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Pflegefachfrau APN im Gespräch mit Patientin in einer Schweizer Hausarztpraxis
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Santé19:45 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 4 min0 commentaires

APN contre la pénurie de médecins : des règles claires d'abord

Les infirmières et infirmiers experts APN devraient pouvoir assumer davantage de responsabilités dans les soins de base. Mais la formation, les compétences, le financement et la collaboration ne sont pas encore réglés de manière définitive.

Les soins de base font face à deux évolutions opposées : la population vieillit, les maladies chroniques augmentent et le besoin d'un accompagnement médical à long terme croît. En parallèle, des pénuries de médecins de famille se dessinent dans plusieurs régions. Les départs à la retraite et la baisse des taux d'activité creusent l'écart. Les APN ne sont pas une solution de remplacement rapide, mais une pièce supplémentaire, dont l'utilité dépend de la clarté des règles applicables au quotidien en matière de qualification, de responsabilité et de collaboration.

Plus de besoins, moins de médecins de famille disponibles

Le Conseil fédéral constate que ni des places d'études supplémentaires ni le recrutement de médecins formés à l'étranger ne devraient suffire à eux seuls à combler la pénurie attendue. La question de savoir quelles tâches d'autres professionnels de la santé peuvent assumer sans que la qualité, la sécurité et les responsabilités ne se brouillent passe donc au premier plan.

Les infirmières et infirmiers experts en Advanced Practice Nursing doivent jouer un rôle important. Les APN sont titulaires d'un master en pratique infirmière avancée. Elles peuvent par exemple accompagner des personnes atteintes de maladies chroniques, évaluer en profondeur des situations cliniques, coordonner des parcours de traitement et fournir des prestations médicales dans le cadre de compétences clairement définies.

Les APN ne sont pas une profession de remplacement pour les médecins

Le débat politique se réduit souvent à la formule simple « plus de compétences contre la pénurie de médecins ». Elle est trop courte. Les APN ne doivent pas remplacer les médecins de manière générale. Selon le modèle privilégié par le Conseil fédéral, elles travaillent dans des structures ambulatoires sous leur propre responsabilité professionnelle, mais en étroite collaboration avec un médecin responsable.

C'est précisément ce lien qui est central. Les patients doivent savoir qui est responsable de quelle décision, quand une évaluation médicale devient nécessaire et comment le passage de relais entre groupes professionnels fonctionne. Dans des situations simples, standardisées ou nécessitant un suivi à long terme, une APN peut compléter utilement les soins médicaux de base. En cas de diagnostics incertains, de détériorations aiguës ou de décisions complexes, des voies d'escalade claires sont nécessaires.

La loi fédérale sur les professions de la santé oblige déjà aujourd'hui les professionnels de la santé à travailler dans le cadre de leurs compétences acquises. Pour les APN, il manque toutefois encore un profil professionnel réglé de manière uniforme à l'échelle suisse. C'est précisément cette lacune que la révision en cours doit combler : la profession, les exigences de formation et les conditions d'exercice doivent être définies plus clairement au niveau fédéral.

Le financement n'est pas qu'une formalité

Une deuxième question ouverte concerne l'assurance obligatoire des soins. Certaines prestations médicales des APN ne peuvent pas être facturées à l'assurance de base simplement parce qu'elles paraissent judicieuses sur le plan professionnel. Une base légale dans la loi sur l'assurance-maladie est nécessaire.

Le Conseil fédéral a chargé le Département fédéral de l'intérieur, en mai 2026, d'élaborer un projet de loi correspondant. Il ne s'agit pas simplement de créer de nouvelles positions tarifaires. Les catalogues de prestations, la collaboration avec les cabinets médicaux, la documentation et l'assurance qualité doivent aussi être clarifiés.

Le financement détermine donc aussi si un nouveau profil professionnel comble réellement des lacunes de prise en charge ou s'il ne fait que créer des interfaces supplémentaires. Un modèle qui fonctionne bien sur le plan professionnel, mais dont la rémunération reste floue, demeure difficile à mettre en œuvre en pratique. À l'inverse, une rémunération sans ordre de compétences contraignant représenterait un risque pour la transparence et la sécurité des patients.

Le processus politique reste ouvert

La révision fait partie de la deuxième étape de la mise en œuvre de l'initiative sur les soins infirmiers. Le Conseil national a examiné le projet ; la commission compétente du Conseil des États a entamé ses délibérations. Il n'existe donc pas encore de cadre juridique définitif.

Ce n'est pas un détail, mais le cœur du débat. Face à la pénurie de personnel qualifié, la Suisse a besoin de nouveaux modèles de prise en charge. Mais un allègement durable ne se produit que si le niveau de formation, les compétences, la responsabilité, la collaboration et le financement concordent.

Les APN peuvent renforcer les soins de base. Mais ce n'est pas la définition de la profession qui déterminera si elles atténuent réellement la pénurie de médecins : ce sont les règles qui découlent de cette définition au quotidien, dans un cabinet médical ou un home. Ce n'est que lorsque ces règles seront compréhensibles pour les équipes et les patients que le nouveau rôle pourra tenir sa promesse dans la prise en charge.

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