La Corée du Sud mise sur des formations intensives pour les puces
Des écoles intensives contre la pénurie de personnel qualifié dans les semi-conducteurs

La Corée du Sud répond à la pénurie de main-d'œuvre dans l'industrie des semi-conducteurs par un nouveau modèle de formation. Des cours intensifs spécifiques, inspirés des "Cram Schools" répandues en Corée du Sud, doivent former en quelques mois des travailleurs qualifiés pour la production de puces. Ces programmes s'adressent aux personnes en reconversion et aux diplômés universitaires.
Le gouvernement sud-coréen et les principaux fabricants de puces, comme Samsung et SK Hynix, ont développé cette initiative ensemble. L'objectif est de pallier le manque critique de personnel qualifié dans un secteur clé pour l'économie sud-coréenne. L'industrie des semi-conducteurs représente environ un cinquième des exportations du pays.
Programmes de formation condensés
Les cours intensifs durent entre trois et six mois. Ils se concentrent sur les compétences pratiques en fabrication de puces. Contrairement aux programmes académiques classiques, ils misent sur des connaissances condensées et une application directe. Les participants apprennent des processus comme la lithographie, la gravure et le contrôle qualité.
Les représentants du secteur estiment le besoin en personnel qualifié supplémentaire à plusieurs dizaines de milliers de personnes pour les années à venir. La concurrence mondiale pour l'expertise en semi-conducteurs s'intensifie. Parallèlement, la demande de puces pour l'intelligence artificielle, l'électromobilité et la technologie 5G augmente.
Le secteur technologique suisse sous pression
La Suisse connaît également une pénurie croissante de main-d'œuvre qualifiée dans le domaine technologique, bien que dans d'autres segments. Selon le Secrétariat d'État à l'économie (SECO), les professions techniques font partie des métiers en pénurie. Le développement logiciel, la cybersécurité et l'ingénierie sont particulièrement touchés.
Les entreprises suisses s'appuient traditionnellement sur la formation professionnelle duale et l'enseignement supérieur. Les programmes intensifs sur le modèle sud-coréen sont encore rares. Des prestataires privés proposent des bootcamps de codage. Cependant, une initiative coordonnée par l'État pour les domaines technologiques spécialisés fait défaut.
Critique de la qualification rapide
Les experts mettent en garde contre une formation trop superficielle due aux programmes courts. La production complexe de semi-conducteurs exige une compréhension et une expérience approfondies. Celles-ci ne peuvent pas être acquises en quelques mois. Les critiques craignent une main-d'œuvre à deux vitesses, composée d'ingénieurs formés de manière classique et de travailleurs rapidement qualifiés.
Les partisans, en revanche, affirment que ces programmes ciblent des rôles opérationnels. Ils ne concurrencent pas les formations d'ingénieurs. Ils y voient une réponse pragmatique aux besoins urgents en personnel. L'impact à long terme de l'initiative sud-coréenne se manifestera seulement dans les années à venir.
Pour la Suisse, la question se pose de savoir si des modèles similaires seraient pertinents pour des domaines technologiques spécifiques. Face à la concurrence internationale pour le personnel qualifié, des formats de formation flexibles pourraient prendre de l'importance.



