
730 millions pour la fibre optique – mais tous les cantons ne paieront pas
La Confédération et les cantons doivent cofinancer les raccordements éloignés. La participation restant facultative, le lieu de résidence pourrait déterminer le déploiement.
Les mètres les plus chers du réseau suisse de fibre optique ne se trouvent pas dans les villes, mais entre la dernière rue desservie et une maison isolée. C'est précisément là qu'un nouveau programme de subventions doit intervenir. La Confédération et les cantons prévoient ensemble 730 millions de francs pour construire des raccordements qui ne seraient pas rentables pour les entreprises de télécommunications seules.
Selon les estimations de l'Office fédéral de la communication (OFCOM), environ 19% des bâtiments, soit environ 10% des ménages et des entreprises, ne pourraient pas obtenir de raccordement fixe moderne sans soutien. La différence s'explique par le fait qu'un immeuble collectif compte pour un bâtiment, mais regroupe de nombreux ménages. L'objectif est d'atteindre des raccordements fixes d'au moins un gigabit par seconde.

Un franc de subvention fédérale nécessite un franc cantonal
La Confédération veut contribuer à hauteur de 365 millions de francs, prévus pour les années 2030 à 2037. Cette part doit être financée par les futures recettes des concessions de téléphonie mobile. L'autre moitié de la subvention doit être prise en charge par le canton concerné. Ce n'est qu'avec sa participation qu'un projet peut recevoir des fonds fédéraux.
Cela crée une particularité politique: la participation cantonale est volontaire. Deux communes isolées de manière similaire pourraient ainsi être traitées différemment, bien que leurs coûts de déploiement soient comparables. Dans un canton avec un programme de subvention, l'argent afflue, dans le canton voisin, peut-être pas. Le lieu de résidence ne décide alors pas seulement de la distance technique au réseau, mais aussi de la volonté du gouvernement cantonal et du parlement de fournir des fonds.
Seules les zones où le marché ne construit pas sont subventionnées
Le programme ne doit pas remplacer les investissements privés. Le soutien est destiné aux zones où ni un raccordement performant n'est disponible, ni un déploiement économique n'est prévu. C'est essentiel: si l'État payait des projets rentables, les fournisseurs pourraient retarder leurs investissements et attendre les subventions.
La délimitation restera toutefois exigeante. Les entreprises de télécommunications planifient sur plusieurs années, les coûts changent et les techniques alternatives évoluent. Une commune doit donc prouver qu'un raccordement moderne ne verrait pas le jour sans subvention. En même temps, la procédure ne doit pas être si longue que les entreprises et les ménages vivent avec des performances insuffisantes jusqu'à la décision.
Un Gigabit est plus qu'une question de confort
Pour un ménage privé, le débat semble d'abord technique. Cependant, la qualité d'un réseau fixe influence le télétravail, les services cloud, la télémédecine, l'éducation et la valeur d'un site. Pour une entreprise, des téléchargements stables, la sauvegarde de données ou les processus de production numériques peuvent être décisifs. La téléphonie mobile aide dans de nombreux endroits, mais ne remplace pas une connexion fixe fiable dans chaque bâtiment.
Le problème devient plus urgent car les anciens réseaux en cuivre devraient disparaître progressivement dans les années 2030. Une solution de transition minimale pourrait alors déclencher de nouveaux investissements. L'objectif du Gigabit vise donc non seulement à remédier à l'insuffisance actuelle, mais aussi à créer une infrastructure avec un horizon à plus long terme.
730 millions sont un plafond, pas une garantie de déploiement
La somme semble importante, mais elle est répartie sur huit ans, de nombreux cantons et des raccordements individuels coûteux. Le nombre de projets réellement réalisés dépend des demandes, des coûts de déploiement et des décisions cantonales. On ne peut donc pas déduire du crédit que chaque raccordement actuellement lent recevra automatiquement la fibre optique.
Une gradation technologique reste également prévue. La majeure partie doit être desservie par des réseaux câblés. Pour les cas particulièrement difficiles d'accès, des solutions radio terrestres peuvent jouer un rôle. Ce qui est décisif n'est pas seulement le médium, mais si la performance, la stabilité et la capacité correspondent à l'objectif de subvention au quotidien.
Le véritable dernier kilomètre est fédéral
Le projet résout un conflit d'objectifs classique: les régions ne doivent pas être laissées pour compte numériquement, les coûts doivent être partagés localement et les investissements privés protégés. Le financement à moitié force les cantons à prioriser les projets. Mais cela crée aussi le risque d'une fragmentation.
Pour les communes concernées, le travail commence donc bien avant le premier câble. Elles doivent documenter les lacunes d'approvisionnement, connaître les plans de déploiement des fournisseurs et convaincre leur canton de cofinancer. La décision de construire le dernier kilomètre ne se prend pas seulement dans la tranchée, mais aussi dans le budget cantonal.



