Dernières actualités
Symbolische Schweizer Franken-Münze vor einem abstrahierten Netz internationaler Handelsverbindungen.
KI-generiertes Symbolbild · JournalPlus
Économie12:45 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 5 min0 commentaires

Le franc, plus que l'euro et le dollar: ce que disent les indices BNS

Les nouvelles données de la BNS mesurent la valeur extérieure du franc face à de nombreux partenaires commerciaux. Pour les prix et les salaires, c'est un indice précieux – mais pas un ticket de caisse.

Qui observe le franc regarde d'abord, le plus souvent, son cours face à l'euro ou au dollar. Pour une économie ouverte comme la Suisse, ce cliché instantané ne suffit toutefois pas. La Banque nationale suisse (BNS) a actualisé ses indices de change le 7 octobre. Ils doivent montrer comment le franc évolue face aux monnaies des principaux partenaires commerciaux – et non face à une seule devise.

Cela ressemble à de la statistique pour spécialistes. En réalité, la question touche les entreprises exportatrices, les marchandises importées et, indirectement, le budget de Monsieur et Madame Suisse. L'essentiel est cependant de savoir ce que ces indices mesurent réellement. Qui en déduit automatiquement une baisse des prix en rayon ou un pas de politique monétaire de la BNS y lit davantage que ce que les données permettent de dire.

Tous les cours ne décrivent pas le franc

Un cours euro-franc décrit la relation entre exactement deux monnaies. L'indice nominal du cours de change effectif de la BNS regroupe au contraire les cours bilatéraux en une mesure pondérée par les échanges. Les importations et exportations directes ne sont pas les seules à compter: les situations de concurrence sur les marchés tiers le font aussi. Les pondérations tiennent compte du commerce des biens et des services et sont régulièrement adaptées aux structures commerciales.

Si cet indice nominal monte, le franc s'apprécie face au panier de monnaies. Pour une entreprise suisse, un produit vendu à l'étranger tend à renchérir si elle laisse son prix en francs inchangé. À l'inverse, les biens étrangers qui coûtent le même montant dans leur monnaie d'origine deviennent arithmétiquement moins chers. Le mot «tend à» compte: les contrats, les couvertures contre les risques de change, les coûts de transport et la politique de prix des entreprises peuvent retarder ou atténuer l'effet.

Illustration zu den unterschiedlichen Folgen eines wechselnden Frankenkurses für Importe und Exporte.
KI-generiertes Symbolbild: Ein Wechselkurs kann Importpreise und Exportmargen beeinflussen, doch die Wirkung setzt nicht automatisch und nicht überall gleich ein. · KI-generiertes Symbolbild · JournalPlus

Réel ne signifie pas aussitôt moins cher

Outre l'indice nominal, la BNS publie un indice réel du cours de change effectif. Celui-ci corrige l'évolution du change des évolutions de prix en Suisse et chez les partenaires commerciaux. Il répond donc à une autre question: comment la position concurrentielle de la Suisse en matière de prix évolue-t-elle? Un franc plus fort peut peser moins lourd pour une entreprise exportatrice si les prix augmentent plus vite à l'étranger. À l'inverse, une monnaie stable ne garantit pas forcément la position concurrentielle si les coûts et les prix suisses augmentent relativement plus.

L'indice réel n'est donc pas un baromètre de l'inflation pour le mois suivant, et encore moins une indication sur le salaire d'une personne en particulier. Il compare des évolutions de prix au niveau macroéconomique. Pour la Banque nationale, les entreprises et l'analyse conjoncturelle, c'est instructif; pour un panier d'achat individuel, cela reste une grandeur de fond.

Tout dépend de la variation

Un niveau d'indice n'est en outre pas un prix en francs, ni un pourcentage de gain de compétitivité. Il est lié à une période de base. Il ne devient parlant que sous forme de variation sur une période clairement définie et en comparaison avec d'autres indicateurs. Qui se contente de constater que l'indice est «élevé» ne sait pas encore si le franc a bougé ces dernières semaines, ni si les prix ont évolué en parallèle chez les partenaires commerciaux. La méthode de la BNS fournit le cadre de ces comparaisons; elle ne dispense toutefois ni les entreprises ni la politique de replacer les causes et les conséquences.

Pourquoi les prix à l'importation n'arrivent pas tels quels en rayon

Lorsque le franc s'apprécie, on attend souvent que les vacances, l'électronique ou les denrées alimentaires venues de l'étranger baissent aussitôt de prix. Cela peut arriver, mais ce n'est pas une obligation. Un importateur peut avoir acheté à un cours antérieur. Un commerçant peut compenser le mouvement de change par des coûts d'énergie ou de logistique plus élevés. Et pour de nombreux produits, le taux de change ne porte que sur une partie du prix de vente.

Le pendant vaut pour l'économie d'exportation. Un franc fort peut réduire la marge ou compliquer les hausses de prix à l'étranger. Le poids de cet effet varie selon la branche, le marché de vente et la couverture. Une entreprise de technique médicale, un hôtel et un détaillant ne sont pas touchés de la même manière. L'indice de change fournit donc une situation de départ commune, mais pas un bilan tout fait pour une entreprise.

Une boussole plutôt qu'un verdict

L'intérêt de la série de la BNS tient précisément au fait qu'elle ne s'accroche pas à une seule monnaie. Qui compare l'évolution sur plusieurs mois à l'aide de l'indice réel et de l'indice nominal obtient une image plus sobre de l'économie extérieure qu'avec un seul cours du jour. Les indices n'expliquent toutefois pas à eux seuls le renchérissement et ne remplacent pas une analyse de la demande, des coûts et de la concurrence.

Pour Monsieur et Madame Suisse, voilà la mise en perspective honnête: un franc plus fort peut améliorer le pouvoir d'achat face à l'étranger et devenir un défi pour les entreprises. Que cela débouche sur un prix plus bas, un chiffre d'affaires plus élevé ou une réaction de politique monétaire, l'indice ne le décide pas. Il rend visible la question qu'il faut poser ensuite.

Sources

Banque nationale suisse, indices de change, actualisation du 7 octobre 2026

Banque nationale suisse, portail de données «Indices de change»

Banque nationale suisse, méthode des indices de change

Banque nationale suisse, explications sur la révision des indices de change

Partager l’article

Signaler une erreur dans l'article

Merci pour votre signalement. Veuillez décrire l'erreur aussi précisément que possible.

PNG, JPG ou WebP, max. 5 Mo

Commentaires

Connectez-vous pour participer à la discussion.

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à écrire.