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Konferenzraum mit Flaggen der Schweiz und der OSZE, Schauplatz der Vermittlungsdiplomatie im Südkaukasus
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Politique internationale05:45 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 3 min0 commentaires

Cassis dans le Caucase du Sud : ce que la Suisse peut y apporter

En sa qualité de président en exercice de l'OSCE, Ignazio Cassis se rend en Arménie et en Géorgie. Ce voyage montre que la diplomatie suisse n'y œuvre pas de manière neutre dans un vide.

Ignazio Cassis se rendra en Arménie et en Géorgie du 14 au 16 octobre. À première vue, il s'agit d'une visite classique du chef du DFAE. Le moment et les fonctions de la Suisse donnent toutefois un poids particulier à ce déplacement : la Suisse assure en 2026 la présidence de l'OSCE et reste demandée dans le Caucase du Sud comme médiatrice, hôtesse et puissance protectrice.

Deux pays, des conflits de nature différente

À Erevan, Cassis veut rencontrer le premier ministre Nikol Pachinian et le ministre des Affaires étrangères Ararat Mirzoian. Au centre des discussions figure, selon le DFAE, le processus de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. La Suisse propose son expertise si les deux parties le souhaitent. Ce « si » est décisif : une médiation peut ouvrir des espaces de dialogue, mais elle ne peut pas imposer un accord.

À Tbilissi, les conséquences de la guerre de 2008 ainsi que les questions de sécurité et de politique humanitaire occupent le devant de la scène. L'OSCE conduit les discussions internationales de Genève conjointement avec l'ONU et l'UE. La Suisse défend en outre, par un mandat de puissance protectrice, des intérêts entre des États qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques directes. Il en découle un mandat concret, mais pas un rôle d'arbitre disposant d'un pouvoir de décision.

La présidence de l'OSCE est une chance, pas un levier à elle seule

L'OSCE réunit autour d'une même table des États aux intérêts très divergents. C'est précisément là que réside son utilité, mais aussi sa limite. Les décisions exigent souvent un consensus ; des conflits peuvent donc bloquer des procédures. Pour la Suisse, la présidence ne signifie pas qu'on peut lui imputer des résultats que d'autres gouvernements empêchent. Elle lui permet en revanche de mettre des thèmes à l'agenda, d'entretenir des contacts et de garder ouverts les canaux de discussion.

Le voyage s'inscrit dans la continuité des visites régionales de Cassis en Azerbaïdjan et au Turkménistan en août. Il en ressort une perspective régionale importante en diplomatie : sécurité, transport, énergie et questions humanitaires dépassent les frontières de chaque conflit pris isolément. En même temps, les dossiers doivent être évalués séparément. Les tensions entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan ne peuvent pas être mises sur le même plan que les conséquences de la guerre en Géorgie.

Ce qui rend la Suisse crédible

Dans le Caucase du Sud, la Suisse ne peut pas agir par la puissance militaire. Sa crédibilité repose sur un long travail institutionnel, sur la Genève internationale et sur la volonté de rendre possibles des discussions techniques et politiques, même lorsque les fronts sont figés. Le mandat de puissance protectrice montre que neutralité ne rime pas avec passivité : il exige fiabilité, discrétion et limites claires.

Pour le public, il est tentant de mesurer les voyages diplomatiques à leurs résultats immédiatement visibles. Une photo commune ou une promesse de « dialogue » ne met pas fin à un conflit. Le critère doit être plus sobre : les canaux de communication restent-ils ouverts ? Les conséquences humanitaires sont-elles abordées ? Et un futur accord politique peut-il seulement être préparé ?

Le voyage de Cassis n'y répond pas encore. Mais il rend visible pourquoi la Suisse ne devrait pas réduire sa politique étrangère dans le Caucase du Sud à de la symbolique. Sa valeur réside là où la capacité de dialogue se maintient malgré l'expérience de la guerre, la méfiance et des intérêts inconciliables.

Sources

Carte sans légende avec des lignes de relief sur une table de conférence, à côté deux verres d
La diplomatie a besoin d'espaces de dialogue, pas seulement de symboles : image symbolique générée par IA · JournalPlus

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