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Leere Sitzreihe vor dem Empfang und einem Behandlungskorridor einer fiktiven Spitalnotaufnahme.
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Santé06:00 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 5 min0 commentaires

Taxe d’urgence : le supplément toucherait aussi les vraies urgences

Depuis 2017, le Parlement se bat pour 50 francs. Le projet montre combien il est difficile d’orienter les patients sans entraver les soins nécessaires.

Les 50 francs doivent dissuader les personnes présentant des troubles légers de se rendre aux urgences hospitalières. Mais le projet que le Parlement débat ne distingue plus entre des troubles bénins et des troubles dangereux. Ce qui serait déterminant, c’est l’orientation écrite, les exceptions prévues par la loi et la franchise déjà épuisée. C’est précisément ce glissement qui explique pourquoi une taxe apparemment simple ne trouve toujours pas de majorité dans les deux chambres après près de neuf ans.

Le 15 septembre, le Conseil des États a refusé d’entrer en matière par 33 voix contre 11 et une abstention. L’objet retourne au Conseil national. Celui-ci avait adopté le projet le 18 mars 2026 par 96 voix contre 91 et trois abstentions. La taxe d’urgence supplémentaire reste donc une proposition politique, et non une obligation de payer en vigueur.

D’abord une idée, puis des obstacles toujours nouveaux

L’impulsion est venue du conseiller national vert’libéral Thomas Weibel, le 27 septembre 2017. Il voulait une taxe perçue directement sur place, de 50 francs par exemple, indépendamment de la franchise et de la participation aux coûts. Après son départ, son collègue de parti Martin Bäumle a repris l’initiative.

La chronologie officielle ne montre pas neuf années d’inaction pure, mais des majorités changeantes. Le Conseil national a donné son feu vert en 2019. Le Conseil des États a suivi en 2021, sur proposition de Jakob Stark (UDC/TG), contrairement à sa commission de la santé. Après des auditions, la commission du Conseil national voulait clore le projet en 2022 ; le Conseil a refusé de le radier.

En 2023, la variante d’une taxe nationale a échoué dans les travaux de commission en raison de difficultés constitutionnelles et pratiques. Seule est restée la voie de l’assurance-maladie. En 2025, la commission a adopté son projet par 13 voix contre 12. Le débat a donc porté de plus en plus sur la manière de transformer une exigence politique en une règle applicable.

Stethoskop, Telefon und geschlossene Mappe auf einem Schreibtisch in einem fiktiven medizinischen Sprechzimmer.
Eine schriftliche Überweisung würde nach der Vorlage vom Zuschlag befreien. Dafür müssten geeignete Anlaufstellen erreichbar sein. KI-generiertes Symbolbild, keine reale Einrichtung. · JournalPlus / KI-generiertes Symbolbild

L’orientation remplace le diagnostic

Selon le projet, les cantons pourraient introduire, pour les assurés de l’assurance obligatoire des soins, un supplément de 50 francs au maximum par consultation d’urgence sur la quote-part. Seraient notamment exemptés les mineurs, les femmes enceintes et les femmes jusqu’à huit semaines après l’accouchement, les personnes amenées par une entreprise de transport ou de sauvetage, ainsi que les personnes munies d’une orientation écrite d’un cabinet médical, d’une pharmacie, d’un centre de télémédecine ou d’un numéro d’urgence cantonal.

Ce modèle ne prévoit pas d’exception générale fondée uniquement sur l’urgence médicale. Une véritable urgence ne serait donc pas automatiquement exemptée du supplément. C’est là la différence décisive entre le slogan politique de « taxe bagatelle » et l’instrument prévu.

Le rapport de la commission en explique la raison : le « cas bagatelle » n’est défini ni par la loi ni dans la pratique médicale. Une délimitation au cas par cas créerait des appréciations supplémentaires et de l’incertitude. Y renoncer simplifie la règle sur le papier, mais la rend moins ciblée.

Pourquoi la franchise limite l’incitation

S’y ajoute une deuxième restriction : le supplément ne s’appliquerait qu’une fois la franchise annuelle atteinte. Avant cela, les assurés paient de toute façon eux-mêmes leurs frais de traitement. Ensuite, le supplément serait dû indépendamment du montant de quote-part déjà versé.

La charge supplémentaire dépend donc aussi des dépenses de santé déjà engagées. Les personnes dont les frais de traitement sont élevés pourraient être davantage concernées que quelqu’un qui recourt rarement à l’aide médicale. Au Conseil des États, la ministre de la Santé Elisabeth Baume-Schneider a explicitement mis en garde contre une charge pesant sur les malades graves et chroniques.

La liberté de choix des cantons aurait elle aussi des conséquences au-delà des frontières cantonales. Le canton de domicile de la personne assurée serait déterminant, a expliqué la conseillère fédérale : qui vit dans un canton appliquant le supplément devrait en principe le payer aussi lors d’une consultation d’urgence en dehors de ce canton. Les assureurs devraient donc faire la distinction.

Moins de visites ne prouvent pas encore de meilleurs soins

La forte sollicitation des services d’urgence est documentée. Le bulletin Obsan 10/2024 recense environ 2,25 millions d’admissions ambulatoires pour 2022. Ce taux dépassait de douze pour cent celui de 2019. Ces chiffres mesurent l’utilisation, non la part des traitements inutiles.

Lors du dernier débat, Jakob Stark a plaidé pour que les cantons puissent tester ce signal-prix. Il attend davantage de responsabilité individuelle et un allègement du personnel. Damian Müller (PLR/LU) a au contraire rappelé l’absence d’alternatives la nuit, le week-end et dans les régions périphériques. Flavia Wasserfallen (PS/BE) a douté des preuves d’un allègement apporté par ce modèle.

L’association d’assureurs prio.swiss rejette elle aussi le projet : l’examen des exceptions et de la participation aux coûts, ainsi que les corrections de factures ultérieures, seraient lourds à gérer. Ce sont des objections motivées et des attentes quant aux effets, non des conséquences déjà mesurées d’une taxe suisse en vigueur.

Le Conseil national doit maintenant décider s’il maintient le projet. La question plus large reste ouverte : une incitation financière peut-elle alléger les services d’urgence quand l’alternative accessible fait défaut ? La qualité d’une solution devra se mesurer à sa capacité de réduire les visites inutiles sans retarder l’aide nécessaire.

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