
Altmann critique les nouveaux tarifs ambulatoires
Le directeur de l'Hôpital pour enfants de Suisse orientale voit le déficit de financement continuer à se creuser. Les bilans de Saint-Gall et de Bâle affichent des résultats différents – et une pression persistante.
Serge Altmann, CEO de l'Hôpital pour enfants de Suisse orientale, critique le financement des traitements ambulatoires pédiatriques, y compris après le changement de tarifs du début 2026. L'amélioration espérée n'a largement pas eu lieu, écrit-il dans une contribution invitée que Medinside a publiée le 4 novembre. La prise en charge en urgence en particulier reste insuffisamment rémunérée. Altmann avertit qu'il pourrait rester moins d'argent pour le traitement, la recherche et la formation.
La critique émane d'un directeur d'hôpital directement concerné. Sa contribution était déjà parue le 28 octobre dans la NZZ. Il s'agit donc d'une prise de position actuelle sur la politique tarifaire, et non d'une nouvelle enquête nationale portant sur l'ensemble des hôpitaux pour enfants.
Un bénéfice assorti de 14,4 millions de francs de contributions supplémentaires
Le dernier bilan saint-gallois montre à quel point un résultat annuel peut dépendre d'un financement complémentaire. La fondation Ostschweizer Kinderspital a annoncé pour 2025 un bénéfice de 1,5 million de francs. Dans le même temps, elle a reçu 1,8 million de francs de dons et 14,4 millions de francs de contributions supplémentaires de ses collectivités responsables. En mai, l'hôpital a expliqué que ces contributions compensaient la représentation insuffisante de la médecine pédiatrique dans les tarifs, en particulier dans le domaine ambulatoire.
Un bilan positif ne prouve donc pas que les recettes des traitements couvrent à elles seules tous les coûts. Inversement, il ne suffit pas de soustraire les dons et les contributions des collectivités du bénéfice pour qualifier ensuite le résultat de perte d'exploitation sans autre examen. Il faudrait pour cela tenir compte des positions et des délimitations figurant dans les comptes complets.
Bâle reste dans le rouge malgré davantage de prestations
L'Hôpital universitaire pour enfants des deux Bâle, UKBB, a présenté pour 2025 un résultat d'entreprise de moins 5,9 millions de francs. Il a néanmoins qualifié ce bilan de nettement meilleur que le budget, l'attribuant à une productivité plus élevée et à des processus améliorés. Le sous-financement structurel demeure une charge, a précisé l'établissement en mai.
L'UKBB a traité 6305 patientes et patients stationnaires et enregistré 126 065 consultations ambulatoires. Ces dernières ont progressé d'un peu plus de six pour cent par rapport à l'année précédente. Davantage de prise en charge et un résultat amélioré peuvent donc aller de pair avec une perte persistante. Les bilans des deux établissements portent sur 2025; ils ne mesurent pas encore l'effet du changement de tarifs de 2026.

Une nouvelle structure, des valeurs en francs différentes
Depuis le 1er janvier 2026, les prestations médicales ambulatoires sont facturées via TARDOC ou au moyen de forfaits ambulatoires. TARDOC évalue chaque prestation à l'aide de points tarifaires. Les forfaits regroupent les prestations d'un traitement. Le nombre de points tarifaires est ensuite multiplié par une valeur en francs qui varie d'un canton à l'autre. C'est ainsi que l'Office fédéral de la santé publique décrit le calcul.
Les structures tarifaires s'appliquent à toute la Suisse. Cela ne signifie pas pour autant que chaque traitement rapporte le même montant en francs dans chaque canton. Outre la structure, la valeur du point tarifaire convenue ou approuvée joue un rôle déterminant. Une affirmation sur la sous-couverture d'un établissement précis exige donc ses coûts, son offre de prestations et sa rémunération concrète – et pas seulement le nom du tarif.
Les traitements stationnaires obéissent à un autre mode de financement. Le canton de Bâle-Campagne explique que le canton de domicile et l'assureur prennent en charge la rémunération au prorata. La sous-couverture ambulatoire n'implique donc pas que tous les types de traitement et tous les cantons soient touchés dans la même mesure.
Des charges supplémentaires face à la neutralité des coûts
Altmann justifie les exigences plus élevées notamment par des groupes d'âge très différents, par des maladies rares et par un besoin supplémentaire en personnel. Une simple prise de sang peut déjà mobiliser plusieurs collaboratrices et collaborateurs; les jeunes enfants ont souvent besoin d'un accompagnement anesthésique pour un examen IRM. Il chiffre le déficit structurel des hôpitaux et cliniques pour enfants pour 2025 à environ 130 millions de francs. Ce total est son indication dans la contribution invitée, et non le résultat d'un calcul des coûts canton par canton qui y serait détaillé.
La Confédération exige en même temps une conversion tarifaire neutre sur le plan des coûts: le changement lui-même ne doit pas engendrer de coûts supplémentaires à prestations égales. Selon la présentation de l'OFSP, cette exigence doit être distinguée de l'évolution ultérieure du volume de prestations. En cas de dépassement du corridor de croissance prévu, des corrections sont possibles; la phase de neutralité des coûts dure au moins jusqu'en 2028.
Pour les hôpitaux pour enfants, la tâche reste donc de démontrer leur charge particulière dans le développement des tarifs. Le prochain bilan devra montrer quel est l'effet réel des nouvelles rémunérations – avec des données de facturation pour 2026, et non plus seulement avec les bilans de l'année précédente.
Sources
- OFSP: tarif médical ambulatoire et neutralité des coûts
- Ostschweizer Kinderspital: bouclement annuel 2025
- UKBB: rapport de gestion 2025, communication du 21 mai 2026
- Canton de Bâle-Campagne: tarifs et financement
- Serge Altmann: contribution invitée sur le sous-financement, Medinside, 4 novembre 2026
- Image de titre: Re probst, UKBB Bâle
- Image de l'article: Yogabrata Chakraborty, pièces de franc suisse
- Licence des deux images: CC BY-SA 4.0

