
Première étude nutritionnelle: ce que les enfants suisses mangent
menuCH-Kids fournit les premières données représentatives pour les 6-17 ans. Le bilan est plus positif que certains titres, mais pas sans risques.
Que mangent réellement les enfants et adolescents en Suisse? Jusqu'à présent, de nombreux débats s'appuyaient sur des enquêtes régionales, des données de vente ou des hypothèses. L'étude menuCH-Kids comble une lacune importante: c'est la première enquête nationale représentative sur l'alimentation des 6-17 ans.
L'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a interrogé et examiné un total de 1'852 enfants et adolescents sélectionnés au hasard en 2023 et 2024. Les centres d'enquête de Bellinzona, Berne, Lausanne, Lucerne, St-Gall et Zurich ont couvert les trois grandes régions linguistiques. Outre des informations détaillées sur les repas, les mesures corporelles ont été enregistrées et, pour une partie des participants, des analyses de sang et d'urine ont été effectuées.
Pas de pessimisme culturel
Les résultats ne dépeignent pas une génération fondamentalement mal nourrie. La plupart des participants reçoivent suffisamment d'énergie et déjeunent régulièrement. Par rapport aux jeunes du même âge dans d'autres pays, certains facteurs de risque de maladies chroniques sont moins fréquents.
Des lacunes apparaissent néanmoins. Les fruits et légumes sont en moyenne trop peu présents dans l'assiette. La viande et d'autres aliments riches en protéines sont en revanche souvent consommés en abondance. Les collations et les boissons sucrées font partie du quotidien pour beaucoup. L'activité physique diminue également avec l'âge.
Environ 13 pour cent des enfants et adolescents examinés sont en surpoids ou obèses. Chez environ une personne sur dix, les valeurs sanguines indiquent un risque accru de diabète. Ces chiffres méritent attention, mais une interprétation sobre: une valeur mesurée n'est pas encore un diagnostic individuel, et le poids corporel seul n'explique pas la santé.
Comment interpréter les données
menuCH-Kids est une étude transversale – elle montre une situation à un moment donné. On ne peut pas en déduire qu'un seul aliment cause une maladie. De plus, les déclarations auto-rapportées sur l'alimentation et l'activité physique ne sont jamais totalement précises.
C'est précisément pourquoi la combinaison de différentes méthodes est précieuse. Les participants ont décrit leur alimentation dans des rappels standardisés sur 24 heures, ont répondu à des questionnaires et ont été mesurés. L'étude permet ainsi de mieux caractériser les groupes de population, mais ne remplace ni l'évaluation pédiatrique ni un conseil nutritionnel individualisé.
Le cadre social est également frappant. Une petite partie des enfants mange souvent seule ou devant un écran. Les repas partagés ne garantissent pas une alimentation équilibrée. Ils créent cependant des opportunités de régularité, d'échange et d'une consommation plus consciente.
Les parents ne sont pas les seuls responsables
L'alimentation est souvent traitée comme une question de discipline personnelle. Chez les enfants, cette approche est insuffisante. Ce qui est disponible, abordable et rapide à préparer au quotidien influence les décisions, tout comme la publicité, les horaires scolaires, les revenus et la situation de garde.
Pour les familles, des routines simples sont généralement plus efficaces que des interdictions: l'eau comme boisson standard, des fruits ou légumes visibles et à portée de main, les sucreries non utilisées comme récompense et, si possible, un repas partagé le plus souvent. Une approche sans honte est cruciale. Des commentaires constants sur le poids peuvent nuire à la relation avec la nourriture.
Si les parents s'inquiètent de la croissance, du comportement alimentaire ou des valeurs métaboliques, le cabinet du pédiatre ou du médecin de famille est la première adresse appropriée. Une statistique démographique ne doit jamais conduire à l'autodiagnostic.
Ce que la Suisse peut en apprendre
Les nouvelles données fournissent une base à la Confédération, aux cantons et aux communes pour concevoir des mesures de prévention plus ciblées. Les écoles et les structures d'accueil jouent un rôle central: l'eau potable, des menus équilibrés, suffisamment de temps pour manger et l'activité physique quotidienne atteignent aussi les enfants dont les familles ont peu de ressources.
L'étude devrait être répétée régulièrement. Seules des séries chronologiques montreront si les mesures sont efficaces et où de nouveaux problèmes apparaissent. De plus, un examen plus approfondi des différences sociales et régionales est pertinent, sans stigmatiser des groupes spécifiques.
menuCH-Kids ne donne donc pas une note simple pour l'alimentation de la jeunesse suisse. La conclusion la plus importante est plus nuancée: beaucoup de choses fonctionnent, mais les choix sains ne sont pas aussi faciles pour tous. Une bonne politique nutritionnelle crée donc des conditions où le choix pratique au quotidien est aussi le plus évident.
Sources
- Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires: menuCH-Kids
- OSAV: Jeu de données et documentation de l'étude
État au: 9 septembre 2026.



