Trump menace le Canada de droits de douane de 50% sur les automobiles
Comment le conflit commercial pourrait affecter l'économie suisse

Les États-Unis intensifient à nouveau le conflit commercial avec le Canada. Donald Trump a menacé, durant son mandat de président américain, d'imposer des droits de douane élevés sur les voitures importées. De plus, les importations d'acier en provenance du pays voisin devraient être taxées. C'est ce que rapportent notamment SRF News et la NZZ. Cette annonce inquiète également l'économie d'exportation suisse.
Le différend entre Washington et Ottawa couve depuis des mois. Le Canada a critiqué à plusieurs reprises les droits de douane spéciaux américains, notamment sur l'aluminium et le bois. Les États-Unis justifient leurs mesures de protection par la sécurité nationale. Le Canada y voit des barrières commerciales injustifiées. La dernière menace va au-delà des conflits précédents. Le gouvernement canadien a annoncé qu'il imposerait en retour des droits de douane sur les produits américains.
Menace de 50 pour cent
Les droits de douane menacés rendraient les voitures canadiennes nettement plus chères pour les consommateurs américains. Le Canada exporte la majeure partie de ses véhicules vers le marché américain. Une taxe de 50 pour cent rendrait de nombreux modèles inabordables. Les analystes s'attendent à des baisses de production notables dans les usines de l'Ontario et du Québec. Des groupes internationaux qui assemblent des véhicules au Canada, y compris de grands fabricants japonais et allemands, seraient également touchés.
Il n'est pas clair s'il s'agit d'une menace réelle ou d'une tactique de négociation. Trump a utilisé des annonces similaires par le passé pour obtenir des concessions. Le gouvernement canadien a déjà envisagé des contre-mesures. L'industrie automobile nord-américaine est étroitement liée. Les droits de douane mettraient également en péril des emplois américains. La résistance aux États-Unis devrait donc être forte.
Les fournisseurs suisses inquiets
Pour la Suisse, ce conflit est plus qu'une simple nouvelle lointaine. De nombreuses entreprises suisses fournissent des composants, des outils et des machines aux usines automobiles au Canada et aux États-Unis. Des entreprises comme Komax AG de Dierikon ou Feintool AG, dont le siège est à Lyss, comptent parmi les fournisseurs internationaux. Si l'utilisation des capacités des usines automobiles diminue, ces entreprises perdent des commandes. La dépendance vis-à-vis de la production automobile mondiale a augmenté ces dernières années.
Les cantons d'Argovie, de Soleure et de Zurich abritent une grande partie de l'industrie suisse des machines. Leurs exportations dépendent fortement de la demande nord-américaine. Le Secrétariat d'État à l'économie (SECO) suit attentivement l'évolution de la situation, selon ses propres déclarations. De nombreuses entreprises sont déjà confrontées à un franc surévalué et à des commandes en baisse en provenance d'Europe. Une aggravation du conflit commercial arriverait au plus mauvais moment.
Espoir de désescalade
La Suisse et le Canada sont liés par un accord de libre-échange depuis 2009. Les relations commerciales directes ne seraient pas immédiatement affectées par les droits de douane américains. Des effets indirects sont toutefois possibles. Les voitures canadiennes pourraient être davantage dirigées vers les marchés européens et autres. Les fabricants suisses de pièces automobiles seraient alors confrontés à une concurrence accrue. De plus, de l'acier canadien moins cher pourrait être redirigé vers l'Europe, ce qui exercerait une pression sur les prix.
Déjà en 2018, les États-Unis avaient imposé des droits de douane sur l'acier et l'aluminium du monde entier. À l'époque déjà, les entreprises suisses cherchaient de nouveaux débouchés. Les expériences passées montrent que les flux commerciaux peuvent rapidement se déplacer. L'industrie suisse mise donc sur des marchés ouverts et des accords internationaux. Elle demande que le conflit ne s'aggrave pas.
Les exportateurs suisses espèrent une désescalade rapide. Une guerre commerciale déclarée entre les États-Unis et le Canada constituerait un risque supplémentaire pour une économie mondiale déjà fragile. La Suisse a plaidé à plusieurs reprises pour des frontières ouvertes et des chaînes d'approvisionnement fiables. Une extension du conflit à l'UE est actuellement jugée improbable, mais n'est pas exclue. La Suisse pourrait aussi être directement visée par des droits de douane américains, par exemple si Washington étend le différend.
La discussion montre à quelle vitesse des mesures protectionnistes peuvent affecter un État neutre comme la Suisse. Le gouvernement de Berne suit l'évolution attentivement, selon ses propres dires. Les observateurs jugent une extension directe à la Suisse improbable, mais soulignent les conséquences indirectes. Les semaines à venir montreront si la menace est sérieuse. Pour l'économie d'exportation suisse, le conflit commercial reste un risque.



