
Aide sociale 2025 : les mineurs affichent le taux le plus élevé
4,8 pour cent des moins de 18 ans ont été soutenus. Le nouveau graphique de l'OFS montre des différences entre groupes de population, mais n'explique ni les situations de détresse individuelles ni l'effet des mesures politiques.
Les enfants et les jeunes présentent en 2025 le taux d'aide sociale le plus élevé parmi les groupes d'âge comparés par l'Office fédéral de la statistique (OFS) : 4,8 pour cent des moins de 18 ans ont bénéficié de l'aide sociale économique. C'est ce que montre le graphique des risques publié le 27 octobre 2026. La valeur de référence pour l'ensemble de la Suisse est de 2,9 pour cent.
Le chiffre rend visible une charge particulière. Il n'explique toutefois pas pourquoi une famille déterminée a besoin d'un soutien, et il ne mesure pas le succès d'une réforme isolée. Cela importe justement maintenant : la Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS) a décidé une aide supplémentaire pour les enfants, dont la mise en œuvre relève toutefois du niveau cantonal.
La base de calcul décide de ce que dit le chiffre
Un taux de 4,8 pour cent ne signifie pas que seuls 4,8 pour cent de tous les bénéficiaires de l'aide sociale seraient mineurs. Le taux met les mineurs soutenus en rapport avec la population de référence correspondante. La part des enfants parmi l'ensemble des bénéficiaires serait un autre indicateur, avec un autre dénominateur.
Pour les 18 à 25 ans, l'OFS indique 3,8 pour cent. Pour les groupes de 26 à 35 ans et de 36 à 45 ans, la valeur est de 3,4 pour cent dans chaque cas, et de 2,7 pour cent pour les 56 à 64 ans. Le graphique par âge publié s'arrête à ce groupe. Il ne constitue donc pas une représentation complète de toutes les classes d'âge jusqu'au grand âge de la retraite.
Le terme « risque » désigne ici une différence observée entre groupes. Il ne s'agit pas d'une prédiction individuelle. L'âge d'un enfant, à lui seul, ne permet de déduire ni sa situation financière future ni un recours inévitable à l'aide sociale par la suite.
État civil et ménage ne sont pas la même chose
Le graphique présente quatre caractéristiques séparément : âge, nationalité, état civil et taille de la commune. Il ne contient pas de ventilation propre selon les familles monoparentales ou les couples avec enfants. Ces types de ménages ne doivent donc pas être assimilés aux catégories d'état civil.
Parmi les adultes, les personnes divorcées affichent un taux de 4,2 pour cent, les personnes mariées de 1,4 pour cent. Il n'en découle pas qu'un divorce soit à lui seul la cause de cet écart. Pour les familles, la Conférence suisse des institutions d'action sociale (CSIAS, SKOS) évoque la combinaison de dépenses plus élevées et d'un travail de garde supplémentaire. Après une séparation, l'argent disponible doit parfois suffire à deux ménages. Il s'agit d'une mise en perspective professionnelle, pas d'une estimation d'effet isolée tirée de ce graphique.
Les taux indiqués selon la nationalité sont eux aussi des comparaisons non corrigées. Un taux de 5,4 pour cent chez les ressortissants étrangers et de 1,9 pour cent chez les Suisses ne disent rien, à eux seuls, de l'importance de l'âge, de la qualification ou de la composition du ménage.

Un supplément pour enfants est décidé, mais ne s'applique pas encore partout automatiquement
La Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS) a adopté le 29 mai 2026 une adaptation des directives de la CSIAS. Celle-ci prévoit en particulier un supplément de 50 francs par enfant et par mois au besoin de base pour l'entretien. La CDAS entend ainsi améliorer les chances de développement et la participation sociale des enfants soutenus.
Selon le communiqué de la CSIAS publié à ce sujet, la CDAS recommande aux cantons de mettre les modifications en vigueur au plus tard au 1er janvier 2028. Il n'en résulte aucune preuve que le supplément soit déjà versé partout en octobre 2026. Pour un ménage concret, ce sont les dispositions cantonales en vigueur et le calcul individuel qui font foi.
Cette distinction évite une deuxième erreur d'interprétation : les données de 2025 ne peuvent pas démontrer l'effet d'un supplément concrétisé seulement par la suite. Savoir si la mesure réduit les charges devrait être examiné après son introduction, à l'aide de données appropriées sur les revenus, les dépenses et la participation.
Lors de contrôles d'efficacité ultérieurs, il faudra en outre tenir compte de l'enquête modernisée. L'OFS qualifie les résultats de 2025 de partiellement pondérés et appelle à la prudence dans les comparaisons avec les années précédentes. Une simple modification de la barre ne constituerait donc pas encore un bilan d'effet convaincant.
Les groupes se recoupent, l'aide reste individuelle
Un enfant peut à la fois vivre dans une grande commune et avoir une nationalité étrangère. Les taux séparés ne doivent donc pas être additionnés. Pour des affirmations combinées, il faudrait des analyses prenant en compte plusieurs caractéristiques simultanément. Une longue liste de valeurs isolées élevées ne remplace pas cette analyse.
La CDAS décrit l'aide sociale comme un soutien dépendant des besoins, orienté sur le cas individuel. Pour la pratique, il en découle que le nouveau graphique aide à identifier les groupes qui recourent souvent à un soutien. Il ne remplace pas l'examen de la situation de détresse réelle. Le mandat suisse consiste à permettre une aide adaptée et des chances de formation – sans tirer d'une appartenance à un groupe un jugement sur des familles individuelles.
Sources
- OFS : taux d'aide sociale de différents groupes à risque 2025
- OFS : résultats et explications méthodologiques sur l'aide sociale 2025
- CDAS : décision sur le supplément pour enfants du 29 mai 2026
- CSIAS : révision des directives et recommandation sur la date de mise en œuvre
- CSIAS : charges familiales et risques de pauvreté
- CDAS : compétences et prestations individuelles liées aux besoins
- OFS : conditions d'utilisation OPEN-BY du graphique original
- Image de titre : Hadi / Wikimedia Commons
- Licence de l'image de titre : CC0 1.0
