
Une personne sur sept à son compte – y compris des salariés
Le chiffre de l'OFS pour 2025 inclut aussi les propriétaires de SA ou de Sàrl. Pour l'AVS et la prévoyance, d'autres délimitations s'appliquent – avec des conséquences concrètes pour la couverture d'assurance.
En 2025, 681'000 personnes exerçaient en Suisse une activité indépendante à titre principal. Cela correspond à 13,9 pour cent des personnes actives occupées, comme l'a annoncé l'Office fédéral de la statistique le 20 octobre 2026. Ce chiffre regroupe toutefois deux catégories juridiquement différentes : les personnes qui travaillent à leur propre compte et les salariés de leur propre SA ou Sàrl. Qui déduit de ce taux une conclusion sur la couverture d'assurance peut donc aboutir à un résultat erroné.
La nouvelle analyse décrit une forme d'activité du point de vue statistique. Pour les assurances sociales, il est en outre déterminant de savoir sous quelle forme juridique et effective une personne travaille. Cette délimitation touche les cotisations, la prévoyance et la couverture – et va donc bien au-delà d'une question de dénomination sur une carte de visite.
Salarié de sa propre entreprise
Selon la délimitation de l'OFS, 6,8 pour cent de toutes les personnes actives occupées travaillaient à leur propre compte. 7,2 pour cent supplémentaires étaient des salariés dans leur propre entreprise. Le fait que les parts arrondies additionnées donnent 14,0 au lieu de 13,9 pour cent n'est pas une contradiction : chaque part est arrondie séparément.
Le portail PME de la Confédération explique explicitement cette différence pour les assurances sociales. Quiconque fonde une SA ou une Sàrl et travaille pour elle est en principe considéré comme salarié. La personne peut être entrepreneuse et avoir simultanément un statut de salariée. Pour une entreprise individuelle, l'activité est en revanche évaluée selon les critères de l'activité indépendante.
La statistique n'affirme donc pas que toutes les personnes recensées sont soumises aux mêmes règles de cotisation. Elle regroupe différentes formes de travail entrepreneurial. Cela a du sens pour décrire le marché du travail, mais exige de la prudence dès que l'on déduit des obligations individuelles de ce constat.
La caisse de compensation juge l'activité
L'appartenance au statut d'indépendant au sens de l'AVS est décidée au cas par cas par la caisse de compensation compétente. L'Office fédéral des assurances sociales cite comme critères centraux l'activité en son propre nom et pour son propre compte, ainsi que la prise d'un risque économique propre.
Le guide du portail PME renvoie en outre à l'indépendance dans l'organisation et la manière de travailler. Une dénomination choisie librement ne décide donc pas à elle seule de la classification. Quiconque entame une activité doit clarifier les conditions réelles et demander la reconnaissance auprès de la caisse de compensation.
Cela vaut aussi en cas de rôles professionnels multiples. Selon les informations de la Confédération, une même personne peut être considérée comme salariée pour une activité et comme indépendante pour une autre. Un projet annexe ne transforme donc pas automatiquement le rapport de travail existant en activité indépendante. Inversement, un salaire issu d'un poste à temps partiel ne remplace pas l'examen d'une activité propre.
La prévoyance ne suit pas automatiquement la liberté
Le portail PME constate que les indépendants sont en grande partie responsables eux-mêmes de leur prévoyance. Pour les salariés d'une société de capitaux qui leur appartient, la plupart des assurances sociales sont en revanche obligatoires. Les règles applicables dans un cas concret ne peuvent donc pas être déduites du taux général d'indépendants.
Pour la planification d'une entreprise, deux questions distinctes sont utiles : comment l'activité est-elle classée au regard du droit des assurances sociales ? Et quels risques sont ensuite réellement couverts ? L'OFAS met à disposition des entreprises des aperçus des assurances obligatoires et facultatives. Une attribution statistique ne remplace ni cet examen ni un contrat d'assurance.
Plus de travail n'est pas la preuve d'un revenu plus élevé
L'analyse de l'OFS indique, pour les indépendants occupés à plein temps, une durée hebdomadaire habituelle de 46,8 heures. Pour les salariés, elle mentionne 41,5 heures contractuelles. Les grandeurs comparées ne sont donc pas totalement identiques : durée habituelle et durée contractuelle répondent à des questions différentes. Ces données montrent une charge en temps, mais ne mesurent ni la productivité ni le revenu disponible.
Les valeurs moyennes disent elles aussi peu de choses d'une entreprise individuelle. Un spécialiste du conseil, une exploitation agricole et une propriétaire de Sàrl ont des processus de travail et des risques différents. Le chiffre « une personne sur sept » ne permet donc de déduire ni un boom des créations d'entreprise ni une amélioration financière générale.
La nouvelle statistique rend visible la diffusion du travail entrepreneurial. Pour les personnes concernées, le calcul concret commence toutefois par leur propre forme juridique, la reconnaissance de leur activité et la couverture de leur revenu. C'est précisément la différence entre indépendance statistique et statut au regard du droit des assurances sociales qui mérite davantage d'attention.
Sources
- OFS : activité indépendante 2025, communiqué du 20 octobre 2026
- OFAS : exécution de l'AVS et appréciation de l'activité indépendante
- Portail PME : assurances sociales selon la forme juridique
- Portail PME : guide de l'activité indépendante
- Portail PME : activité indépendante en parallèle à un poste à temps partiel
- OFAS : assurances sociales pour les PME et les entreprises


