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Gebäude und Turm des Bundesamts für Statistik in Neuchâtel, Archivaufnahme 2021
Bundesamt für Statistik in Neuchâtel, 13. Mai 2021. Archivfoto: Hadi / Wikimedia Commons, CC0 1.0; unverändert.
Suisse19:29 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 5 min0 commentaires

Aide sociale 2025 : pourquoi la nouvelle carte n'est pas un classement

L'OFS recense 2,9 % de bénéficiaires de l'aide sociale. La carte communale montre des différences régionales, mais les changements de méthode et la diversité des structures démographiques limitent les comparaisons hâtives.

La Suisse dispose d'une nouvelle carte de l'aide sociale – et d'une base modernisée pour les chiffres qui la sous-tendent. L'Office fédéral de la statistique (OFS) a publié le 27 octobre 2026 les résultats pour 2025. Sur l'ensemble du pays, quelque 267 300 personnes ont perçu l'aide sociale économique, le taux annoncé s'élève à 2,9 %. La carte interactive indique le chiffre non arrondi de 267 263 personnes.

Qui en tire un classement des cantons performants et de ceux qui échouent y lit toutefois plus que ce que la représentation démontre. Ne serait-ce que le niveau spatial diffère : le jeu de données de départ présente les communes politiques. Pour la comparaison entre cantons, l'OFS publie un graphique distinct. Les deux perspectives sont utiles, mais pas interchangeables.

Un grand nombre n'équivaut pas automatiquement à un taux élevé

La carte communale combine deux informations. La taille des cercles représente le nombre de personnes soutenues. Leur couleur désigne le taux d'aide sociale, soit la part dans la population prise en compte pour le calcul. Un grand centre peut donc compter de nombreux bénéficiaires sans figurer en tête du taux.

Pour les communes comptant entre une et cinq personnes soutenues, l'OFS ne fournit pas d'indication correspondante, pour des raisons de protection des données. Un petit nombre non représenté ne saurait donc être lu comme un zéro. Une comparaison fondée uniquement sur la taille visible des cercles occulterait de surcroît la taille de la population.

La date des données est le 31 décembre 2025. La publication décrit le recours aux prestations pendant l'année sous revue, et non une nouvelle enquête sur la situation en octobre 2026. Précisément pour une carte partagée comme actuelle, cette limite temporelle devrait rester visible.

Pourquoi la hausse par rapport à l'année précédente appelle la prudence

Selon l'OFS, le nombre de personnes soutenues dépasse de 4,5 % la valeur de l'année précédente. Le taux évolue en même temps à un niveau comparable. Il n'en découle ni contradiction, ni preuve certaine d'une dégradation sociale de cette ampleur. L'OFS met explicitement en garde contre les comparaisons temporelles non corrigées.

Depuis l'achèvement du projet de modernisation, les données administratives mensuelles d'environ 1000 fournisseurs sont traitées de manière largement automatisée. Désormais, la Confédération détermine le recours aux prestations selon des règles uniformes, traite les doubles saisies de façon plus cohérente et calcule les taux selon une méthode remaniée. Cela améliore la comparabilité entre les lieux, mais modifie aussi la base statistique.

Comme la transition s'est faite par étapes, les données mensuelles antérieures n'étaient pas complètes en continu pour certains fournisseurs. Dans les analyses annuelles, ces effets d'introduction sont compensés par des pondérations statistiques. Les variations peuvent donc contenir aussi bien des évolutions réelles que des effets de saisie. La carte ne permet pas de répartir exactement ces deux composantes.

Graphique à barres de l
Taux d'aide sociale par canton et moyenne nationale, 2025 ; résultats partiellement pondérés, état des données au 31.12.2025. Source et auteur : OFS, statistique des bénéficiaires de l'aide sociale, gr-d-13.05.01.02.07, © OFS 2026. Graphique original inchangé ; utilisation OPEN-BY avec mention de la source. Jeu de données original dans le bloc des sources.

Des différences régionales qui demandent explication

Le schéma connu se maintient selon l'OFS : plusieurs cantons romands et Bâle-Ville présentent des taux plus élevés, les cantons à caractère rural du centre et de l'est de la Suisse souvent des taux plus bas. L'office évoque notamment la structure économique et démographique ainsi que les charges particulières des centres urbains. Il s'agit d'une mise en contexte, non d'une décomposition complète de toutes les différences.

Une moyenne cantonale peut en outre masquer de grandes différences à l'intérieur d'un canton. C'est précisément là que réside la valeur informative de la carte communale. Elle permet d'examiner de plus près les concentrations spatiales, sans en déduire déjà quelle mesure politique particulière les a provoquées.

La Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales décrit l'aide sociale comme le dernier filet de sécurité lorsque les moyens propres et les prestations en amont ne suffisent pas. La réglementation, l'organisation et le financement portent l'empreinte des cantons ; l'exécution incombe souvent aux communes. Le taux mesure les bénéficiaires, et non les coûts totaux de ce filet ou la qualité de ses conseils.

Pas plus qu'une valeur de taux ne montre l'ampleur de la lacune financière d'une personne soutenue. Une aide complémentaire à un revenu existant et une garantie de subsistance complète apparaissent toutes deux comme un recours à des prestations. Pour un débat budgétaire, le montant et la durée du soutien sont donc également pertinents.

Ce qu'il faudrait en plus pour un bilan politique

Pauvreté et recours à l'aide sociale ne coïncident pas non plus. Dans son rapport sur le développement durable, le canton d'Argovie constate que le non-recours peut avoir diverses raisons, notamment la honte, des lacunes d'information ainsi que des obstacles juridiques et administratifs. Le canton n'y présente pas d'estimation propre et actuelle du non-recours.

Un bilan sérieux devrait donc poser d'autres questions que celle de la barre la plus basse : les prestations atteignent-elles les ayants droit, combien de temps durent les situations de détresse et l'autonomie financière est-elle atteinte ? La nouvelle statistique améliore la base de ces questions. Elle n'y répond pas à elle seule. Pour les communes suisses, c'est une invitation à une analyse plus fine – non à une remise des prix hâtive.

Sources

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