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Technologie07:00 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 5 min0 commentaires

La Confédération débat de sa dépendance envers les fournisseurs IT

Le Conseil consultatif Suisse numérique discute des changements de fournisseurs et de services fiables. Des exigences d'examen contraignantes s'appliquent déjà aux nouveaux projets informatiques.

Server der Wikimedia Foundation mit zahlreichen Kabelverbindungen, Archivaufnahme
Server der Wikimedia Foundation als Symbolbild für digitale Infrastruktur. Archivaufnahme vom 16. Juli 2012, kein Rechenzentrum des Bundes. Foto: Victorgrigas / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Comment les autorités peuvent réduire leurs dépendances numériques : c'est ce dont a débattu le Conseil consultatif Suisse numérique le 5 novembre 2026. Sous la direction du chef du DDPS Martin Pfister et en présence du chancelier de la Confédération Viktor Rossi, des représentants des cantons, de l'économie, de la science et de la société civile ont discuté d'un meilleur contrôle et de possibilités accrues de changer de fournisseur.

La communication officielle mise sur la coopération plutôt que sur l'isolement. Une Suisse entièrement autarcique dans l'espace numérique ne serait ni réaliste ni souhaitable. Des coopérations avec des entreprises, des hautes écoles et des États partageant les mêmes vues doivent ouvrir des offres supplémentaires. Outre la confidentialité des données, la disponibilité des services et des infrastructures a également été débattue.

Le service doit rester disponible même lorsque la situation se complique

Selon la définition du Conseil fédéral, la souveraineté numérique désigne la capacité de contrôle et d'action dont l'État a besoin pour accomplir ses tâches dans l'espace numérique. Il ne suffit donc pas que des personnes non autorisées ne puissent pas lire un fichier. L'autorité compétente doit aussi pouvoir continuer à travailler avec ce fichier lorsque des circonstances techniques ou politiques compliquent l'exploitation actuelle.

La Stratégie Suisse numérique 2026 lie donc ce thème à la résilience en cas de crise. Un groupe de travail interdépartemental doit suivre les projets pertinents, identifier les risques sécuritaires et de politique étrangère liés aux ressources numériques et élaborer d'autres mesures. La stratégie est contraignante pour l'administration fédérale ; pour les autres acteurs, elle sert de cadre d'orientation.

Colonnes et armoiries cantonales sur la façade du Palais fédéral à Berne
Vue partielle du Palais fédéral à Berne. Photo d'archive du 25 juin 2015, qui ne montre pas la rencontre actuelle du conseil consultatif. Photo : Zinneke / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Les nouveaux projets doivent documenter leurs dépendances

Pour l'administration fédérale centrale, une consigne concrète existe déjà. L'instruction W012 est en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Pour les nouveaux projets informatiques pertinents, la souveraineté numérique doit être examinée et prise en compte. La gestion de projet prévoit à cet effet des points de contrôle à chaque jalon. La direction du projet les traite ; le maître d'ouvrage veille à ce que les résultats soient intégrés aux décisions.

L'évaluation doit être documentée. En cas de risques ou de dépendances de grande portée politique ou stratégique, le maître d'ouvrage doit informer le Conseil de la numérisation de la Confédération. Celui-ci peut ensuite discuter du projet.

L'instruction n'impose toutefois pas une refonte rétroactive de tous les systèmes existants. Elle s'applique aux nouveaux projets lancés depuis son entrée en vigueur. Pour les projets déjà en cours, son application est facultative. Elle exige en outre une pesée des intérêts : l'indépendance et le contrôle s'apprécient avec les coûts et l'efficience économique, et ne priment pas sur toute autre exigence.

La rencontre du conseil consultatif de ce jour est à distinguer de cela. Elle sert à l'échange sur la numérisation et ne remplace ni un achat public ni une décision sur le remplacement d'un produit concret.

Logiciels ouverts et infrastructure commune

L'open source est une manière de construire des alternatives. Le code source y est visible et peut être utilisé, développé et transmis. La Chancellerie fédérale distingue explicitement cela des informations traitées : un code ouvert ne rend pas publiques les données officielles qui y sont stockées.

Lors de l'acquisition de logiciels existants, les solutions ouvertes et propriétaires doivent en principe être traitées sur un pied d'égalité. Pour la publication de logiciels que les autorités fédérales développent elles-mêmes ou font développer, il existe en revanche des prescriptions légales propres. Leur mise en œuvre incombe aux autorités concernées.

Le conseil consultatif a en outre renvoyé au réseau SDS (Netzwerk Souveräne Digitale Schweiz). Il relie des organisations publiques et privées et veut, selon sa propre présentation, réduire les dépendances envers les fabricants, promouvoir les technologies ouvertes et faire avancer les infrastructures exploitées de manière souveraine. Les activités opérationnelles sont assurées par l'Institut Public Sector Transformation de la Haute école spécialisée bernoise.

Les champs d'activité comprennent, outre les logiciels de bureau, les infrastructures cloud et les technologies d'IA ouvertes. Les autorités et entreprises participantes échangent savoirs et expériences. Le réseau est donc une offre de coopération, et non la preuve que toute l'administration peut déjà travailler indépendamment de fournisseurs particuliers.

L'essai sur les postes de travail reste un test limité

La Chancellerie fédérale a annoncé un projet concret le 2 septembre 2026 : dès fin 2027, environ 3000 collaborateurs sélectionnés pourront utiliser un logiciel de bureau alternatif en parallèle de Microsoft 365. Pour la première phase, elle compte sur un montant estimé à 9 millions de francs. Les fonctions de bureau centrales comme le courriel, l'agenda, les documents et les vidéoconférences sont concernées.

L'étude de faisabilité précédente, menée avec 172 personnes de test, s'est révélée globalement positive pour les processus standard centraux, mais a montré des limites lors de grandes vidéoconférences. S'y ajoutent des clarifications de sécurité, des connaissances techniques supplémentaires et la connexion des applications métier existantes. La question de savoir si un remplacement complet sera possible et judicieux plus tard reste ouverte. Dans un premier temps, l'alternative prévue doit faire ses preuves au quotidien aux côtés du système existant.

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