Ein älteres Paar sitzt am Seeufer, während eine junge Familie vorbeigeht.
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Lifestyle08:20 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 4 min0 commentaires

Moins d'enfants, Suisse vieillissante : le calcul silencieux

Pourquoi le taux de natalité historiquement bas dépasse la politique familiale

Depuis 2025, la Suisse compte pour la première fois plus de personnes en âge de la retraite que de jeunes de moins de 20 ans. Cette situation résulte d'une espérance de vie accrue et d'un taux de natalité qui, en 2024, est descendu pour la première fois sous 1,3 enfant par femme. À long terme, environ 2,1 enfants seraient nécessaires pour maintenir la taille d'une génération.

Un nouveau document de travail de l'Administration fédérale des finances analyse cette évolution sous l'angle de la politique financière. Il ne s'agit pas d'une prévision d'effondrement soudain. Il décrit un glissement lent, dont les conséquences se répartissent sur des décennies pour le marché du travail, l'AVS, le système de santé, les impôts et les investissements.

Infografik zur Schweizer Geburtenrate unter 1,3 Kindern pro Frau und zum Generationenerhalt von rund 2,1.
Eigene Darstellung der im Artikel genannten Eckdaten. · JournalPlus Redaktion

Les conséquences débutent sur le marché du travail

Moins de naissances signifient, plus tard, moins de personnes en âge de travailler. L'offre de main-d'œuvre indigène croît plus lentement, tandis qu'un plus grand nombre de personnes âgées sollicitent les prestations de la prévoyance vieillesse et du système de santé. Sans une productivité accrue, des phases d'activité professionnelle plus longues ou l'immigration, la pénurie de main-d'œuvre qualifiée pourrait s'aggraver.

Pour les budgets publics, cette évolution a un impact bilatéral. Une croissance économique plus lente freine à long terme les impôts et les cotisations sociales. Parallèlement, les dépenses liées à l'âge augmentent. En conséquence, l'éducation, l'infrastructure ou la protection climatique peuvent entrer davantage en concurrence pour les ressources financières. Il ne s'agit pas d'une facture que les familles seules devraient régler ; cela concerne l'architecture de l'État dans son ensemble.

Pourquoi les gens ont moins d'enfants

La recherche n'identifie pas de cause unique. Les coûts directs liés à la garde d'enfants, au logement et à la formation jouent un rôle, tout comme la perte de revenu d'activité. S'y ajoutent la conciliation de la vie professionnelle et familiale, des congés parentaux courts, des incitations fiscales inadaptées pour les doubles revenus et une répartition inégale persistante du travail non rémunéré.

Les changements dans les projets de vie sont également importants. Les gens fondent des familles plus tard, les exigences envers la parentalité ont augmenté et une vie sans enfants est socialement plus acceptée. Cela relève de la liberté individuelle. L'État ne doit pas en déduire une obligation pour les décisions de vie privées.

L'argent seul ne résout pas le problème

De nombreux pays misent sur les congés parentaux, les allocations, la garde subventionnée ou les allégements fiscaux. Ces mesures peuvent soulager considérablement les familles et augmenter la participation au marché du travail. Cependant, les recherches évaluées par la Confédération montrent que leur effet sur le taux de natalité reste généralement faible ou temporaire. Des primes de naissance isolées ne constituent donc pas une politique démographique durable.

Des mesures plus prometteuses sont des paquets fiables couvrant toute la période de l'enfance : garde d'enfants abordable, modèles de travail prévisibles, impôts équitables et suffisamment de logements adaptés aux familles. Leur valeur ne doit pas être mesurée uniquement par une augmentation du taux de natalité. Elles peuvent également réduire la pauvreté, améliorer l'égalité des chances et permettre aux parents de vivre et de travailler comme ils le souhaitent.

Ce que cela signifie pour les Suisses et les Suissesses

Même une augmentation rapide des naissances ne soulagerait le marché du travail qu'environ deux décennies plus tard. La Suisse doit donc s'adapter simultanément : mieux exploiter le potentiel des femmes et des travailleurs âgés, renforcer la formation continue, promouvoir la productivité et permettre une immigration orientée vers le marché du travail. En outre, des réformes en matière de prévoyance vieillesse et de coûts de la santé deviennent plus urgentes.

Pour les familles, au quotidien, ce n'est pas tant un indicateur national qui compte que la question de savoir si la garde est disponible, le logement abordable et le travail rémunéré conciliable. Pour la politique, la leçon est la suivante : les enfants ne sont pas une ressource de politique financière. Ceux qui soutiennent les familles devraient améliorer leur liberté et leur réalité de vie. Ceux qui veulent stabiliser les finances de l'État doivent construire des systèmes qui fonctionnent même avec des taux de natalité durablement bas.

Les entreprises ont également un rôle à jouer. Des modèles de travail à temps partiel prévisibles, des possibilités de retour après une pause familiale et des opportunités de carrière équitables pour les deux parents contribuent à déterminer le coût indirect d'un enfant. Ces conditions de travail ne remplacent pas une politique familiale publique, mais peuvent empêcher que le désir de travailler et d'avoir des enfants ne s'excluent inutilement.

Sources

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