Goldbarren werden bei einer Schweizer Zollkontrolle anhand von Herkunftsdokumenten geprüft.
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Économie19:00 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 3 min0 commentaires

Pas d'or du Soudan: la Suisse fixe une ligne rouge

De nouvelles sanctions ciblent une matière première qui cofinance la guerre

L'or est petit, précieux et facile à déplacer au-delà des frontières – des caractéristiques qui en font une source de financement idéale en temps de guerre. Depuis le 10 septembre, la Suisse interdit l'achat, l'importation et le transit d'or originaire du Soudan. Les services et financements liés sont également proscrits. Certaines substances chimiques utilisables dans l'exploitation minière soudanaise ne peuvent plus être livrées.

Le Conseil fédéral s'aligne ainsi sur les sanctions de l'Union européenne. Au Soudan, l'armée et les Forces de soutien rapide paramilitaires s'affrontent pour le pouvoir depuis 2023. Des millions de personnes sont déplacées, la situation humanitaire est désastreuse. L'or est considéré comme une source de revenus essentielle pour les acteurs armés et leurs réseaux.

Infografik zum Schweizer Verbot von Kauf, Import und Durchfuhr sudanesischen Goldes.
Eigene Darstellung der im Artikel genannten Daten. · JournalPlus Redaktion

Pourquoi la Suisse doit être particulièrement vigilante

La Suisse figure parmi les places mondiales les plus importantes pour le commerce et le raffinage de l'or. Une grande partie de l'or brut échangé mondialement y est transformée. Cela engendre une responsabilité particulière: même si les livraisons directes depuis le Soudan sont faibles, l'or peut être redéclaré, mélangé ou revendu via des pays intermédiaires.

Une interdiction d'origine n'est donc efficace que si elle est contrôlée. Les raffineries, banques, entreprises de logistique et négociants doivent connaître non seulement leur partenaire contractuel immédiat. Ils doivent aussi vérifier les indices sur l'origine réelle, les routes commerciales inhabituelles et les bénéficiaires économiques. Une forte augmentation des exportations d'un pays voisin ou de transit peut être un signal d'alarme, mais n'est pas une preuve en soi.

Les obligations de diligence deviennent un facteur de compétitivité

La branche suisse insiste depuis des années sur des processus de vérification rigoureux. Cependant, les sanctions en renforcent les conséquences légales: ce qui était auparavant principalement une question d'approvisionnement responsable peut désormais être directement interdit. Les entreprises ont besoin de contrôles documentés, de preuves d'origine fiables et de procédures pour arrêter les transactions suspectes.

Cela coûte de l'argent et du temps. En même temps, cela protège la réputation de la place. Pour les acheteurs d'or et les investisseurs, il est difficile de savoir de quelle mine provient le métal d'un lingot. La confiance se construit donc par des règles crédibles et des contrôles indépendants. Un scandale lié à l'or de conflit pourrait nuire davantage à l'ensemble de la branche que le coût de vérifications rigoureuses.

Les limites des sanctions

Une interdiction d'importation suisse ne mettra pas fin à la guerre au Soudan. L'or peut être redirigé vers d'autres marchés, fondu et mélangé à du matériel légal. De plus, les sanctions peuvent involontairement affecter l'exploitation minière artisanale légale dont dépendent des familles. Un impact humanitaire n'est généré que si les places commerciales importantes agissent de manière coordonnée et traquent spécifiquement les réseaux de contournement.

Cette nouvelle règle complète un embargo sur les armes existant, ainsi que des sanctions financières et de voyage visant actuellement 36 personnes et organisations. Sa force réside moins dans le volume des importations suisses individuelles que dans l'effet de signal d'un centre de raffinage mondial.

Ce que cela signifie pour la Suisse

Pour les propriétaires privés de bijoux ou de produits en or déjà légalement acquis, rien ne change au quotidien. Sont principalement concernés les acteurs professionnels du marché et les nouvelles transactions. Indirectement, cette décision affecte cependant tout le monde: la Suisse tire profit d'un commerce de matières premières particulièrement vulnérable au blanchiment d'argent, au contournement des sanctions et au financement de conflits.

Une interdiction est donc crédible si les autorités contrôlent, sanctionnent les infractions et rendent les résultats transparents. La Suisse ne peut pas surveiller chaque mine. Elle peut cependant empêcher que sa place financière et commerciale devienne le point final commode d'une chaîne d'approvisionnement dissimulée. Pour l'or, la réputation ne se décide pas par l'éclat du lingot fini, mais par l'histoire traçable de son parcours.

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