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Reihe unmarkierter Feldstiefel auf Trainingsplatz in Berglandschaft als Symbolbild für Armeebestand
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Suisse19:45 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 4 min0 commentaires

Armée 2030: 147’017 personnes ne sont pas encore une garantie

Au 1er mars 2026, l’effectif est suffisant. La pression décisive surviendra toutefois avec l’expiration d’une disposition transitoire et les départs anticipés.

Le chiffre a de quoi rassurer au premier abord: au 1er mars 2026, 147’017 membres de l’armée étaient incorporés dans des formations. Le DDPS juge donc l’effectif suffisant pour fournir les prestations actuellement exigées. En cas d’engagement, l’effectif théorique d’au moins 100’000 personnes serait garanti.

En même temps, la propre prévision de l’armée est la suivante: d’ici 2030, l’effectif devrait passer sous les 130’000. Les deux affirmations peuvent être exactes. Elles répondent simplement à des questions différentes. Le chiffre actuel décrit une situation à une date de référence; la prévision montre à quel point les règles transitoires et les départs anticipés marqueront les prochaines années.

Le chiffre actuel répond à une question étroite

L’effectif recensé porte sur les personnes incorporées dans des formations à la date de référence du 1er mars 2026. On ne peut pas en déduire simplement combien de membres seraient en tout temps formés, équipés et disponibles. Le DDPS en tire toutefois une conclusion claire: l’effectif est actuellement assez élevé pour mobiliser au moins 100’000 membres en cas d’engagement.

Il s’agit de bien plus qu’une note de bas de page statistique. Outre le chiffre sur le papier, une armée a besoin de suffisamment de personnes pour les écoles de recrues, les cours de répétition, les fonctions de cadre et les spécialités techniques. Selon le DDPS, la disponibilité pour l’instruction en cours s’est améliorée de 2,5 points de pourcentage par rapport à l’année précédente. Cela facilite en particulier la tenue des cours de répétition.

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Symbolbild: Personalbestand und Ausbildungsfähigkeit müssen getrennt betrachtet werden. · KI-generiertes Symbolbild · JournalPlus

Pourquoi la courbe s’accentue à partir de 2028

La baisse attendue n’est pas d’abord la conséquence d’un effondrement soudain des recrutements. Elle est liée à une phase transitoire: les deux dernières classes d’âge qui restent astreintes au service militaire pendant douze ans seront libérées en 2028 et 2029. Ensuite, ce coussin d’effectifs qui a soutenu les chiffres jusqu’ici disparaîtra.

Cela explique pourquoi le DDPS peut aujourd’hui parler d’effectifs suffisants et prévoir en même temps moins de 130’000 personnes incorporées pour 2030. Il s’agit d’une prévision fondée sur les hypothèses actuelles, et non d’une certitude sur la capacité d’engagement de l’armée en 2030. Savoir si l’évolution s’atténuera ou s’aggravera dépend aussi des recrutements, des départs et des décisions politiques.

Les départs restent le point névralgique

Selon le DDPS, le recrutement de la relève suffirait en principe avec un taux d’aptitude au service militaire de 70 % et une croissance démographique modérée. Le problème plus important réside dans les départs anticipés du service militaire obligatoire. Ces derniers temps, près de 12’000 personnes astreintes au service militaire ont quitté l’armée prématurément chaque année; les passages au service civil pèsent particulièrement lourd.

Pour la population suisse, ce constat est pertinent, car un chiffre d’effectif seul dit peu de chose sur la planification à long terme de l’instruction et de la disponibilité opérationnelle. Lorsque beaucoup de personnes partent plus tôt, ce ne sont pas seulement des têtes qui manquent. Manquent aussi l’expérience, des équipes rodées et des cadres potentiels pour les cours de répétition ultérieurs.

Cela touche en outre directement le quotidien des jeunes. Le service militaire, la formation et l’emploi doivent rester planifiables sur plusieurs années. Une réforme qui ne viserait que des effectifs plus élevés tout en faisant abstraction de cette planifiabilité ne résoudrait pas le conflit d’objectifs. À l’inverse, une organisation fiable du service, de la formation et du monde du travail peut renforcer l’acceptation sociale.

La réponse politique n’est pas encore arrêtée

En 2025, le Parlement a chargé le Conseil fédéral de mettre en œuvre un service de sécurité obligatoire afin de garantir à long terme les effectifs de l’armée et de la protection civile. Le Conseil fédéral a présenté des paramètres en juin 2026; les cantons sont consultés à ce sujet. Le service de sécurité obligatoire n’est donc ni introduit, ni en mesure de modifier déjà la prévision actuelle.

Le débat ne devrait donc basculer ni dans la fin d’alerte ni dans l’alarmisme. Le chiffre de 147’017 montre que l’armée peut soutenir sur le plan du personnel les prestations actuellement exigées. La prévision pour 2030 montre en même temps que l’effectif n’est pas acquis d’avance. La question décisive sera de savoir si l’on parvient à réduire les départs et à créer un modèle de service obligatoire qui concilie formation, vie professionnelle et acceptation sociale.

Sources

- DDPS: Recensement de l’armée 2026 https://www.vtg.admin.ch/de/newnsb/TJk4QYGofEV- - DDPS: Paramètres pour le service de sécurité obligatoire, 24 juin 2026 https://www.vbs.admin.ch/de/newnsb/2Vc9Edfe2Me9 - Conseil fédéral: Service de sécurité obligatoire – bases et mandat https://www.admin.ch/de/nsb?id=103073 - DDPS: Vision cible et stratégie de l’armée 2023 vtg.admin.ch/dam/de/sd-web/QS5uhoRDya5v/81_298_d_Zielbild-u…

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