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Science19:00 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 3 min0 commentaires

Sommet GESDA : l'anticipation devient un outil de la diplomatie

Le sixième sommet GESDA à Genève montre ce que la prospective scientifique peut apporter : elle crée des options pour la politique, sans se substituer à ses décisions.

La prospective n'est pas un oracle

Le sixième sommet du Geneva Science and Diplomacy Anticipator, GESDA en abrégé, s'est achevé le 15 octobre à Genève. Selon le DFAE, plus d'un millier de représentantes et de représentants des milieux scientifiques, de la diplomatie, de la politique, de l'économie privée et de la philanthropie y ont participé durant deux jours. Au centre des débats, une idée exigeante : les mutations scientifiques et technologiques ne devraient pas être négociées politiquement seulement lorsqu'elles ont déjà transformé le quotidien.

Cela paraît évident, mais reste inhabituel dans la pratique. La régulation réagit souvent à des dommages concrets, les marchés à une demande existante et la diplomatie à des conflits aigus. GESDA veut élargir l'horizon temporel. Le Science Breakthrough Radar 2027 identifie des évolutions à des échéances de cinq, dix et vingt-cinq ans. Il ne doit pas livrer de pronostic sur des événements isolés, mais rendre visibles les thèmes sur lesquels la recherche, la société et la politique doivent poser des questions à temps.

Du radar à la décision

L'écart entre la connaissance et l'action reste la partie difficile. Le sommet a donc aussi présenté l'instrument numérique Compass. Il doit relier les chances et les risques des nouvelles technologies à des options d'action possibles pour la politique, la régulation et la gouvernance. Qu'un tel outil améliore les décisions ne dépend pas de son interface. L'essentiel est de savoir qui vérifie les hypothèses, quels intérêts sont impliqués et si l'analyse débouche réellement sur des étapes vérifiables.

Pour la diplomatie scientifique, c'est précisément là que réside l'approche intéressante. Elle ne transpose pas directement la recherche en textes de loi, mais crée des espaces de dialogue entre disciplines et entre États. Pour l'intelligence artificielle, les neurotechnologies et l'espace, cela compte, car les règles ont souvent un effet transfrontalier alors que l'innovation se concentre dans quelques centres. Un vocabulaire commun ne peut pas empêcher les conflits, mais il peut éviter que les États ne réagissent qu'une fois les normes déjà consolidées.

Genève, un atout de site

Genève dispose, avec ses organisations internationales, ses hautes écoles et ses organisations non gouvernementales, d'une infrastructure particulière pour de telles discussions. Le site à lui seul ne fait toutefois pas le résultat. Pour que la diplomatie scientifique reste crédible, elle doit intégrer des perspectives différentes : des chercheurs de diverses régions du monde, des États dotés de ressources inégales, l'économie et la société civile. Sinon, l'anticipation devient la conversation de quelques-uns sur l'avenir de beaucoup.

Le DFAE souligne que le nouveau radar porte sur des horizons allant jusqu'à 25 ans. Il en découle une obligation méthodologique de modestie. Plus le regard porte loin, plus l'incertitude grandit. Une bonne prospective n'apporte donc pas de certitude, mais des évolutions alternatives, des hypothèses reconnaissables et des options. Qui la vend comme une promesse technologique manque son but.

Le débat public en fait partie

GESDA et l'EPFL ont en outre présenté un portail public destiné à explorer de manière interactive les évolutions scientifiques et technologiques possibles. Une journée de visite au Palais fédéral, le 24 octobre, doit ouvrir ce débat au-delà de Genève. C'est important, car les conséquences sociales des nouvelles technologies ne sont pas de simples questions d'experts. Elles touchent les soins de santé, le monde du travail, la sécurité et la répartition des chances et des risques.

Pour la Suisse, l'anticipation fait ainsi partie de son rôle d'hôte de la coopération internationale. La valeur ajoutée ne naît pas d'un ton particulièrement futuriste, mais de meilleures décisions ici et maintenant. Le sommet GESDA fournit des instruments et des contacts. Reste à voir si des règles solides en sortiront : cela se mesurera aux travaux de suivi concrets.

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