La zone environnementale de Londres efficace, d'autres villes hésitent
Un modèle à succès qui rencontre une résistance politique

Londres a obtenu un succès mesurable avec sa zone à faibles émissions. La qualité de l'air dans la capitale britannique s'est considérablement améliorée depuis l'introduction de la zone environnementale. Des études montrent une réduction de la concentration de dioxyde d'azote allant jusqu'à 20 % dans les zones concernées. Pourtant, les villes du monde entier hésitent à suivre l'exemple londonien.
La résistance politique freine la protection climatique
Les raisons de cette hésitation sont multiples. La résistance politique est la principale. Les interdictions de circulation et les redevances pour les véhicules anciens suscitent de vives critiques de la part des automobilistes et des commerçants. À Londres même, ces mesures ont provoqué de fortes protestations. Les maires doivent concilier protection du climat et satisfaction des électeurs.
Les préoccupations économiques renforcent le scepticisme. Les petites entreprises craignent des coûts plus élevés dus au remplacement de véhicules ou aux frais d'accès. La restauration et le commerce de détail évoquent des pertes de chiffre d'affaires. Les critiques alertent sur l'injustice sociale, les ménages à faibles revenus ayant du mal à s'offrir de nouveaux véhicules.
Les villes suisses misent sur d'autres mesures
Les villes suisses adoptent une approche différente. Zurich, Bâle et Berne misent sur le développement des transports publics et des incitations à l'électromobilité. Des interdictions de circulation strictes, comme à Londres, ne sont pas prévues. La qualité de l'air dans les villes suisses est inférieure aux valeurs limites européennes, mais dépasse par endroits les recommandations de l'OMS.
L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) se réfère à l'Ordonnance sur la protection de l'air. Celle-ci prescrit des mesures lorsque les valeurs limites sont dépassées. Les cantons peuvent imposer des restrictions de circulation locales. Cette possibilité est rarement utilisée. Zurich discute depuis des années d'un péage urbain, mais sans succès.
La mise en œuvre demande du courage politique
L'expérience londonienne le montre : les zones environnementales fonctionnent si elles sont mises en œuvre de manière cohérente. L'Ultra Low Emission Zone (ULEZ) couvre désormais presque toute l'agglomération. Les véhicules qui ne respectent pas les normes d'émission paient une redevance journalière d'environ 14 francs suisses. Les recettes sont utilisées pour le développement des transports publics.
Les experts appellent à plus de courage politique. Une protection climatique efficace exige des décisions impopulaires. Le secteur des transports contribue considérablement à la pollution de l'air. Sans mesures drastiques, les objectifs climatiques resteront inatteignables. Certaines villes européennes, comme Stockholm et Milan, ont déjà introduit des zones environnementales et enregistrent des effets positifs.
La question demeure : quand d'autres villes suivront-elles l'exemple de Londres ? Les preuves scientifiques de l'efficacité existent. La volonté politique et un consensus social font encore défaut dans de nombreux endroits. L'équilibre entre la protection du climat et la mobilité individuelle reste un défi central de la politique urbaine.



