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Hände an einem Laptop neben einem grünen Stethoskop, medizinisches Symbolfoto von 2014.
Digitalisierung in der Medizin: Symbolfoto, keine Aufnahme aus der Studie. Daniel Sone / National Cancer Institute, via Wikimedia Commons, Public Domain, unverändert.
Santé22:00 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 5 min0 commentaires

L'IA peut repérer des examens inutiles – les évite-t-elle ?

Une nouvelle étude évalue des modèles de langage médicaux sur 225 cas. Pour la Suisse, l'obstacle décisif se situe entre une réponse correcte et un meilleur traitement.

L'intelligence artificielle peut-elle aussi déconseiller un examen ? Une étude publiée le 20 octobre 2026 dans les «Annals of Internal Medicine» apporte à ce sujet des indices encourageants, mais limités. Six modèles de langage commerciaux ont rarement recommandé des mesures médicalement inutiles lors d'un test. En revanche, la question de savoir si cela se traduit dans un cabinet médical par moins d'examens ou par de meilleurs soins n'a pas été étudiée.

Cette lacune est centrale pour la Suisse. La campagne smarter medicine lutte depuis des années contre les soins excessifs et inappropriés. Son objectif n'est pas le moins de médecine possible, mais des soins adaptés. Un système d'IA devrait donc faire la preuve des deux : freiner les clarifications inutiles sans empêcher celles qui sont nécessaires. Un faible nombre d'examens ne serait pas, à lui seul, un critère de qualité.

Ce que l'étude a réellement testé

Dean Ariel, Stav Endelman et Guy Laban ont élaboré 225 scénarios à partir de 15 recommandations Choosing Wisely. Pour chaque recommandation, dix cas exigeaient de la retenue, cinq une intervention médicale. Les modèles ont été interrogés entre février et mars 2026 via leurs interfaces de programmation. Trois passages par modèle ont donné au total 4050 réponses. Aucun être humain n'y a participé en tant que patiente ou patient.

Dans les cas prévus à cet effet, le taux de recommandations d'intervention inutiles s'est monté à 5,4 pour cent. L'erreur inverse – ne pas recommander une mesure adéquate – est apparue plus rarement, à 0,6 pour cent. Ces pourcentages portent sur des réponses au sein de ce test. Ils ne constituent pas un taux de réussite pour n'importe quelle question de santé, ni un taux de dommages mesuré dans la prise en charge.

La moyenne masque des décisions difficiles

La plupart des recommandations de surmédicalisation se concentraient sur l'échographie en cas de petits nodules thyroïdiens découverts fortuitement et sur les électrocardiogrammes de routine chez des adultes à faible risque. Cela ne signifie pas que l'échographie ou l'ECG seraient par principe superflus. Ce sont les conditions décrites dans chaque cas qui sont déterminantes. La Société suisse de radiologie souligne en conséquence que les listes de recommandations ne doivent pas empêcher un diagnostic adapté à chaque situation.

La méthode de mesure pose elle aussi des limites. Les chercheurs ont utilisé des consignes isolées, sans dialogue ensuite. Un modèle de langage a évalué les réponses, les évaluations contestées étant tranchées par un médecin. Il s'agit d'une comparaison contrôlée, non d'un substitut à un essai clinique. On ne sait donc pas si un système réagit de la même manière lorsque les informations sont incomplètes ou que l'on insiste à plusieurs reprises pour obtenir un examen.

Appareil d
Appareil d'échographie, 2024. Image d'archive ; l'utilité d'un examen dépend de la situation médicale concrète. Photo : Harrison Keely / Wikimedia Commons, CC BY 4.0, sans modification.

Le savoir seul n'élimine pas les incitations perverses

Pour le débat suisse, un second regard s'impose donc : pourquoi un examen peu utile est-il pratiqué ? Les économistes de la santé Katharina Blankart et Tobias Benjamin Müller expliquent, dans une contribution de la Haute école spécialisée bernoise de 2024, comment des incitations financières peuvent influencer les décisions médicales. Une rémunération à l'acte récompense d'abord la prestation fournie. Avec les forfaits par cas, d'autres incitations apparaissent, par exemple celle de limiter les coûts par cas.

Cette contribution de contexte n'est pas une évaluation de la nouvelle étude sur l'IA et ne décrit pas automatiquement chaque tarif actuel. Son point fondamental reste important pour juger un outil numérique : une indication correcte ne modifie pas d'elle-même la rémunération, les processus de travail ou les attentes. Un hôpital devrait vérifier qui contrôle une proposition, qui justifie les écarts et qui assume la responsabilité de la décision.

Des prestations évitées ne constituent pas non plus automatiquement des coûts totaux évités. L'examen devrait inclure l'introduction et l'exploitation du système, ainsi que les clarifications supplémentaires consécutives à de fausses recommandations. Ce serait un critère d'évaluation nécessaire pour la suite, pas un effet déjà démontré. Le travail présenté ne contient aucun calcul de coûts pour la Suisse.

La comparaison avec la prise en charge actuelle serait en outre importante : une bonne réponse dans un benchmark ne montre pas si des médecins décident mieux avec l'IA que sans elle. Il faudrait pour cela un groupe de comparaison adéquat, des risques de maladie comparables et un suivi. C'est seulement alors que l'on pourrait distinguer des diagnostics excessifs évités d'un simple déplacement des examens. Ces exigences concernent la mise en pratique, non la portée du test comme première contribution de recherche.

La conversation reste la référence pratique

Les patientes et les patients peuvent déjà faire quelque chose de concret. smarter medicine recommande de poser des questions sur les alternatives de traitement, sur les avantages et inconvénients et leur probabilité, ainsi que sur les conséquences d'une attente. S'y ajoute la question de savoir ce que l'on peut apporter soi-même. Cette aide à la conversation vise une décision commune, non le rejet général d'un examen recommandé par un médecin.

L'IA pourrait préparer un tel entretien ou attirer l'attention de professionnels sur une recommandation. Savoir si elle réduit réellement la surmédicalisation dans les cabinets suisses, cela devrait être montré par des études menées dans le quotidien. La preuve convaincante ne serait pas un « non » numérique particulièrement déterminé, mais moins de médecine inutile avec des soins au moins aussi bons pour les personnes qui ont besoin d'un traitement.

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