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Immobilier06:00 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 5 min0 commentaires

La statistique suisse du chauffage a elle-même un problème de chaleur

Le registre des bâtiments révèle de grandes différences cantonales. Mais près de la moitié des données sur le chauffage ont plus de huit ans – un risque pour la planification et la politique climatique.

Schweizer Wohnquartier mit Alt- und Neubauten, Wärmepumpe und Heizungsservice im Winter.
JournalPlus / KI-generiertes Symbolbild

La statistique suisse du chauffage est censée montrer à quelle vitesse le pays remplace ses chaudières à mazout et à gaz. Or, précisément sur cette question climatique centrale, la base de données est étonnamment ancienne. Dans le monitoring énergétique du Registre fédéral des bâtiments et des logements, 51 pour cent des bâtiments recensés sont classés dans la catégorie gaz et mazout. En parallèle, 49,7 pour cent des indications relatives au chauffage n'ont pas été actualisées depuis plus de huit ans.

Ce second chiffre modifie l'interprétation du premier. Il ne signifie pas que la moitié des entrées sont fausses. Une vieille chaudière à mazout peut très bien être encore en service. Il signifie toutefois que, pour une part considérable du parc, la Confédération ne dispose d'aucune annonce récente lui permettant de savoir si une pompe à chaleur, un réseau de chaleur à distance ou un autre système a été installé entre-temps.

Un registre, pas un compteur en temps réel

Le monitoring s'appuie sur le Registre fédéral des bâtiments et des logements. Les communes et les cantons y versent des informations issues du recensement, des permis de construire, des contrôles sur place et d'autres sources. Pour l'état des données de mars 2026, l'OFS indique que 34,2 pour cent des indications sur le chauffage ont moins de quatre ans, 16,1 pour cent entre quatre et huit ans, et 49,7 pour cent plus de huit ans.

Le registre est donc précieux, mais il ne constitue pas un compteur en temps réel couvrant tout le territoire du remplacement des chauffages. Les bâtiments neufs sont en général bien documentés, car ils passent par une procédure d'autorisation. Le remplacement dans une maison existante n'entre, lui, dans la base de données plus ou moins rapidement selon les processus cantonaux et communaux.

Vergleichende Darstellung von Wärmepumpe, Heizkörper, Pelletheizung, Gasgerät und Öltank.
Die wichtigsten Heiztechnologien im Gebäudebestand unterscheiden sich bei Energiequelle, Infrastruktur und Emissionen; Symbolbild. KI-generiertes Symbolbild. · JournalPlus / KI-generiertes Symbolbild

Les comparaisons entre cantons exigent un avertissement

Le tableau de bord de l'OFS présente les données jusqu'au niveau des cantons et des communes. Cette finesse est politiquement attrayante: elle rend visibles les endroits où les systèmes fossiles sont fréquemment enregistrés et ceux où les alternatives semblent plus répandues. Mais un classement peut mélanger deux effets: le parc de chauffages réel et la qualité de la mise à jour.

Un canton comptant de nombreuses entrées récemment vérifiées peut progresser plus vite sur le papier qu'un canton dont le registre recense encore de vieilles installations. Inversement, une entrée ancienne n'est pas automatiquement fossile: ce qui compte, c'est ce qui a été annoncé en dernier. Seule une comparaison qui mentionne, à côté de l'agent énergétique, l'actualité et la source de l'information, est donc sérieuse.

Cette limite n'est pas nouvelle. L'OFS avait déjà signalé, dans des statistiques antérieures sur les bâtiments et les logements, que les modifications des systèmes de chauffage n'étaient pas saisies systématiquement et qu'une représentation fidèle à la réalité n'était pas garantie à certains moments. Le monitoring actuel rend désormais ce défaut mesurable.

Pourquoi la lacune de données peut coûter cher

Pour les propriétaires, l'inscription au registre relève d'abord de la paperasse administrative. Pour les collectivités publiques, elle sert de base de planification. Les communes doivent estimer où renforcer les réseaux électriques pour les pompes à chaleur, où développer les réseaux de chaleur à distance ou où cibler les programmes d'encouragement. Si le parc et le rythme de renouvellement restent flous, des investissements erronés menacent: des réseaux surdimensionnés au mauvais endroit ou une capacité insuffisante là où de nombreux chauffages sont remplacés en même temps.

Le bilan climatique en dépend aussi. Les bâtiments génèrent des émissions directes de CO₂ avant tout par le mazout et le gaz. Lorsque les installations de remplacement apparaissent tardivement dans le registre, la transformation semble plus lente qu'elle ne l'est. Si des systèmes fossiles hors d'usage restent inscrits à tort comme actifs, les progrès cantonaux sont sous-estimés. À l'inverse, si des installations mises à l'arrêt ou complémentaires manquent, le bilan peut être trop optimiste.

La solution est organisationnelle, pas statistique

Une meilleure statistique n'exige pas une nouvelle enquête auprès de tous les ménages. Il serait plus évident de réunir de manière plus contraignante et automatisée les annonces issues des autorisations, des programmes d'encouragement, des contrôles des installations de combustion et des certificats énergétiques des bâtiments – avec des compétences claires et des règles de protection des données. Il serait particulièrement utile d'afficher, pour chaque chiffre cantonal publié, l'actualité des entrées sous-jacentes sur un pied d'égalité.

Le chiffre de 51 pour cent montre l'ampleur de la situation de départ fossile. Celui de 49,7 pour cent montre avec quelle prudence il faut mesurer les progrès. Pour une transition thermique de plusieurs milliards, fixer des objectifs ne suffit pas. La Suisse doit aussi savoir rapidement quel chauffage fonctionne réellement dans quel bâtiment.

51 pour cent ne sont pas 51 pour cent des ménages

Le tableau de bord compte les bâtiments dont le système de chauffage est recensé. Une villa individuelle et un grand immeuble locatif comptent chacun pour un bâtiment. La part de 51 pour cent ne permet donc pas d'en déduire directement ni la part des ménages concernés, ni la consommation d'énergie, ni les émissions de CO₂. Pour la politique climatique, les données des bâtiments doivent être reliées aux surfaces habitables, à la consommation et aux facteurs d'émission. Le registre répond à la question « avec quoi chauffe-t-on », et pas à elle seule à celle de savoir « combien est émis ».

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