Cahier des charges : règles précisées pour les distilleries paysannes
L'OFDF explique les besoins propres exonérés d'impôt et regroupe les exigences pour les distilleries domestiques. Cela concerne la production de spiritueux, pas l'agriculture dans son ensemble.
L'Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF) a publié le 1er novembre 2026 un cahier des charges remanié destiné aux agricultrices et aux agriculteurs. Derrière ce titre général se cachent des règles pour la production agricole de spiritueux. Il ne s'agit pas d'un nouveau recueil de toutes les obligations d'exploitation imposées aux exploitations agricoles suisses.
La version 1.1 remplace le cahier des charges de juin 2020 et s'applique depuis le 1er novembre 2026. Selon le tableau des modifications, le document a été remanié sur le plan rédactionnel et restructuré. Un chapitre propre regroupe les exigences applicables aux distilleries domestiques. La notion de propriété de distillerie et le calcul des besoins propres exonérés d'impôt sont également précisés. Le tableau qualifie ces points d'explications et de réorganisation ; on ne peut en déduire un durcissement général du droit sur l'alcool.
Le statut dépend de l'exploitation et des matières premières
Pour la reconnaissance au sens du droit sur l'alcool, l'OFDF mentionne une surface utile admissible d'au moins un hectare. Pour les cultures spéciales, 50 ares suffisent, pour la vigne en coteaux escarpés et en terrasses, 30 ares. Dans ce cadre, seuls peuvent être transformés des produits issus de sa propre culture sur des terres exploitées par l'intéressé ou des plantes sauvages indigènes récoltées par lui-même.
La production peut avoir lieu dans une distillerie domestique propre ou par une distillerie à façon. Selon les explications de l'OFDF, une concession agricole de distillerie est liée à une installation existante et à la propriété de la distillerie. En cas de changement de propriétaire, la nouvelle personne exploitante doit remplir les conditions. L'achat d'une exploitation ne signifie donc pas que n'importe quelle nouvelle installation pourrait être exploitée sans autre forme de procès.
Celui qui distille lui-même à la ferme doit demander l'autorisation via alco-dec avant la distillation et attendre qu'elle soit délivrée. La production ne peut avoir lieu que dans la période autorisée. La nouvelle version regroupe ces exigences dans le chapitre consacré à la distillerie domestique. Pendant la distillation, les responsables doivent pouvoir renseigner l'OFDF sur les matières premières déjà transformées et les quantités de spiritueux obtenues.
Le calcul se fait en alcool pur
Le besoin propre exonéré d'impôt se compose de plusieurs caractéristiques de l'exploitation. Un exemple de calcul fondé sur le nouveau tableau : huit hectares de surface agricole utile ordinaire donnent dix litres d'alcool pur. Deux personnes occupées en permanence dans l'exploitation apportent ensemble cinq litres ; 50 arbres à hautes tiges cinq litres de plus. Au total, cela fait 20 litres d'alcool pur, soit, arithmétiquement, 50 litres d'un spiritueux à 40 pour cent en volume. L'exemple suppose que les autres conditions sont remplies.
Cette unité est aussi déterminante pour l'impôt. Selon l'OFDF, le taux régulier est de 29 francs par litre d'alcool pur. Un litre d'eau-de-vie de fruits à 40 pour cent en volume représente donc 11,60 francs d'impôt sur les spiritueux. Le prix de vente de la bouteille ne sert pas de base de calcul pour cet impôt sur les quantités. Toute quantité produite ou stockée n'est pas pour autant exonérée : l'exonération porte sur les besoins propres nécessaires du ménage et de l'exploitation.

Les stocks restent soumis à déclaration même sans nouvelle production
Selon les informations de l'OFDF, les remises et les stocks finaux sont saisis chaque année par voie électronique dans alco-dec. Celui qui stocke encore des spiritueux sans rien distiller sur le moment doit lui aussi respecter la déclaration. À partir d'une production annuelle supérieure à 200 litres d'alcool pur, le contrôle commercial avec une comptabilité des spiritueux s'y ajoute.
Un arrêt du Tribunal fédéral du 9 juillet 2026 montre combien des indications manquantes peuvent coûter cher. Un mandant de distillerie domestique jusqu'ici reconnu avait loué son exploitation. Il n'a pas déposé la déclaration annuelle pour 2023/2024 malgré les rappels. Il invoquait avoir annoncé le changement d'exploitation au canton.
Le tribunal n'a pas retenu cette justification. La communication au canton ne remplaçait pas son annonce à l'OFDF. Il a confirmé une perception complémentaire de 3 786,25 francs d'impôt sur les spiritueux, plus un émolument de traitement. L'autorité s'était fondée sur le dernier stock connu et n'avait pas tenu compte d'un besoin propre exonéré. L'arrêt portait sur les obligations de l'époque, et non sur la version publiée seulement aujourd'hui.
Selon l'OFDF, celui qui veut renoncer au statut agricole peut demander le reclassement en petite production. Dans ce régime, une réduction d'impôt de 30 pour cent s'applique, aux conditions mentionnées, aux 30 premiers litres d'alcool pur produits par année. Elle vaut pour des produits indigènes de sa propre culture ou des plantes sauvages indigènes récoltées par soi-même. La fabrication passe alors par une distillerie à façon.
Sources
- OFDF : communication sur le nouveau cahier des charges, 1er novembre 2026
- OFDF : cahier des charges pour les agricultrices et agriculteurs, version 1.1
- OFDF : production agricole de spiritueux
- OFDF : taux d'imposition des spiritueux et des produits alcoolisés
- Tribunal fédéral : arrêt 9C_507/2025 du 9 juillet 2026
- OFDF : petite production et réduction d'impôt
- Image de titre : Hochstamm Baum Baarapfel, Joris Egger
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