
410 décès liés à la chaleur en 2025, les aînés très touchés
La Confédération estime les conséquences de la chaleur à partir des températures et des données de mortalité. Plus de la moitié des décès attribués sont survenus lors de jours dont la moyenne journalière était inférieure à 25 degrés.
La chaleur a causé, selon l'estimation de la Confédération, 410 décès en Suisse durant l'été 2025. La tranche d'âge la plus âgée a été particulièrement touchée: 84 pour cent des décès attribués concernaient des personnes de 75 ans et plus. Celles-ci représentent environ un dixième de la population. Le bilan, publié sur le site de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), porte sur les mois de mai à septembre 2025, et non sur l'été 2026.
Pour 100 000 habitants, la Suisse comptait 4,5 décès liés à la chaleur. Le Tessin enregistrait le taux le plus élevé avec douze, la Suisse orientale le plus bas avec deux. Ces écarts montrent à quel point la charge est inégale à l'intérieur du pays. Pour une comparaison, de telles parts de population sont plus parlantes que le simple nombre de décès dans des régions de tailles différentes.
La chaleur figure rarement sur le certificat de décès
Le chiffre de 410 est une estimation statistique, et non une liste de décès par la chaleur confirmés individuellement sur le plan médical. Le rapport de l'Institut tropical et de santé publique suisse (Swiss TPH), publié en juillet 2026, croise des températures mesurées avec des données de mortalité. Il indique pour cette estimation un intervalle de confiance de 95 pour cent allant de 284 à 537 décès.
Le modèle détermine comment la mortalité évolue avec la hausse des températures. Il tient compte aussi d'effets différés jusqu'à sept jours. Les données de mortalité utilisées sont encore provisoires; des déclarations tardives peuvent modifier les résultats.
Cela explique aussi une apparente contradiction: dans le monitoring hebdomadaire de la mortalité de l'Office fédéral de la statistique, aucune surmortalité statistiquement significative n'apparaissait durant l'été 2025 chez les personnes de 65 ans et plus. Ce monitoring compare les décès hebdomadaires à une fourchette attendue. L'indicateur de chaleur, lui, intègre des données de température quotidiennes et peut saisir aussi des charges moins marquées. Les deux analyses répondent à des questions différentes.
Les jours modérément chauds comptent aussi
Selon l'OFSP, plus de la moitié des décès liés à la chaleur sont survenus lors de jours dont la température moyenne était inférieure à 25 degrés. Il s'agit de la moyenne de la journée entière, et non de la température maximale mesurée l'après-midi. La charge ne se limite donc pas à quelques journées aux pics exceptionnellement élevés.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) décrit comment la chaleur sollicite l'organisme: lorsqu'il doit se refroidir davantage, le cœur et les reins notamment sont mis à contribution. Des maladies cardiovasculaires ou respiratoires préexistantes et le diabète peuvent s'aggraver. Des jours et des nuits chauds successifs augmentent la charge cumulée. Une nuit fraîche n'est donc pas qu'une question de confort de sommeil: elle interrompt l'exposition continue à la chaleur.
Tout le monde ne peut pas se protéger aussi bien. Outre l'âge et l'état de santé, les conditions de logement et l'accès à des pièces fraîches jouent un rôle selon l'OMS. Le travail physique en plein air augmente lui aussi l'exposition. Le nombre de décès dus à la chaleur décrit donc une charge sanitaire, derrière laquelle se cachent des conditions de vie et de travail très différentes.
L'OMS recommande, les jours de chaleur, de chercher l'ombre ou des pièces fraîches et de contacter régulièrement les personnes particulièrement à risque de son entourage. Pour l'aération, l'écart de température est déterminant: la nuit, l'air extérieur plus frais peut aider; le jour, fenêtres et stores doivent garder la chaleur à l'extérieur autant que possible.

Dans les soins, les espaces protégés manquent
L'OFSP a fait examiner séparément à quoi ressemble la protection au quotidien. À l'automne 2025, 900 collaboratrices et collaborateurs des soins de longue durée, des soins ambulatoires ainsi que des hôpitaux et cliniques ont participé à une enquête. Neuf sur dix ont fait état de symptômes pénibles au travail. L'eau potable était généralement disponible; en revanche, des salles de pause fraîches, des pauses supplémentaires ou des vêtements de travail adaptés manquaient souvent, selon leurs réponses.
Les réponses reflètent l'expérience des participantes et participants. Elles ne constituent pas un recensement exhaustif de toutes les institutions de soins suisses. Elles nomment néanmoins des problèmes concrets qu'une recommandation générale de comportement adressée aux personnes âgées ne résout pas: une personne prise en charge dépend souvent des autres pour la température de la pièce, le déroulement de la journée et le soutien reçu.
Du côté des autorités cantonales, la protection contre la chaleur était elle aussi plus ou moins avancée en 2024. Selon l'enquête de l'OFSP de l'époque, 18 des 26 autorités sanitaires mettaient en œuvre des mesures; huit cantons disposaient de plans d'action contre la chaleur. Le projet en cours pour la mise en œuvre dans le secteur de la santé dure jusqu'en 2027. Il doit identifier les lacunes et élaborer des recommandations pour les responsables.
Sources
- OFSP: mortalité liée à la chaleur, série chronologique jusqu'en 2025
- Swiss TPH sur mandat de l'OFEV et de l'OFSP: monitoring été 2025, juillet 2026
- OFSP: mesures de protection contre la chaleur et enquêtes dans le secteur de la santé
- OMS: chaleur et santé, 31 juillet 2026
- Image de titre: Francesco Piraneo G., Parco Ciani, Wikimedia Commons
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- Image de l'article: Juhanson, Fresh water fountain, Wikimedia Commons
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