Mobilité10:15 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 6 min0 commentaires

Conduite autonome: la Suisse en retard sur Tesla – et ses avancées

Aux États-Unis, Tesla roule déjà sans conducteur. La Suisse mise sur des projets pilotes contrôlés – et rattrape lentement son retard.

Autonomes Fahren
Bild: open AI

La conduite autonome progresse actuellement à deux vitesses différentes. Aux États-Unis, Tesla met ses robotaxis sur les routes. En Europe, l'homologation des systèmes d'aide à la conduite est encore débattue. Et en Suisse, des projets pilotes concrets sont déjà en cours. La question n'est donc pas simplement de savoir si la Suisse est en retard. Ce qui est décisif, c'est de regarder quelle forme de conduite autonome est envisagée.

Tesla roule déjà sans conducteur aux États-Unis

Début septembre 2026, Tesla a lancé ses premiers trajets avec le Cybercab à Austin, Texas. Le véhicule est spécialement conçu pour les opérations de robotaxi et se passe de volant et de pédales. L'utilisation est initialement limitée à des zones spécifiques.

Tesla va ainsi plus loin qu'avec son système bien connu «Full Self-Driving». Le nom ne doit pas prêter à confusion: FSD Supervised n'est pas une conduite entièrement autonome. Le conducteur doit surveiller le système et pouvoir intervenir à tout moment.

Le Cybercab, en revanche, vise une exploitation réellement sans conducteur. C'est précisément cette distinction qui est cruciale pour la comparaison internationale.

Les États-Unis avancent plus vite – mais non sans controverse

L'avance technologique des États-Unis ne signifie toutefois pas que toutes les questions y sont réglées. La NHTSA, l'agence américaine de la sécurité routière, a ouvert une enquête concernant la certification d'environ 1000 Cybercabs.

Il s'agit notamment de déterminer si les véhicules satisfont aux exigences de sécurité en vigueur. Parallèlement, le gouvernement américain travaille à l'adaptation de certaines réglementations relatives aux véhicules autonomes. Tesla se situe ainsi à la frontière entre le progrès technologique et les exigences réglementaires.

Autonomes Fahren Schweiz
Symbolbild · Bild: open AI

Les Pays-Bas sont plus avancés que la Suisse concernant Tesla

En Europe, les Pays-Bas se sont particulièrement positionnés comme pionniers pour le FSD de Tesla. L'autorité d'homologation néerlandaise RDW a accordé l'homologation de type au FSD Supervised de Tesla en 2026. D'autres pays européens ont suivi cette évolution.

La France a également débuté des tests avec le FSD de Tesla début septembre. Cela démontre une dynamique pour l'homologation européenne du système Tesla.

La Suisse n'est pas encore de la partie. Le FSD Supervised de Tesla n'est pas encore disponible sur les routes suisses.

La Suisse a néanmoins franchi une étape importante

Concernant le cadre juridique, la Suisse est cependant plus avancée que ne le laisserait penser un simple regard sur Tesla. Depuis le 1er mars 2025, de nouvelles règles s'appliquent à la conduite automatisée.

Le cadre juridique suisse autorise trois applications: un pilote d'autoroute pour les véhicules homologués en conséquence, des véhicules sans conducteur sur des tronçons approuvés par les autorités, et le stationnement automatisé dans des zones désignées à cet effet.

Cela ne signifie pas que tout véhicule autonome est automatiquement homologué. Les fabricants et opérateurs doivent satisfaire aux exigences de sécurité respectives. Pour les véhicules sans conducteur, une autorisation officielle est également requise pour le tronçon concerné.

AmiGo montre ce qui est déjà possible

La Suisse est particulièrement avancée avec le projet AmiGo de PostAuto et Baidu Apollo Go. Depuis 2026, des véhicules automatisés sont utilisés sur les routes publiques en Suisse orientale.

La zone pilote couvre environ 80 kilomètres carrés à St. Gallen, ainsi qu'en Appenzell Rhodes-Extérieures et en Appenzell Rhodes-Intérieures. Dans la phase actuelle, un conducteur de sécurité est encore à bord. Cependant, le véhicule prend déjà en charge lui-même les tâches de conduite essentielles.

La prochaine étape sera l'exploitation sans conducteur. Des trajets avec un groupe d'utilisateurs fermé sont prévus dans un premier temps. Si les exigences de sécurité nécessaires sont remplies, le projet sera étendu.

Une exploitation régulière avec jusqu'à 25 véhicules est prévue pour 2027.

Des tests sont également effectués dans le canton de Zurich

AmiGo n'est pas le seul projet suisse. Dans le Furttal, dans le canton de Zurich, des véhicules automatisés circulent également sur la voie publique. Le projet vise à acquérir de l'expérience avec une zone d'exploitation plus vaste. À terme, une surveillance depuis une centrale est envisagée.

D'autres projets existent notamment à Bern et Arbon. Il s'agit d'applications diverses comme les véhicules de livraison, les navettes et les transports publics.

Pourquoi la Suisse est néanmoins en retard par rapport à Tesla

La différence entre Tesla et les projets suisses réside principalement dans l'approche. Tesla tente de mettre sur les routes un système techniquement aussi universel que possible. La Suisse procède par étapes: tronçons définis, zones d'exploitation clairement délimitées et autorisations officielles.

Pour un conducteur de Tesla suisse, le résultat est néanmoins clair: alors que le FSD Supervised est déjà homologué aux Pays-Bas, la fonction ne peut pas être utilisée en Suisse actuellement.

La Suisse est donc en retard par rapport à certains pays européens pour cette application spécifique.

Pour les transports publics autonomes, le tableau est différent

La situation est différente si l'on ne se concentre pas sur Tesla, mais sur l'exploitation autonome réelle. Avec AmiGo, la Suisse dispose déjà d'un projet pilote approuvé sur les routes publiques. D'autres projets sont en préparation ou en cours de test.

Il ne s'agit pas encore d'un transport de masse sans conducteur. Mais la Suisse a créé les conditions légales et accumule déjà de l'expérience dans des conditions de trafic réelles.

Quelle est la prochaine étape?

L'étape décisive sera le passage de l'exploitation expérimentale au quotidien. Si les projets pilotes suisses réussissent, les véhicules autonomes pourraient être utilisés initialement sur des trajets clairement définis – par exemple comme navettes dans les régions périphériques ou en complément des transports publics.

Le développement des véhicules privés devrait être plus lent. Ici, les fabricants doivent faire homologuer leurs systèmes pour l'espace juridique concerné. La disponibilité de Tesla FSD en Suisse dépendra donc non seulement du développement technique, mais aussi du processus d'homologation.

Conclusion: la Suisse n'est pas décrochée

Si l'on ne regarde que Tesla, le résultat est clair: la Suisse est en retard. Aux États-Unis, des Cybercabs sans conducteur circulent déjà, et les Pays-Bas sont également plus avancés avec le FSD de Tesla.

En ce qui concerne la conduite autonome dans son ensemble, le tableau est cependant plus nuancé. La Suisse dispose depuis 2025 d'un cadre juridique, permet des projets pilotes concrets et travaille déjà à la transition vers les véhicules sans conducteur.

La Suisse n'est donc ni une pionnière ni une lanterne rouge. Elle suit une voie plus prudente – et la question décisive sera de savoir si les projets pilotes aboutiront réellement à un quotidien sans conducteur.

Sources

Office fédéral des routes (OFROU): Conduite automatisée PostAuto: Projet AmiGo Canton de Zurich: Conduite automatisée dans le Furttal RDW Pays-Bas: Tesla FSD Supervised Reuters: Tesla Cybercab, NHTSA et Tesla FSD en Europe

Partager l’article

Signaler une erreur dans l'article

Merci pour votre signalement. Veuillez décrire l'erreur aussi précisément que possible.

PNG, JPG ou WebP, max. 5 Mo

Commentaires

Connectez-vous pour participer à la discussion.

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à écrire.