
OFS: les coûts de la santé ont augmenté plus que les primes
De 2019 à 2024, les coûts bruts mensuels par assuré ont augmenté d'environ 18,5 pour cent, les primes brutes de 13,6 pour cent. Ce que la nouvelle série explique – et ce qu'elle n'explique pas.
Les coûts de l'assurance obligatoire des soins ont augmenté plus fortement que les primes brutes par assuré entre 2019 et 2024. C'est ce que montre une analyse du tableau de l'OFS publié le 26 octobre 2026. En moyenne suisse, les coûts bruts mensuels sont passés de 326,84 à 387,30 francs, soit une hausse d'environ 18,5 pour cent. La prime brute est passée de 315,29 à 358,13 francs, soit 13,6 pour cent.
Le calcul compare, dans le jeu de données, l'ensemble de tous les cantons, groupes d'âge, sexes et nationalités. Il décrit une évolution jusqu'en 2024, non une offre actuelle pour une famille. Cette délimitation est précisément importante: les coûts d'un traitement, les factures adressées aux assurés et les allègements publics sont des flux financiers différents.
Quatre montants, quatre messages différents
Dans le tableau, les coûts bruts englobent les coûts de traitement recensés avant déduction de la participation aux coûts. Pour 2024, on trouve, par personne et par mois, 387,30 francs de coûts bruts à côté de 52,31 francs de participation aux coûts et de 334,99 francs de coûts nets. Des écarts d'arrondi sont possibles. La franchise et la quote-part ne sont donc pas identiques à la prime.
Du côté du financement, le tableau indique une prime brute de 358,13 francs. Après déduction des subventions recensées, la prime nette s'élève à 300,51 francs. La différence moyenne atteint 57,62 francs. L'OFS définit explicitement les subventions comme la différence entre primes brutes et primes nettes.
Il ne s'ensuit pas que chaque personne reçoive chaque mois cette subvention. Une moyenne répartit arithmétiquement les montants sur l'ensemble des assurés, y compris sur les personnes sans réduction de primes. Pour le budget d'un ménage, il faut la facture de prime effective et la décision individuelle de réduction. S'y ajoutent le cas échéant les coûts de traitement pris en charge par l'assuré.
Davantage d'assurés gonflent la facture totale
Les coûts bruts à l'échelle suisse passent, dans la série, de 33,11 milliards de francs en 2019 à 41,35 milliards en 2024. Cela correspond à environ 24,9 pour cent. La croissance est plus élevée que les 18,5 pour cent par tête, parce que l'effectif d'assurés recensé a augmenté en parallèle.
L'OFS pondère les assurés selon la durée de la couverture d'assurance. Une personne assurée durant six mois compte pour une demi-personne. Pour 2019, l'effectif pondéré s'établit à environ 8,44 millions, pour 2024 à 8,90 millions. Il serait donc faux de présenter ces valeurs comme un simple recensement de la population résidente à une date donnée.
L'évolution elle aussi mérite l'attention. La prime brute mensuelle moyenne est restée aux environs de 315 francs de 2019 à 2022. Elle est ensuite passée à 331,61 francs en 2023 et à 358,13 francs en 2024. Les coûts n'ont pas progressé au même rythme chaque année. La seule comparaison des points de départ et d'arrivée masque ce décalage temporel.

De 2023 à 2024, la prime brute mensuelle a augmenté de 26,52 francs. Cela décrit l'évolution de la moyenne, pas nécessairement la variation de chaque police individuelle.
Pas un compte de résultat des caisses maladie
La différence entre la prime brute moyenne et les coûts nets ne permet pas de calculer le bénéfice d'un assureur particulier. Un tel calcul devrait notamment tenir compte des frais administratifs, des provisions, du résultat des placements et des bases de calcul propres à chaque caisse. Le nouveau tableau est une statistique structurée des soins et des primes, non un compte de résultat complet de chaque caisse.
Lors d'une comparaison avec d'autres publications, il faut en outre vérifier l'année de référence. L'OFSP précise explicitement que ses données individuelles sont analysées selon l'année de traitement et sa statistique classique de l'assurance maladie selon l'année de décompte. Des termes identiques et des montants en francs similaires ne garantissent donc pas des séries chiffrées immédiatement interchangeables.
Le tableau n'explique pas davantage, par lui-même, ce qui a provoqué la hausse des coûts. Il faudrait pour cela examiner séparément les volumes, les prix, la structure d'âge et les types de traitement. Une somme plus élevée n'est ni automatiquement la preuve d'une médecine inutile, ni expliquée par le seul vieillissement.
Ce que les différences régionales ne prouvent pas
Dans sa publication d'accompagnement, l'OFS indique pour 2024 des coûts nets mensuels d'environ 425 francs au Tessin et de 237 francs en Appenzell Rhodes-Intérieures. Ces valeurs brutes montrent des différences, mais pas encore un classement des soins efficients et inefficients. Il faudrait notamment disposer de groupes de patients et de prestations comparables.
Pour le débat politique, la série chronologique fournit donc un point de départ solide, pas un coupable tout désigné. Elle montre des coûts en hausse et une charge de primes elle aussi croissante, partiellement amortie par des subventions. Savoir si de nouvelles mesures d'économie produisent un effet et ce que les assurés paient aujourd'hui doit être vérifié à l'aide de données ultérieures ou des tarifs actuels – et non avec un tableau qui s'arrête en 2024.
Sources
- OFS: coûts et primes de l'assurance obligatoire des soins, 2019–2024
- Swiss Stats Explorer: totaux et moyennes mensuelles analysés
- OFS: coûts de la santé à charge de l'AOS, 26 octobre 2026
- OFSP: statistique de l'assurance maladie et différence des années d'observation
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