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Bundeshaus Bern bei Abendlicht als Symbolbild für die geplante Regulierung grosser Online-Plattformen.
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Technologie17:00 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 5 min0 commentaires

Le Conseil fédéral veut responsabiliser les grandes plateformes

Après la consultation sur la loi sur les plateformes de communication, la protection des mineurs doit être nettement renforcée. Aucune nouvelle loi n'a toutefois encore été adoptée.

Les enfants et les adolescents passent une partie de leur quotidien sur des plateformes qui ne se contentent pas d'afficher des contenus: elles orientent aussi l'attention, par des recommandations, des résultats de recherche, des fonctions de messagerie et de la publicité personnalisée. Le Conseil fédéral entend réglementer plus fortement ces services à l'avenir. Le 14 octobre 2026, il a pris connaissance des résultats de la consultation sur la loi fédérale sur les plateformes de communication et les moteurs de recherche, en abrégé la LPC, et a arrêté la prochaine étape des travaux.

La chronologie est importante: il ne s'agit pas d'une loi sur les médias sociaux déjà en vigueur. Le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication doit élaborer un message d'ici fin juin 2027. Viendront ensuite la délibération parlementaire et, selon le déroulement, d'autres étapes politiques. Pour les familles, les écoles et les fournisseurs de plateformes, la communication ne crée donc encore ni obligations ni droits nouveaux immédiats.

Qui serait concerné

Le projet préliminaire actuel s'adresse aux très grandes plateformes de communication et aux moteurs de recherche; selon la Confédération, les moteurs de recherche dotés d'intelligence artificielle en feraient également partie. Les services plus petits ne devraient pas être inclus dans le champ d'application. La disposition ne part donc pas de chaque forum, de chaque groupe de discussion de classe ou de chaque site web suisse, mais des services qui façonnent particulièrement fortement la communication publique et la recherche d'informations.

Au fond, la Confédération veut renforcer les droits des utilisatrices et des utilisateurs et obliger les fournisseurs à davantage de transparence. La procédure de signalement ne devrait désormais plus couvrir seulement certains cas énumérés dans le projet initial. Les utilisatrices et les utilisateurs devraient pouvoir signaler sans complications des contenus présumés illicites. Il s'agit d'une obligation procédurale: cela ne signifie pas qu'une plateforme tranche elle-même de manière contraignante la question de la culpabilité ou de la punissabilité. Elle doit en revanche mettre à disposition un système accessible et pouvoir réagir aux signalements.

Ce que la protection de la jeunesse ajoute

Le Conseil fédéral maintient l'orientation générale du projet mis en consultation, mais veut explicitement développer la protection de la jeunesse en ligne. Les très grandes plateformes et les moteurs de recherche devraient à l'avenir devoir examiner si leurs services créent ou renforcent des risques pour les mineurs. Ils devraient ensuite prendre des mesures pour réduire ces risques.

La communication ne définit pas de manière exhaustive la forme concrète que peuvent prendre de tels risques. Il ne s'agit donc pas seulement de contributions manifestement illégales prises isolément, mais de la conception et de l'usage d'un service. L'approche est préventive: analyser d'abord les risques, puis les limiter de manière traçable. L'objectif est de permettre aux mineurs une participation plus sûre au discours numérique public.

Le Conseil fédéral mentionne en outre une interdiction publicitaire clairement délimitée: les fournisseurs ne devraient pas diffuser aux mineurs de publicité fondée sur le profilage. Il s'agit de publicité déduite de l'analyse du comportement en ligne et de caractéristiques personnelles. Ce serait une différence importante par rapport à la publicité générale. La question de savoir si et comment les plateformes devront distinguer de manière fiable l'âge et le profilage doit être clarifiée dans le texte final.

Un large soutien, mais pas encore de compromis abouti

Selon la Confédération, le projet a bénéficié d'un large soutien lors de la consultation: une majorité des partis représentés à l'Assemblée fédérale, des cantons ainsi que des associations faîtières et organisations à l'échelle nationale s'est prononcée en faveur. Un soutien à l'orientation générale ne signifie toutefois pas que toutes les questions de détail sont résolues. S'agissant des règles en ligne en particulier, c'est la mise en œuvre pratique qui détermine si la protection est efficace sans restreindre inutilement les droits à la liberté d'expression, à la sphère privée et à l'accès à l'information.

Le DETEC devrait associer le Département fédéral de l'intérieur, respectivement l'Office fédéral des assurances sociales, aux dispositions sur la protection de la jeunesse. En outre, le Conseil fédéral veut décider, sur la base de deux postulats parlementaires, si d'autres mesures seront intégrées dans les bases légales.

Aucun texte de loi définitif énumérant l'ensemble des obligations n'a été publié à ce jour. Il reste donc ouvert de savoir quelles catégories de risques deviendront contraignantes, comment une plateforme devra démontrer les risques et quelle autorité contrôlera le respect des règles. De même, la communication laisse ouverte la question de savoir si et comment une vérification de l'âge est prévue. Une interdiction de la publicité fondée sur le profilage pour les mineurs ne résout pas automatiquement cette question.

Les conséquences en cas d'infraction, les voies de recours et l'entrée en vigueur ne sont pas encore fixées non plus. Quiconque affirme aujourd'hui que la Suisse a interdit les médias sociaux aux moins de 16 ans ou a adopté une obligation concrète de contrôle d'identité va trop loin. Ce qui est exact: le Conseil fédéral a fixé une orientation et donné mandat d'élaborer le message.

Pour les parents et les jeunes, la réalité immédiate reste donc pour l'instant la même: les règles des plateformes, les voies de signalement et les paramètres de protection des données des fournisseurs concernés continuent de s'appliquer. Le débat politique porte désormais sur les prescriptions de protection supplémentaires que le Conseil fédéral soumettra effectivement au Parlement à l'été 2027.

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