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L'Iran veut pénaliser les contacts avec les médias étrangers

Un nouveau projet de loi à Téhéran interdit les contacts non autorisés avec les médias et acteurs étrangers jugés hostiles. Cela pourrait représenter un risque pour les Iraniens en Suisse, surtout lors de voyages en Iran.

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Téhéran veut contrôler les liens avec le monde extérieur

Le projet de loi vise une lacune de communication essentielle pour un reportage indépendant sur l'Iran. Les journalistes étrangers dépendent souvent de contacts avec des personnes à l'intérieur de l'Iran pour obtenir des informations sur le pays.

Ces contacts doivent être davantage contrôlés. Le projet prévoit l'interdiction des «interviews, participations à des discussions ou autres communications» avec des médias étrangers ou d'autres acteurs, si ceux-ci sont considérés comme hostiles à la République islamique.

Le problème réside non seulement dans l'interdiction elle-même, mais aussi dans sa formulation. Le terme d'acteur étranger «hostile» n'est pas clairement défini. Les informations disponibles ne précisent pas non plus quels contacts concrets nécessiteraient une autorisation. citeturn0search0

Des termes imprécis créent un risque important

Bahar Ghandehari du Center for Human Rights in Iran critique particulièrement la largeur des termes. Un «acteur étranger» peut être interprété de manière très vaste. Il reste également flou de savoir qui les autorités iraniennes considèrent comme hostile à la République islamique.

Cela crée une marge d'interprétation considérable pour les autorités de sécurité et les tribunaux. Un contact toléré aujourd'hui pourrait être évalué différemment dans des circonstances politiques modifiées.

Pour les personnes concernées, il n'y a pas seulement un risque pénal concret. L'incertitude quant à la communication autorisée peut déjà inciter les gens à éviter par précaution les contacts avec des médias, des chercheurs ou des organisations étrangères.

Selon Ghandehari, cette incertitude fait partie de l'effet de la loi envisagée: les gens ne devraient pas devenir prudents seulement lorsqu'ils sont effectivement inculpés, mais déjà avant.

Le projet intervient après une nouvelle vague de répression

Ce projet ne se présente pas isolément. Depuis les protestations nationales de janvier, la pression sur les opposants politiques et les voix critiques s'est accentuée. Selon la SRF, des dizaines de personnes ont été exécutées depuis lors. Des rapports font également état de condamnations collectives et de nouvelles procédures contre des prisonniers politiques. citeturn0search0

La direction iranienne justifie régulièrement ces mesures par la défense contre l'ingérence étrangère et la sécurité nationale. Les organisations de défense des droits humains y voient une tentative de restreindre davantage la critique et les activités d'opposition.

Selon Bahar Ghandehari, militante des droits humains, le nouveau projet est également lié à la crainte du gouvernement d'un nouveau mouvement de protestation. L'État veut empêcher que des informations, un soutien ou des contacts de l'étranger ne facilitent une nouvelle mobilisation en Iran.

Ainsi, le contrôle de la communication deviendrait un instrument supplémentaire de répression politique.

Qu'est-ce que cela signifie pour les Iraniens en Suisse?

Pour les personnes de nationalité iranienne en Suisse, une incertitude juridique et pratique particulière surgit. Une interview avec un média suisse n'est en principe pas interdite par le droit suisse du fait que la personne concernée est une citoyenne iranienne.

Cependant, ce qui est déterminant, c'est le droit que l'Iran applique à la personne concernée et à un acte. Il n'est pas encore clairement établi si le nouveau projet couvrirait également les contacts qui ont lieu entièrement en dehors de l'Iran.

C'est pourquoi il serait faux d'affirmer dès aujourd'hui que toute interview d'une Iranienne ou d'un Iranien résidant en Suisse constitue automatiquement une infraction pénale en Iran. Le projet de loi n'est pas encore définitivement adopté et son application pratique reste ouverte.

Le risque devient cependant particulièrement pertinent dès qu'une personne concernée se rend en Iran. La question des contacts qu'elle a eus auparavant à l'étranger peut alors prendre une autre signification.

Le risque n'est pas nouveau pour les voyageurs

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) déconseille déjà les voyages en Iran de manière générale depuis le 2 août 2024. Les conseils aux voyageurs sont continuellement révisés et adaptés à la situation sécuritaire. citeturn0search12turn0news3

Le nouveau projet de loi ne créerait donc pas pour la première fois un problème de voyage pour les Iraniens de Suisse. Il pourrait cependant créer une incertitude juridique supplémentaire, notamment pour les personnes qui doivent ou souhaitent se rendre en Iran malgré la recommandation de voyage suisse.

La situation est particulièrement complexe pour les citoyens suisses d'origine iranienne. Le DFAE a annoncé en mars 2026 qu'environ 180 citoyens suisses étaient enregistrés en Iran. Une nette majorité d'entre eux possède également la nationalité iranienne. citeturn0search12

Les doubles nationaux se trouvent dans une situation particulière

La double nationalité ne supprime pas automatiquement le problème. La Suisse autorise en principe plusieurs nationalités. Cependant, ce qui est déterminant, c'est la manière dont l'Iran traite une personne selon son propre droit.

Pour les Suisses de nationalité iranienne, une situation juridique différente de celle en Suisse peut donc s'appliquer lors d'une entrée en Iran. Les autorités suisses ne peuvent intervenir que de manière limitée sur le plan consulaire si une personne est détenue ou poursuivie par les autorités iraniennes.

Cela rend la question de la portée de la nouvelle loi particulièrement pertinente: le problème n'est pas seulement l'admissibilité d'une interview en Suisse, mais le risque potentiel d'une entrée ultérieure en Iran.

Les médias suisses sont également confrontés à un nouveau risque

Le projet concerne indirectement aussi les journalistes suisses. Quiconque travaille avec une source iranienne devra à l'avenir prendre davantage en compte la possibilité que cette personne puisse se rendre en Iran ultérieurement.

Pour une rédaction, une vérification de sécurité supplémentaire peut donc s'avérer nécessaire. La source est-elle de nationalité iranienne? Possède-t-elle également la nationalité suisse? Se rend-elle régulièrement en Iran? A-t-elle des proches là-bas? Son identité pourrait-elle être connue des autorités iraniennes?

Ces questions ne remplacent pas un conseil juridique, mais elles font de plus en plus partie de l'évaluation des risques journalistiques. Particulièrement avec des sources dans des États à régime autoritaire, la publication d'une information ne doit pas exposer la source à un risque personnel prévisible.

La tension est donc double: les médias veulent rendre compte de la situation en Iran, mais doivent en même temps éviter que leurs sources ne soient mises en danger par le reportage.

La Suisse ne peut pas abroger le droit iranien

Une limite importante ne doit pas être ignorée: la Suisse peut garantir aux citoyens iraniens sur son sol l'exercice de leurs droits selon le droit suisse, mais elle ne peut pas déterminer comment l'Iran traite ses propres citoyens lors d'une entrée ultérieure.

C'est précisément pourquoi il serait faux de déduire immédiatement une obligation suisse du projet de loi. Il faut d'abord établir le contenu réel de la loi et la manière dont les autorités iraniennes l'appliqueront.

Toutefois, si la version finale couvrait explicitement des actes commis à l'étranger, ou si les premiers cas montraient que des contacts en Suisse étaient poursuivis lors de voyages ultérieurs en Iran, la situation s'aggraverait considérablement.

Ce que le DFAE doit observer

Pour la Suisse, la question n'est donc pas tant de savoir si elle doit accepter le droit iranien. Ce n'est pas le cas. Il est plutôt déterminant de savoir si la nouvelle législation modifie la situation sécuritaire pour les personnes de nationalité iranienne et si les conseils aux voyageurs existants sont suffisamment concrets.

Le DFAE dispose déjà de conseils aux voyageurs actualisés pour l'Iran et déconseille généralement les voyages dans ce pays depuis des années. En mars 2026, la Suisse avait également fermé temporairement son ambassade à Téhéran; les possibilités diplomatiques et consulaires sont limitées en raison de la situation sécuritaire. citeturn0search12

Si le Parlement iranien adoptait le projet, il faudrait donc surtout observer si de nouveaux risques concrets en découleraient pour les citoyens suisses et pour les Iraniens résidant en Suisse.

La loi n'est pas encore adoptée

L'impact politique du projet est déjà considérable. Il signale que Téhéran veut renforcer davantage le contrôle des flux d'informations. Pour les personnes en Iran, l'incertitude quant aux contacts autorisés pourrait déjà avoir un effet dissuasif.

Pour la Suisse, la prudence est de mise dans l'évaluation. Il n'est pas encore définitivement connu quelles dispositions le Parlement adoptera, quelles peines sont prévues et si, ou comment, les actions en dehors de l'Iran seront poursuivies.

Une chose est sûre cependant: si le projet devenait loi, la marge de manœuvre des citoyens iraniens pourrait se réduire davantage – y compris pour ceux qui vivent en Suisse et bénéficient ici de la protection de la liberté d'expression et de la presse.

Le véritable risque ne commence donc peut-être pas avec l'interview en Suisse, mais avec la question de ce qui se passe après.

Sources

  • SRF, 7 septembre 2026: «L'Iran prépare une loi de répression: contacts médias à l'étranger interdits».
  • Département fédéral des affaires étrangères (DFAE): Conseils aux voyageurs pour l'Iran.
  • DFAE, 26 juin 2026: Informations sur la situation en Iran et les conseils aux voyageurs suisses.

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