
Copernicus prévoit encore plus de 1,5 °C de réchauffement en 2026
Après l'octobre le plus chaud de la série ERA5, la probabilité d'un dépassement sur la moyenne annuelle dépasse 99 %. Pour l'objectif de Paris, c'est toutefois l'évolution à long terme qui compte.
Selon la prévision actuelle du service climatique européen Copernicus, 2026 sera presque certainement une nouvelle année civile avec plus de 1,5 degré de réchauffement global. Le modèle statistique chiffre cette probabilité à plus de 99 %. Pour la moyenne annuelle, l'intervalle de prévision par rapport à la période de référence préindustrielle 1850-1900 s'établit entre 1,56 et 1,61 degré.
Le calcul prend en compte les dix premiers mois et estime les valeurs encore manquantes de novembre et décembre. Le plus probable est un deuxième rang derrière l'année record 2024. Copernicus indique toutefois aussi une probabilité d'environ 20 % que 2026 atteigne ou dépasse le record actuel. Il ne s'agit pas encore d'un bilan annuel bouclé. Le modèle a été entraîné sur les données ERA5 de 1979 à 2025 et utilise notamment les températures récentes des terres et des mers.
Octobre a établi un nouveau record mensuel
La température mondiale de l'air proche de la surface a atteint en moyenne 15,35 degrés en octobre. Il s'agit donc de l'octobre le plus chaud de la série ERA5. Par rapport à l'octobre préindustriel estimé, l'écart s'élève à 1,75 degré. C'était le troisième mois consécutif au-dessus de 1,5 degré.
Deux périodes de référence pour un même réchauffement
Copernicus publie aussi les températures par rapport à la moyenne de 1991-2020. L'Organisation météorologique mondiale recommande cette référence plus récente pour l'observation du climat actuel. Elle n'est pas interchangeable avec la base préindustrielle. Un écart plus faible par rapport à cette période de comparaison plus récente, déjà plus chaude, ne décrit donc pas automatiquement un réchauffement plus faible.
ERA5 remonte à 1940 et constitue une réanalyse mondiale : elle reconstruit l'état de l'atmosphère à partir d'observations et de calculs de modèles. La comparaison avec 1850-1900 nécessite donc en plus une estimation dérivée de plusieurs jeux de données de température historiques. Pour les moyennes annuelles mondiales, Copernicus ajoute un supplément standard de 0,88 degré à l'écart par rapport à 1991-2020 ; pour les valeurs mensuelles, ce supplément varie.
La grandeur mesurée est elle aussi définie. Dans ERA5, la température de l'air proche de la surface désigne la température à deux mètres au-dessus des terres et des mers. Elle ne correspond pas à la température de l'eau. À la lecture des différentes annonces de température, la période de référence, la couverture spatiale et la grandeur mesurée doivent donc concorder.
Paris juge sur plus d'une année civile
L'Accord de Paris vise à contenir le réchauffement nettement en dessous de deux degrés et à poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5 degré. Il s'agit d'un niveau de réchauffement mondial à long terme. Un mois chaud isolé ou une seule année ne décide donc pas à lui seul si ce niveau est atteint.
Les climatologues Hayley Fowler et Richard Betts expliquent dans une publication du service scientifique parlementaire britannique POST qu'on considère généralement pour cela une moyenne sur vingt ans. Elle doit permettre de distinguer les fluctuations naturelles entre les années du tendance long terme d'origine humaine. Une estimation actuelle peut combiner les observations de la décennie écoulée avec des projections modélisées pour la suivante.
Les dépassements de courte durée ne sont toutefois pas une simple anomalie sans importance. Les chercheurs qualifient une année au-dessus de 1,5 degré de signal précoce d'un rapprochement du niveau de long terme. En outre, la moyenne mondiale ne constitue pas une prescription de température pour chaque lieu : les terres se réchauffent généralement plus vite que les océans. On ne peut donc pas en déduire une hausse d'ampleur identique pour la Suisse ou pour un été particulier.
La durée d'un dépassement reste modifiable
Dans son rapport « Limiting Overshoot », présenté en septembre 2026, le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE, UNEP) examine comment limiter l'ampleur et la durée d'un dépassement. Il appelle à des réductions rapides et durables des émissions de gaz à effet de serre, en parallèle à l'adaptation aux conséquences. Les risques augmenteraient à chaque fraction de degré supplémentaire et avec la durée de températures plus élevées.
Un retour ultérieur sous 1,5 degré exigerait en outre, selon l'UNEP, d'extraire du CO₂ de l'atmosphère. Cette extraction doit compléter les réductions d'émissions, non les remplacer. L'organisation avertit aussi qu'une baisse de température ne permet pas d'annuler entièrement les pertes déjà survenues.
Les valeurs encore manquantes de novembre et décembre décideront du chiffre annuel exact. La durée pendant laquelle la Terre évolue à ce niveau élevé de température ne dépend en revanche pas du classement de deux années record, mais des émissions de gaz à effet de serre à venir.
Sources
- Copernicus C3S : températures de surface et prévision annuelle, octobre 2026
- Copernicus C3S : bases de données et périodes de comparaison
- POST : Hayley Fowler et Richard Betts sur le niveau de réchauffement de 1,5 degré
- UNEP : Limiting Overshoot, communiqué du 2 septembre 2026
- Deutsche Welle : prévision climatique pour 2026
- Image de titre : NASA / Apollo 17, The Blue Marble (remastered), domaine public
- Image de l'article : CambridgeBayWeather, Stevenson screen exterior, domaine public


