritable difficulté. Un programme de traitement de texte est relativement facile à remplacer. La gestion des identités, les calendriers partagés, les partages de fichiers, les exigences de sécurité et des milliers de workflows spécialisés sont plus complexes. Comparer uniquement les prix des licences sous-estime les coûts d'un changement. La formation, le support, la migration de données et le double fonctionnement peuvent être plus coûteux à court terme que le statu quo.

La souveraineté signifie liberté de choix

L'administration fédérale a introduit Microsoft 365 sur environ 54'000 postes de travail. Les documents particulièrement sensibles et confidentiels ne peuvent pas être stockés dans le cloud de Microsoft. Cela montre que la discussion ne porte pas sur une méfiance générale envers la technologie américaine. Il s'agit de savoir si la Suisse conserve sa capacité d'action autonome face aux changements techniques, politiques ou économiques.

La souveraineté numérique ne signifie pas, dans ce sens, programmer chaque logiciel soi-même. Elle implique de conserver les données dans des formats portables, de maîtriser les interfaces et de disposer d'un plan B crédible. L'existence même d'une alternative fonctionnelle améliore la position de négociation face aux grands fournisseurs. Elle peut aussi ouvrir des opportunités aux entreprises informatiques suisses et européennes, à condition que la Confédération définisse des standards ouverts et attribue les marchés de manière transparente.

Ce que cela signifie pour la Suisse

Pour les contribuables, le projet n'a de sens que si la Confédération ne finance pas simplement deux systèmes complets en parallèle de manière permanente. Des objectifs mesurables sont donc nécessaires: quelles tâches fonctionnent sans dépendance propriétaire? Quels sont les coûts totaux par poste de travail? À quelle vitesse peut-on basculer en cas de défaillance? Et quelle est la satisfaction réelle des employés?

Les cantons, communes, écoles et entreprises proches de l'État suivront aussi attentivement le projet. Ils sont confrontés à des questions similaires, mais disposent souvent de moins de connaissances spécialisées. La Confédération peut, grâce à cet essai, créer des standards, des expériences et des composants réutilisables. Si le test échoue en pratique, ce sera aussi un enseignement précieux, à condition qu'il soit documenté ouvertement. S'il réussit, la Suisse n'obtiendra pas une libération spectaculaire, mais quelque chose de plus durable: plus de liberté de choix dans une infrastructure dont dépend presque chaque prestation étatique.

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