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F-35 sans prix fixe: la CdG-N blâme de graves erreurs d'acquisition

Absence de prix fixe, négociations déficientes et informations tardives: la CdG-N critique vivement l'acquisition des F-35.

F-35 ohne Fixpreis
Bild: openAi

Aucun prix fixe forfaitaire convenu

Lors de l'achat des avions de combat suisses F-35A, le prix fixe tant débattu n'a jamais été garanti contractuellement, selon la Commission de gestion du Conseil national (CdG-N). Dans son rapport d'enquête publié le 8 septembre 2026, la Commission conclut qu'aucun prix fixe forfaitaire n'a été convenu avec les États-Unis.

Le rapport contredit ainsi l'affirmation selon laquelle le prix des 36 avions initialement prévus aurait été fixe. La CdG-N critique notamment le fait que le Département de la défense (DDPS) ait communiqué à plusieurs reprises une garantie de prix absolue au Parlement et au public. Cette présentation est incompréhensible au vu de la situation contractuelle réelle.

La Commission a donc non seulement examiné ce qui figurait réellement dans le contrat. Elle a également voulu clarifier quand les autorités compétentes ont eu connaissance d'éventuels surcoûts et pourquoi l'incertitude existante concernant le prix n'a pas été identifiée ou communiquée plus tôt.

Le Parlement a approuvé environ six milliards de francs

Le Conseil fédéral a opté en 2021 pour le F-35A du fabricant américain Lockheed Martin. En septembre 2022, le Parlement a approuvé environ six milliards de francs pour 36 avions.

La situation a depuis changé. Les coûts ont augmenté de plusieurs centaines de millions de francs. Le Conseil fédéral a donc demandé en mars 2026 un crédit supplémentaire de 394 millions de francs. Selon les informations actuelles, cela ne suffira probablement que pour 30 F-35A. Le nombre définitif n'est cependant pas encore fixé.

Des retards sont également survenus dans le calendrier. Selon la planification actuelle, les premiers appareils devraient être livrés en Suisse à partir de 2027.

Négociations jugées inopportunes par la CdG-N

La critique concernant l'organisation des négociations contractuelles est particulièrement forte. Selon la CdG-N, le principe des quatre yeux n'a pas été appliqué de manière suffisante. Seules quelques-unes des personnes impliquées auraient lu le contrat en entier.

La Commission critique en outre que le DDPS ait fait appel à un cabinet d'avocats externe pour les négociations. Le service juridique interne d'armasuisse n'aurait quant à lui guère été impliqué. Le cabinet externe aurait évalué les documents principalement selon le droit suisse; un examen selon le droit américain n'aurait pas eu lieu. La CdG-N qualifie cette organisation des négociations d'inopportune.

La Commission estime que l'examen juridique aurait dû être particulièrement minutieux, surtout pour un contrat avec un fabricant américain et des risques de coûts potentiellement importants.

Les doutes sur le prix fixe n'ont pas été suffisamment approfondis

Selon l'estimation de la CdG-N, le Contrôle fédéral des finances (CDF) aurait dû au plus tard donner lieu à un nouvel examen. Le CDF avait déjà émis des doutes quant à la garantie effective d'un prix fixe forfaitaire.

La CdG-N conclut que ces doutes auraient dû entraîner une réévaluation critique et, si nécessaire, de nouvelles négociations avec les États-Unis. Le DDPS aurait au moins dû prendre en compte le risque d'éventuels surcoûts et le refléter en conséquence dans la gestion des risques.

Au lieu de cela, l'idée d'un prix global fixe a continué d'être véhiculée auprès du Parlement et du public.

Viola Amherd également vivement critiquée

La critique de la CdG-N ne vise pas seulement l'administration. L'ancienne cheffe du DDPS, Viola Amherd, est également vivement critiquée dans le rapport.

La Commission juge insuffisants son leadership et sa surveillance concernant l'acquisition des F-35. Elle lui reproche de ne pas avoir suivi les négociations d'assez près et de ne pas avoir suffisamment assumé ses devoirs de surveillance et de pilotage.

La question de l'information du Conseil fédéral dans son ensemble est particulièrement pertinente. Selon la CdG-N, armasuisse avait déjà reçu les premières indications de surcoûts possibles en août 2024. Amherd en aurait été informée. Cependant, elle n'a informé le Conseil fédéral dans son ensemble que plus tard, après que les États-Unis aient confirmé les surcoûts par écrit. La Commission juge cette information trop tardive.

Amherd n'est plus conseillère fédérale. Le rapport n'a donc aucune conséquence politique immédiate sur sa fonction. Il éclaire cependant d'un jour nouveau son rôle dans l'une des plus grandes transactions d'armement de l'histoire suisse.

La Confédération a-t-elle trompé le Parlement et le public?

La question de savoir si la communication trompeuse sur le prix fixe était simplement due à des erreurs et des malentendus, ou si les responsables ont délibérément accepté l'ambiguïté existante, est particulièrement délicate.

La CdG-N pose explicitement cette question. Elle estime qu'il est possible que des personnes étroitement impliquées n'aient «pas délibérément accepté» l'ambiguïté existante concernant le prix. Cependant, la Commission ne constate pas de tromperie délibérée avérée. Elle n'a pas trouvé d'indices correspondants.

Cette distinction est cruciale: le rapport critique vivement la communication du DDPS, mais ne formule aucune accusation prouvée de tromperie intentionnelle.

La documentation était partiellement incomplète

Lors de son enquête, la CdG-N a également constaté des lacunes dans la documentation. Certains documents n'auraient pas été classés conformément aux prescriptions en vigueur. La documentation des opérations était donc incomplète.

La Commission souhaite donc, entre autres, faire examiner si d'anciens collaborateurs peuvent être tenus responsables de possibles manquements liés à la documentation, même après avoir quitté l'administration fédérale.

30 ou 36 avions de combat?

La conséquence politique immédiate du problème des coûts est la question du nombre final de F-35A que la Suisse acquerra.

Le Conseil fédéral demande actuellement un crédit supplémentaire de 394 millions de francs. Selon les informations actuelles, cela permettrait de financer 30 avions au lieu des 36 initialement prévus. Le nombre n'est cependant pas encore définitif, car les prix des lots de production supplémentaires et des moteurs ne sont pas encore entièrement fixés.

La Commission de la politique de sécurité du Conseil national a soutenu le crédit supplémentaire en août par 17 voix contre 8 et une abstention. Elle a rejeté par 13 voix contre 10 et une abstention une proposition visant à augmenter les fonds supplémentaires de 650 millions de francs pour acquérir ainsi toujours 36 F-35A.

Le Conseil national examinera maintenant le crédit supplémentaire. La question du nombre définitif d'avions reste donc politiquement ouverte.

Les coûts ne sont toujours pas entièrement connus

Une autre particularité demeure: même après l'enquête de la CdG-N, le prix final de l'ensemble de l'acquisition ne peut actuellement pas être chiffré de manière fiable.

Selon l'estimation actuelle, seul le prix des huit premiers avions est connu jusqu'à présent. Pour les lots de production supplémentaires, les États-Unis doivent encore négocier des contrats avec les fabricants et pour les moteurs. Le montant total des coûts pour les 36 jets initialement prévus n'est donc toujours pas fixé.

Le litige politique initial concernant le «prix fixe» s'est ainsi transformé en une question plus fondamentale: comment une acquisition d'une telle ampleur a-t-elle pu reposer sur une estimation de prix qui n'était apparemment jamais garantie contractuellement sous cette forme?

Les réactions politiques sont diverses

Les réactions politiques au rapport de la CdG sont diverses. Le PS et les Verts exigent l'arrêt de l'acquisition des F-35 et critiquent vivement la procédure de la Confédération.

Du côté des partis bourgeois, une distinction plus nette est faite entre les erreurs d'acquisition et la nécessité de nouveaux avions de combat pour la politique de sécurité. La Commission de la politique de sécurité du Conseil national s'est déjà prononcée en faveur du crédit supplémentaire, afin que 30 F-35A au moins puissent être acquis.

Le débat politique ne devrait donc pas se terminer avec la publication du rapport de la CdG. Il se déplace maintenant sur la question de savoir si la Suisse doit maintenir l'acquisition malgré les lacunes constatées et, le cas échéant, y consacrer davantage de fonds.

Une erreur d'acquisition aux conséquences importantes

Le rapport de la CdG dresse un tableau problématique de l'acquisition des F-35: un prix fixe forfaitaire n'a pas été convenu, les négociations contractuelles n'étaient pas organisées de manière appropriée du point de vue de la surveillance, des personnes importantes n'avaient pas examiné le contrat dans son intégralité et le Conseil fédéral n'a été informé des surcoûts menaçants que trop tard.

En même temps, une limite importante subsiste. La CdG-N pose la question d'une éventuelle communication erronée délibérée, mais elle ne constate pas de tromperie intentionnelle avérée.

En revanche, il est certain que: le Parlement a approuvé l'acquisition sur la base d'une estimation de prix qui, selon la CdG-N, n'a pu être garantie contractuellement sous la forme d'une garantie forfaitaire. Aujourd'hui, les fonds initialement approuvés ne suffiront probablement plus pour les 36 avions prévus. Et même les coûts définitifs de l'acquisition ne sont pas encore entièrement connus.

L'affaire du F-35 ne concerne donc plus seulement la question du nombre d'avions de combat que la Suisse souhaite acheter. Il s'agit aussi de la manière dont la Confédération a planifié, négocié, contrôlé et communiqué au Parlement et au public l'une de ses transactions d'armement les plus importantes et les plus coûteuses.

Sources

  • Commission de gestion du Conseil national (CdG-N), Rapport d'enquête «Prix fixe F-35A», 8 septembre 2026
  • SRF, «Coûts prétendument fixes – La CdG-N réprimande le Conseil fédéral pour son manque de transparence dans l'acquisition d'avions de combat», 8 septembre 2026
  • SRF, «Rapport de surveillance sur le prix fixe – Le public a-t-il été délibérément trompé concernant le F-35?», 8 septembre 2026
  • Conseil fédéral / Parlement, Crédit supplémentaire F-35A de 394 millions de francs

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