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Suisse07:45 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 3 min0 commentaires

Violence domestique : pourquoi les mineurs doivent être traités à part

La nouvelle analyse de l'OFS montre pourquoi les mineurs ne doivent pas être considérés comme une simple sous-catégorie des adultes en matière de violence domestique.

Les enfants ne sont pas une simple sous-catégorie

Les nouvelles analyses de l'Office fédéral de la statistique sur les personnes lésées dans le cadre de la violence domestique rendent visible une différence souvent perdue de vue dans le débat public : les mineurs vivent la violence dans des rapports de relation et de dépendance autres que ceux des adultes. La statistique policière classe les cas dans le domaine domestique en fonction de la relation entre la personne lésée et la personne prévenue.

Pour les enfants et les adolescents, ce classement est particulièrement important. La violence peut émaner des parents ou d'autres proches ; chez les mineurs plus âgés, une relation de couple peut aussi entrer en ligne de compte. Les données décrivent des cas enregistrés. Elles ne mesurent pas toutes les formes de violence au sein du foyer et ne permettent aucune affirmation sur l'ampleur générale du phénomène.

Ce que la statistique peut apporter

L'analyse de l'OFS ventile les personnes lésées par infraction, relation, âge et sexe. Elle permet ainsi de voir quelles constellations apparaissent auprès de la police. La statistique est un instrument d'alerte précoce important pour la politique, la protection de l'enfance et les services de consultation. Mais elle ne montre pas combien d'enfants ne peuvent pas signaler la violence ou n'entrent jamais en contact avec un poste de police.

Cette lacune est particulièrement grande chez les mineurs : la dépendance, les conflits de loyauté et la peur peuvent entraver l'accès à l'aide. Une baisse des cas enregistrés ne serait donc pas automatiquement une baisse de la violence réelle ; une hausse peut aussi refléter de meilleurs signalements ou un meilleur enregistrement.

Ne pas l'assimiler à la violence entre partenaires

La violence entre partenaires concerne majoritairement des personnes adultes et présente d'autres schémas que la violence entre parents et enfants. Les deux relèvent de la violence domestique, mais la prévention et la protection doivent s'articuler différemment. Un centre d'hébergement pour adultes, un signalement de mise en danger à l'autorité de protection de l'enfant et une personne de confiance à l'école n'ont pas la même fonction.

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Symbolbild: Prävention und Hilfe müssen kindgerecht erreichbar sein. · JournalPlus / KI-generiertes Symbolbild

Ce que les données ne peuvent pas montrer

La statistique ne dit rien sur la durée de la violence, sur l'efficacité des mesures de protection ni sur le soutien dont a bénéficié un enfant concerné. Les infractions et les personnes lésées ne sont d'ailleurs pas la même chose : un cas peut englober plusieurs infractions, et l'enregistrement policier suit des catégories juridiques. Qui compare des chiffres doit donc tenir compte de la période, de la définition et de la constellation de relations.

Pour la pratique, cette limite n'est pas une raison d'écarter les données. C'est une raison de les croiser avec les connaissances de l'aide aux victimes, de la protection de l'enfance et des professionnels de la santé. Seule cette combinaison montre s'il existe des lacunes dans l'accès à l'aide ou dans la détection précoce.

Ce qui devrait en découler

Les chiffres n'appellent pas de raccourci alarmiste, mais des réponses précises : existe-t-il des services de signalement accessibles et adaptés aux enfants ? Les professionnels de l'école, de la médecine et de l'encadrement sont-ils formés à reconnaître les signaux d'alerte ? Les cas sont-ils enregistrés de manière comparable d'un canton à l'autre ?

Les données de l'OFS ne peuvent pas répondre à ces questions. Mais elles rendent visible où l'attention publique doit se porter. Dans la statistique, les victimes mineures n'ont pas leur place en marge d'une catégorie générale. Leur situation exige des voies de protection propres, une analyse propre et une politique qui ne réagit pas seulement lorsqu'un cas devient visible sur le plan pénal.

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