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Gebäude des Bundesamts für Statistik in Neuchâtel, Aufnahme vom 13. Mai 2021
Bundesamt für Statistik in Neuchâtel, 13. Mai 2021. Archivfoto der herausgebenden Behörde: Hadi / Wikimedia Commons, CC0 1.0; unverändert.
Suisse19:30 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 5 min0 commentaires

Aide sociale et formation : ce que disent vraiment les 53,8 pour cent

Les personnes sans formation professionnelle sont nettement plus représentées parmi les bénéficiaires de l'aide sociale. Le nouveau graphique de l'OFS ne mesure toutefois pas de risques individuels et ne constitue pas une comparaison dans le temps.

Plus de la moitié des bénéficiaires de l'aide sociale pris en compte dans le nouveau graphique de l'OFS relèvent de la catégorie « sans formation professionnelle » : la part s'élève à 53,8 pour cent. Dans la population résidente permanente comparée, elle est de 13,6 pour cent. La représentation publiée le 27 octobre 2026 rend ainsi visible une nette différence dans la composition de deux groupes.

Elle répond toutefois à une autre question que celle du risque individuel de recourir à l'aide sociale. Il ne s'ensuit pas que 53,8 pour cent de toutes les personnes sans formation professionnelle perçoivent l'aide sociale. Pour une telle affirmation, l'ensemble de la population de cette catégorie de formation devrait constituer le dénominateur. Ici, le dénominateur est formé des bénéficiaires de l'aide sociale examinés.

Deux groupes, deux sources de données

Le graphique limite la comparaison aux personnes âgées de 25 à 64 ans. Les enfants, les jeunes et les personnes en âge de la retraite n'y figurent donc pas. Les parts indiquées ne peuvent pas être transposées à l'ensemble des personnes soutenues, tous âges confondus.

Les indications temporelles demandent elles aussi une lecture plus précise que ne le laisse supposer l'intitulé « 2025 ». Une barre repose sur la statistique de l'aide sociale 2025, l'autre sur l'enquête structurelle 2024. L'OFS met donc en regard deux distributions portant sur des années de référence différentes. Il ne suit pas les mêmes personnes sur plusieurs années et ne montre pas de progression annuelle de la formation.

Le degré secondaire II représente 37,2 pour cent des bénéficiaires de l'aide sociale et 39,0 pour cent de la population résidente comparée. Pour le degré tertiaire, les valeurs sont de 9,0 et 47,3 pour cent. En raison des arrondis, les trois parts de la population résidente totalisent 99,9 pour cent. Il n'en résulte aucune catégorie de formation supplémentaire non mentionnée.

Pas de diplôme ne signifie pas absence de compétences

La statistique recense la formation achevée la plus élevée, et non chaque compétence acquise dans la vie professionnelle ou en dehors d'un parcours de formation formel. Elle n'est donc pas un test d'aptitude. Elle ne permet pas non plus de juger de la motivation d'une personne ni du travail qu'elle est réellement capable d'accomplir.

La surreprésentation de la catégorie sans formation professionnelle reste néanmoins pertinente. Elle montre que la qualification formelle ne devrait pas être traitée comme une question marginale lors de la planification du soutien et des perspectives professionnelles. Elle ne prouve toutefois pas qu'un cours quelconque mette immédiatement fin, pour chaque personne concernée, au recours à l'aide sociale.

Le monitoring national de la pauvreté décrit formation et pauvreté comme un lien réciproque. L'absence de diplôme ou de compétences de base peut favoriser des difficultés financières. À l'inverse, des moyens limités peuvent restreindre les chances de formation. Les offres de formation constituent donc une mesure de prévention possible parmi d'autres, et non une explication de chaque situation d'urgence.

Comparaison OFS de la plus haute formation achevée des bénéficiaires de l
Plus haute formation achevée, âge 25–64 : statistique de l'aide sociale 2025 et enquête structurelle 2024. Résultats de l'aide sociale partiellement pondérés. Source et auteur : OFS, gr-d-13.05.01.02.09, © OFS 2026. Graphique original inchangé, utilisation OPEN-BY avec mention de la source.

Ce que les adultes peuvent rattraper ou faire reconnaître

Le système suisse d'orientation professionnelle cite quatre voies menant à un certificat fédéral de capacité ou à une attestation fédérale de formation professionnelle à l'âge adulte : un apprentissage ordinaire ou raccourci, l'admission directe à l'examen final ainsi que la validation des acquis de formation. La voie envisageable dépend du parcours professionnel et du métier visé.

La validation, précisément, rend concrète la distinction entre diplôme et savoir-faire. Selon la présentation du Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation, les adultes y documentent dans un dossier les compétences opérationnelles déjà acquises. Ils ne passent pas l'examen final ordinaire, mais doivent néanmoins attester les compétences exigées et les exigences de la culture générale.

Cette voie n'est pas ouverte dans tous les métiers. Elle suppose des réglementations correspondantes reconnues par le SEFRI ; les cantons organisent la procédure. Une expérience existante ne débouche donc pas automatiquement sur un diplôme. Un examen individuel de la situation reste nécessaire, tout comme la vérification d'éventuelles lacunes.

La prochaine question porte sur les conditions-cadres adéquates

Quiconque souhaite obtenir un diplôme ultérieurement a besoin de plus qu'un indice statistique. Il faut clarifier les conditions d'admission, l'organisation dans le temps, l'accompagnement et le financement. Le canton de Berne regroupe ces questions dans son offre de formation professionnelle pour adultes. Pour une planification personnelle, les services cantonaux d'orientation compétents constituent le point de départ concret.

La nouvelle statistique de l'aide sociale a en outre été modernisée sur le plan méthodologique. L'OFS signale des résultats partiellement pondérés et les limites des comparaisons avec les années précédentes. Un apparent bond d'un groupe de formation ne saurait donc être lu sans autre comme un bilan de réussite ou d'échec en politique de formation.

Pour la Suisse, il en résulte une tâche précise : prendre au sérieux l'absence de qualifications formelles, reconnaître les compétences existantes et ouvrir des voies de formation accessibles. Les 53,8 pour cent marquent un point de départ. Ils ne constituent ni une prévision individuelle d'avenir ni une justification pour réduire les personnes à leur dernier diplôme scolaire.

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