Zurich rejette de peu l'interdiction de publicité pour les vols
Aperçu des arguments pour et contre

Le Conseil communal de Zurich a de justesse rejeté une interdiction de la publicité pour les voyages aériens. Par 61 voix contre 57, un postulat des Verts demandant au Conseil municipal d'examiner une interdiction de la publicité aérienne dans l'espace public a échoué. Le vote montre à quel point la question est controversée : l'État doit-il restreindre la publicité pour les offres particulièrement nuisibles au climat ?
Le débat ne se limite pas à Zurich. D'autres villes se penchent également sur la question de savoir si la publicité publique pour les voyages aériens, les voitures à moteur thermique ou les sources d'énergie fossiles est encore pertinente. Un mouvement mondial contre la « publicité fossile » grandit. En Suisse, cependant, aucune interdiction générale de la publicité aérienne n'est actuellement prévue au niveau fédéral.
Zurich rejette de peu l'initiative
Au Conseil communal de Zurich, le vote a été extrêmement serré. 57 membres ont voté pour le postulat, 61 contre. Les Verts ont argumenté que la publicité contribuait à faire des voyages aériens une partie normale de la vie quotidienne. Si la politique veut réduire le trafic aérien pour des raisons climatiques, elle doit également aborder la manière dont les voyages aériens sont promus.
Les partis bourgeois ont rejeté l'initiative. Patrik Brunner, conseiller communal du PLR, a parlé selon SRF d'une atteinte à la liberté économique et publicitaire. Deux conceptions différentes s'opposent ainsi : l'une voit la publicité comme un instrument qui façonne la demande. L'autre la considère comme faisant partie d'une économie de marché libre, où les consommateurs devraient décider eux-mêmes de leur comportement.
La publicité influence le comportement – mais dans quelle mesure ?
Les partisans d'une interdiction n'affirment pas qu'une seule affiche déclenche un vol. Leur thèse est plus fondamentale : si les voyages aériens sont constamment visibles et promus de manière attrayante, cela peut contribuer à ce que l'avion soit perçu socialement comme une forme de voyage normale et simple.
La ville de Zurich se penche déjà sur la question de savoir pourquoi les gens continuent de voyager fréquemment en avion malgré leur conscience du changement climatique. Une étude commandée par la ville conclut qu'outre les facteurs psychologiques, des raisons structurelles jouent également un rôle. Celles-ci incluent les prix, le temps de trajet, le confort et la disponibilité d'alternatives.
Cela ne prouve cependant pas qu'une interdiction de publicité réduirait le trafic aérien de manière significative. C'est précisément là que réside l'un des points de discorde du débat politique.
Berne montre que les questions juridiques sont compliquées
Zurich n'est pas la première ville suisse à se pencher sur une telle interdiction. À Berne, un postulat pour une interdiction des affiches publicitaires pour les voyages aériens et les voitures a déjà été déposé en 2023.
Le Conseil communal de Berne a conclu en mars 2026 qu'une interdiction explicite de la publicité pour les voyages aériens, les compagnies aériennes et les voitures pourrait en principe être légalement possible, à condition qu'elle soit ancrée au niveau de réglementation communale correspondant. Parallèlement, il a souligné les problèmes de délimitation considérables et les efforts supplémentaires de mise en œuvre. La question de savoir ce qui constitue exactement une publicité pour un vol ou un voyage aérien serait particulièrement difficile.
Cela montre qu'une interdiction de publicité ne serait pas une simple déclaration de volonté politique. Elle devrait être définie précisément et s'inscrire dans l'ordre juridique en vigueur. La liberté économique doit être prise en compte, tout comme un éventuel intérêt public pour la protection du climat. Le SECO stipule généralement que les restrictions étatiques à la liberté économique doivent reposer sur une base légale appropriée, être dans l'intérêt public et être proportionnées.
D'autres villes vont plus loin
Il existe déjà des exemples internationaux. À La Haye, une interdiction de certaines publicités nuisibles au climat dans l'espace public est en vigueur depuis début 2025. Cela inclut notamment la publicité pour les voyages aériens, les croisières, les véhicules à moteur thermique et les sources d'énergie fossiles.
Selon SRF, plus de 50 villes dans le monde ont rejoint le mouvement contre la « publicité fossile » et ont introduit des restrictions correspondantes. Parmi elles figurent notamment Édimbourg, Florence, Stockholm et Sydney.
Les mesures diffèrent toutefois considérablement. Il n'existe pas de modèle uniforme d'interdiction internationale de la publicité. Certaines villes interdisent complètement certains produits, d'autres se limitent à la publicité dans l'espace public.
La Suisse mise d'abord sur d'autres instruments
Au niveau fédéral, la Suisse suit actuellement une autre voie. À partir du 1er janvier 2027, les prestataires de voyages aériens devront indiquer les émissions de vol probablement générées par passager dans leurs offres de vol. Cette réglementation s'applique notamment aux compagnies aériennes, aux agences de voyage et aux voyagistes en ligne.
Cela devrait permettre aux consommateurs de mieux identifier l'impact climatique probable d'un voyage aérien. Il ne s'agit donc pas d'une interdiction, mais d'une information supplémentaire lors de la décision d'achat.
Des exigences existent déjà en matière de publicité des prix. Pour les offres de vol en Suisse, le prix total doit être indiqué, y compris les taxes sur le carburant, les redevances d'aéroport et de sécurité, ainsi que d'autres frais.
Que pourrait apporter une interdiction de publicité ?
La question centrale reste de savoir si une interdiction de la publicité aérienne conduirait réellement à moins de voyages en avion. Les partisans y voient un élément d'une politique climatique plus globale. Les opposants doutent de son efficacité et mettent en garde contre une atteinte à la liberté publicitaire et économique.
À cela s'ajoute un problème pratique : une interdiction devrait définir clairement ce qui en serait affecté. Seule une affiche avec « Vol vers Barcelone à partir de 49 francs » serait-elle interdite ? Qu'en serait-il de la publicité d'une compagnie aérienne qui propose également des voyages en train ou d'autres services ? Et comment traiter la publicité en ligne, qui ne se limite pas à une zone urbaine spécifique ?
Le débat devrait se poursuivre
La décision serrée à Zurich ne devrait donc pas mettre fin à la discussion. Elle montre plutôt à quel point la gestion des voyages aériens dans la politique climatique est devenue controversée.
Pour la Suisse, aucune interdiction générale de la publicité pour les voyages aériens ne se dessine actuellement. Cependant, les villes peuvent discuter de leurs propres règles pour la publicité dans l'espace public. Parallèlement, la Confédération mise à partir de 2027 sur une plus grande transparence concernant les émissions des voyages aériens.
La véritable question politique va au-delà de la publicité : dans quelle mesure l'État doit-il influencer le comportement de la population en matière de protection du climat ? Entre une interdiction complète et un renoncement total à la réglementation, il existe de nombreuses possibilités. La Suisse commence tout juste à en débattre.
Sources
- SRF: Interdiction de la publicité pour les voyages aériens – nécessaire depuis longtemps ou superflue ?, 28 août 2026
- SRF: Le Parlement de la ville de Zurich rejette l'interdiction de publicité pour les vols, 27 août 2026
- Ville de Berne: Postulat «Pas de publicité pour les voyages aériens et les voitures», 16 mars 2026
- OFEV: Indication des émissions pour les offres de vol
- OFAC: Transparence des prix des vols
- SECO: État et concurrence
- Ville de Zurich: Ce qui nous empêche de renoncer à l'avion
