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Öltanker in der Strasse von Hormuz zwischen Iran und Oman, Luftaufnahme der Meerenge
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11:45 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 3 min0 commentaires

Détroit d'Ormuz : pourquoi les pipelines ne suffisent pas – et ce que cela signifie pour la Suisse

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis peuvent détourner leur pétrole. Mais leurs itinéraires de contournement sont loin de couvrir les volumes qui passent par le détroit.

Quand on parle du détroit d'Ormuz, il n'est pas question d'une simple route maritime que l'on pourrait contourner sans difficulté en cas de besoin. Le détroit relie le golfe Persique au golfe d'Oman et constitue un nœud central pour le pétrole et le gaz liquéfié. Les pipelines en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis peuvent certes acheminer une partie du brut vers d'autres ports. Ils ne constituent toutefois pas une solution de remplacement complète.

L'ordre de grandeur apparaît dans la comparaison : en 2025, selon l'Agence internationale de l'énergie, près de 20 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers ont été transportés chaque jour en moyenne via Ormuz. Cela correspondait à environ un quart du commerce maritime mondial de pétrole. Pour les itinéraires alternatifs passant par l'Arabie saoudite vers la mer Rouge et par les Émirats arabes unis vers le port de Fujairah, l'AIE estime la capacité disponible à 3,5 à 5,5 millions de barils de brut par jour. Même en retenant la valeur haute, la majeure partie des volumes précédents reste donc sans possibilité de déviation équivalente.

Cet écart n'est pas qu'un exercice de calcul. Les ports situés sur les routes de contournement doivent traiter les volumes supplémentaires, la flotte de pétroliers doit être réorganisée et les chaînes d'approvisionnement doivent tenir le choc. L'AIE souligne explicitement que la logistique nécessaire à une déviation à grande échelle n'a pas été testée de manière robuste. S'y ajoute un constat : selon l'AIE, la route iranienne de Jask ne constitue actuellement pas une alternative d'exportation viable.

Neutrale Luftansicht der Strasse von Hormus mit Handelsschiffen und schematisch angedeuteten Pipeline-Routen.
Ausweichpipelines helfen nur teilweise: Der grösste Teil der Energieexporte bleibt auf sichere Seewege angewiesen. · KI-generiertes Symbolbild · JournalPlus

La situation est encore plus délicate pour le gaz. La quasi-totalité des exportations de GNL du Qatar et des Émirats arabes unis passe par Ormuz. Elles ont représenté en 2025 près d'un cinquième du commerce mondial de gaz liquéfié. Un pipeline de brut ne peut pas remplacer ces volumes. Pour les produits raffinés comme l'essence, le diesel ou le kérosène, les pétroliers et des infrastructures spécialisées restent indispensables. Un engouement à Ormuz peut donc peser, à l'échelle mondiale, sur les prix de l'énergie, les coûts de transport et les chaînes d'approvisionnement, même si une grande partie des flux directs de pétrole se dirige vers l'Asie.

Qu'est-ce que cela signifie pour la Suisse ? L'Approvisionnement économique du pays a annoncé le 30 septembre que le trafic maritime passant par le détroit d'Ormuz demeurait limité. Pour octobre, la disponibilité des produits pétroliers serait certes assurée. La Confédération a toutefois jugé la situation de l'essence et du diesel tendue, respectivement très tendue ; pour le kérosène, elle pourrait se durcir à partir de la mi-octobre. Ces indications sont un instantané, pas une prévision pour les mois à venir.

Pour les ménages, la différence essentielle est la suivante : un approvisionnement assuré ne signifie pas forcément des prix stables. Les stocks obligatoires sont censés, en cas de perturbation grave, mettre des volumes physiques sur le marché. Mais ils sont en principe écoulés par les circuits commerciaux habituels et aux prix du marché du moment. Les personnes qui utilisent une voiture, commandent du mazout de chauffage ou prévoient un voyage en avion peuvent donc ressentir des fluctuations de prix sans qu'une pénurie apparaisse immédiatement à la pompe.

La panique n'est pourtant pas de mise. La Confédération constitue des réserves, les importations ne s'interrompent pas automatiquement et totalement en cas de crise et, d'expérience, la consommation baisse elle aussi lorsque les volumes se raréfient. Mais objectivement : les pipelines sont un tampon, pas une bouée de sauvetage pour toutes les défaillances. Pour la Suisse, l'important n'est donc pas seulement qu'un oléoduc existe quelque part, mais que les voies de transport, les ports et les marchés de l'énergie fonctionnent à nouveau de manière fiable dans leur ensemble.

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