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Psychothérapie: la commission exige un diagnostic psychiatrique

Les psychothérapeutes s'opposent aux projets

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Nouvelle barrière pour la psychothérapie? La commission du Conseil national demande un diagnostic psychiatrique

Toute personne souhaitant débuter une psychothérapie psychologique remboursée par l'assurance de base pourrait à l'avenir avoir besoin d'un diagnostic psychiatrique confirmé au préalable. La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS-N) entend ainsi renforcer le modèle de prescription actuel. L'augmentation importante des coûts est la raison principale. Les psychothérapeutes mettent en garde contre des délais d'attente supplémentaires et une surcharge des ressources psychiatriques déjà limitées.

Le 21 août 2026, la CSSS-N a déposé la motion «Assurance obligatoire des soins: utilisation ciblée des primes et des fonds fiscaux» par 16 voix contre 9. Elle exige qu'au début d'une psychothérapie psychologique, un diagnostic médical établi par un psychiatre soit disponible.

La commission justifie sa proposition principalement par l'augmentation significative des coûts de la psychothérapie psychologique dans l'assurance obligatoire des soins (AOS). Parallèlement, elle souhaite que l'offre thérapeutique soit gérée de manière plus ciblée et que les personnes souffrant de maladies psychiques plus graves aient un meilleur accès aux traitements.

Ce qui a changé depuis 2022

La discussion actuelle découle du changement de système en psychothérapie psychologique. Depuis le 1er juillet 2022, les psychothérapeutes psychologues peuvent facturer leurs prestations de manière autonome et à leurs propres frais à l'assurance de base, à condition qu'il y ait une prescription médicale. Ce modèle dit de prescription a progressivement remplacé l'ancien modèle de délégation.

Avant le changement de système, les psychothérapeutes psychologues pouvaient facturer leurs prestations via l'assurance de base dans le cadre du modèle de délégation, sous supervision médicale. La réglementation transitoire a expiré fin 2022. Depuis le 1er janvier 2023, la psychothérapie déléguée n'existe plus.

Le modèle de prescription a été introduit pour améliorer l'accès aux prestations psychothérapeutiques et assurer une prise en charge adéquate. Aujourd'hui, les psychothérapeutes psychologues peuvent exercer de manière autonome aux frais de l'AOS sous certaines conditions.

Les coûts ont fortement augmenté

Les chiffres de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) constituent le principal argument de la proposition de la CSSS-N.

Les coûts de la psychothérapie psychologique à la charge de l'assurance de base sont passés de 528 millions de francs en 2021 à 922 millions de francs en 2024. Cela représente une augmentation de 394 millions de francs, soit une moyenne de 20,4 % par an. L'augmentation a été particulièrement marquée entre 2022 et 2023, lorsque le modèle de prescription a entièrement remplacé le modèle de délégation.

Selon l'OFSP, l'évolution des coûts ne s'explique toutefois pas par une seule raison. Environ 30 % de la croissance est due à des tarifs plus élevés. Près de 25 % s'expliquent par l'augmentation à long terme du recours aux prestations psychothérapeutiques et la croissance démographique. Près de 45 % restants sont attribuables à d'autres facteurs non directement observables, dont le transfert des prestations du secteur des patients payant eux-mêmes et des assurances complémentaires vers l'assurance de base.

Les chiffres ne permettent donc pas de conclure que l'introduction du modèle de prescription est seule responsable de l'ensemble de l'augmentation des coûts.

Le nouveau modèle présente aussi des avantages selon l'OFSP

L'évaluation de l'OFSP brosse donc un tableau plus nuancé que la seule évolution des coûts.

Le changement de système, du modèle de délégation au modèle de prescription, est majoritairement jugé réussi par les patients et les professionnels. La pratique de la prescription s'est établie et fonctionne globalement bien. L'accès à la psychothérapie psychologique est également perçu comme amélioré.

Dans le même temps, le nombre de psychothérapeutes agréés par l'AOS a considérablement augmenté. Malgré cela, des délais d'attente importants persistent, notamment pour les enfants et adolescents et dans les régions rurales. La pénurie de médecins spécialistes et l'augmentation du recours aux prestations psychothérapeutiques affectent en outre la prise en charge.

Le débat politique naît ainsi d'une tension: l'accès à la psychothérapie s'est amélioré, tandis que les coûts pour l'assurance de base ont nettement augmenté.

Ce que la CSSS-N veut changer

La CSSS-N souhaite donc introduire une barrière supplémentaire. Avant le début d'une psychothérapie remboursée par l'assurance obligatoire des soins, un diagnostic médical confirmé, établi par un psychiatre, devrait être disponible.

Selon la majorité de la commission, cela garantirait une utilisation plus ciblée des prestations de l'assurance de base. Parallèlement, l'accès pour les personnes atteintes de maladies psychiques plus graves serait amélioré et la croissance des coûts freinée.

La commission critique notamment le fait que les psychothérapies psychologiques peuvent actuellement débuter sur prescription médicale sans qu'un diagnostic psychiatrique spécialisé ne soit obligatoirement établi avant le début du traitement.

Il est important de noter que l'exigence d'un diagnostic psychiatrique est jusqu'à présent une proposition politique et non une règle en vigueur. La motion doit d'abord être débattue au Parlement.

Les psychothérapeutes mettent en garde contre un nouvel obstacle à l'accès

La profession s'oppose au durcissement prévu. Des psychothérapeutes ont lancé un appel demandant au Conseil national et au Conseil des États de rejeter la motion.

Selon Medinside, plus de 2'000 personnes avaient signé l'appel jusqu'au soir du 25 août, la plupart étant des psychothérapeutes. Ils craignent qu'un diagnostic psychiatrique obligatoire ne rende l'accès au traitement plus difficile.

Les professionnels arguent notamment que les ressources psychiatriques sont déjà limitées. Un examen supplémentaire avant chaque psychothérapie pourrait donc créer de nouveaux goulots d'étranglement et prolonger les délais d'attente.

Les psychothérapeutes voient également le processus diagnostique différemment de la majorité de la commission. Les maladies psychiques ne sont pas toujours clairement identifiables dès le premier entretien. Les symptômes peuvent se chevaucher, changer ou n'être correctement classés qu'au cours de plusieurs entretiens. Un diagnostic complet peut donc nécessiter une anamnèse, une observation clinique, un diagnostic différentiel et parfois plusieurs entretiens.

Les professionnels veulent développer le modèle de prescription

Les opposants à la motion ne demandent donc pas un retour à l'ancien modèle de délégation. Au lieu de cela, ils souhaitent simplifier et développer le modèle de prescription actuel.

Leur objectif est un accès plus direct aux psychothérapeutes psychologues reconnus au niveau fédéral. La collaboration avec la psychiatrie devrait, selon eux, se faire en fonction des besoins cliniques et non être prescrite comme une étape de contrôle obligatoire avant chaque psychothérapie.

Les psychothérapeutes ne contestent pas que la qualité et l'économie doivent être garanties. Ils doutent cependant qu'une obligation supplémentaire de diagnostic psychiatrique soit l'instrument approprié à cet effet. Selon leur évaluation, il n'a pas été prouvé jusqu'à présent qu'une telle obligation améliore la qualité ou réduise efficacement les coûts.

La pénurie de médecins spécialistes est un problème

La discussion intervient dans un contexte de prise en charge déjà tendu. L'OFSP souligne expressément la pénurie de médecins spécialistes dans son évaluation. Parallèlement, des délais d'attente importants persistent, notamment pour les enfants et adolescents et dans les zones rurales.

Une évaluation psychiatrique obligatoire avant le début de chaque psychothérapie psychologique pourrait donc créer un goulot d'étranglement supplémentaire. Cependant, la question de savoir si cet effet se produirait réellement est un débat politique et de politique de santé, et non une conséquence avérée de la motion.

Les partisans de la motion estiment quant à eux que les professionnels psychiatriques sont mieux à même d'évaluer, avant le début d'une thérapie financée par l'assurance de base, si une maladie psychique nécessitant un traitement est réellement présente.

Une deuxième motion vise à fournir de meilleures données

Parallèlement à la motion sur la psychothérapie, la CSSS-N a déposé une deuxième motion. Elle a été adoptée par 13 voix contre 9 et porte le titre «Collecte régulière de données sur les maladies psychiques et le bien-être psychique».

L'objectif est d'améliorer la base de données sur la fréquence des maladies psychiques en Suisse. La commission y voit une base pour mieux planifier la prise en charge à l'avenir et pour suivre plus précisément l'évolution des maladies psychiques.

Cette motion n'est pas non plus une nouvelle réglementation légale. Les deux propositions doivent d'abord être débattues au Parlement.

Ce qui se passe maintenant

L'adoption de la motion par la CSSS-N n'est que le début de la discussion. La commission a approuvé sa demande par 16 voix contre 9. Le Conseil national examinera maintenant la proposition. Si la motion y était adoptée, la procédure parlementaire ne serait pas encore terminée.

Jusqu'à une éventuelle modification législative ou réglementaire, le modèle de prescription actuel reste en vigueur. Les psychothérapeutes psychologues peuvent donc continuer à exercer de manière autonome aux frais de l'assurance obligatoire des soins, dans les conditions actuelles.

Entre meilleur accès et coûts croissants

Le débat révèle un problème fondamental de la politique de santé suisse: une meilleure prise en charge peut entraîner simultanément des coûts plus élevés.

L'évaluation de l'OFSP montre que l'accès à la psychothérapie psychologique s'est globalement amélioré depuis le changement de système. Parallèlement, les coûts de l'assurance de base ont augmenté de 528 à 922 millions de francs en trois ans. Les raisons en sont diverses, allant de tarifs plus élevés à une utilisation croissante, en passant par le transfert de prestations auparavant financées par le privé vers l'assurance de base.

Face à cette évolution, la CSSS-N souhaite exercer un contrôle accru. Les psychothérapeutes craignent quant à eux qu'un obstacle psychiatrique supplémentaire ne crée de nouveaux goulots d'étranglement précisément là où des délais d'attente prolongés existent déjà.

Ainsi, deux objectifs s'opposent: l'assurance de base doit rester abordable, et en même temps, les personnes ayant des problèmes psychiques doivent avoir accès le plus rapidement possible à un traitement approprié. La manière dont cet équilibre sera trouvé deviendra probablement le point de discorde central de la suite de la procédure parlementaire.

Sources

  • Assemblée fédérale suisse, CSSS-N: «Freiner la croissance des coûts en psychothérapie psychologique», 21 août 2026.
  • Office fédéral de la santé publique (OFSP): «La nouvelle réglementation de la psychothérapie psychologique s'est établie», 24 juin 2026.
  • Office fédéral de la santé publique (OFSP): Deuxième rapport de monitoring sur la nouvelle réglementation de la psychothérapie psychologique.
  • Medinside: «Les psychothérapeutes se mobilisent contre l’obligation de diagnostic psychiatrique», 26 août 2026.

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