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Intelligence artificielle22:00 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 2 min0 commentaires

« AI Force » de Trump : coordination, régulation en suspens

Donald Trump mise sur une nouvelle taskforce dirigée par le chef du renseignement Jay Clayton. L'initiative regroupe des compétences, mais laisse des règles centrales en suspens.

Le président américain Donald Trump a chargé le directeur du renseignement national, Jay Clayton, de diriger une nouvelle taskforce consacrée à l'intelligence artificielle (IA). Trump la baptise « Super Intelligence Force » et y associe l'ambition de garantir le leadership des États-Unis dans l'intelligence artificielle. Cela ressemble à un nouveau projet de régulation. Les informations connues à ce jour plaident toutefois surtout pour de la coordination et une accélération de la politique industrielle.

Selon l'annonce, outre des services gouvernementaux, des entreprises d'IA, des exploitants d'infrastructures critiques ainsi que des organisations de consommateurs et d'intérêts devraient être associés. Les membres viennent notamment de la Federal Trade Commission, du Pentagone et de l'Office du personnel. La taskforce rend compte au président et à la cheffe de cabinet de la Maison-Blanche.

Coordonner n'est pas réguler automatiquement

Une autorité ou une taskforce peut regrouper des compétences, proposer des standards et rendre les risques plus visibles. Des règles contraignantes ne naissent toutefois que de lois, d'ordonnances, de leur application et d'un contrôle indépendant. Sur le budget, la base légale, les compétences et les exigences de sécurité concrètes, l'annonce n'a d'abord fourni que peu d'éléments.

C'est important, car la politique de l'IA comporte plusieurs conflits d'objectifs : innovation et concurrence, protection contre la fraude et la discrimination, sécurité des infrastructures critiques, droit d'auteur, protection des données et applications militaires. Une structure censée avant tout accélérer le rythme ne répond pas automatiquement à la question de savoir qui répond des dommages ou quels systèmes doivent être contrôlés avant leur déploiement.

La concurrence avec la Chine

Trump présente explicitement cette initiative comme une compétition stratégique. Cela explique le rôle important de l'appareil de sécurité. En même temps, la sécurité nationale ne peut pas rester la seule perspective. Les modèles d'IA et leurs chaînes d'approvisionnement sont mondiaux ; leurs effets sur le travail, les espaces d'information et les droits fondamentaux ne s'arrêtent pas aux frontières.

Pour la Suisse, cette évolution est pertinente, même si elle n'adopte pas les règles américaines. Les entreprises, les hautes écoles et les autorités suisses utilisent des services américains et doivent dans le même temps respecter les exigences européennes et nationales en matière de protection des données ainsi que les prescriptions sectorielles. Si Washington modifie sa ligne, cela peut influencer les standards, les investissements et l'accès aux technologies.

L'« AI Force » est donc d'abord une décision d'organisation politique. Savoir si elle fixera de véritables garde-fous ou si elle accélérera surtout la course ne sera mesurable qu'à l'aune de ses mandats, de ses décisions et de sa mise en œuvre.

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