
La bibliothèque ouvre le dimanche, le conseil pas toujours
Open Library élargit l'accès aux livres et aux places de travail. L'exemple de Coire montre ce qui est possible sans personnel et où sont les limites.
Une table tranquille, un livre, un lieu hors de chez soi : pour cela, une bibliothèque doit être plus qu'un comptoir de prêt. Le dimanche en particulier, elle pourrait s'adresser à des personnes qui travaillent, étudient ou s'occupent de proches pendant les heures d'ouverture habituelles. Mais des heures d'accès supplémentaires soulèvent une question pratique : toute porte ouverte doit-elle s'accompagner de l'ensemble du service de conseil ?
La Bibliothèque cantonale des Grisons, à Coire, répond à cette question par deux offres distinctes. Il y a des plages horaires avec personnel. Et il y a Open Library, l'accès en dehors de ces plages, au moyen d'une carte de bibliothèque personnelle. Le bâtiment est ainsi utilisable plus longtemps, sans que toutes les prestations soient disponibles aussi longtemps.
Un public déjà établi, surtout chez les jeunes
Les bibliothèques ne s'adressent nullement à un petit groupe seulement. Selon l'enquête sur le comportement culturel de l'Office fédéral de la statistique, environ 42 % de la population de 15 ans et plus a fréquenté une bibliothèque ou une médiathèque en 2024. Chez les 15 à 29 ans, cette part atteignait environ 60 %. L'évaluation de l'OFS distingue en outre les visites privées de celles effectuées pour le travail ou la formation.
Ces motifs d'utilisation peuvent se recouper. Une personne peut réviser un examen, puis emprunter un roman. Ne voir dans la bibliothèque qu'un entrepôt de livres ou qu'une salle d'étude reviendrait à ignorer cette polyvalence.
Les chiffres nationaux de fréquentation ne prouvent toutefois pas un besoin mesuré pour chaque ouverture dominicale. L'enquête ne dit pas combien de personnes viendraient le dimanche dans une commune donnée. Il faudrait pour cela que les bibliothèques observent leur fréquentation locale. Elle montre en revanche que la question de l'accessibilité concerne une part considérable de la population.

Ce qui est possible le dimanche à Coire
La Bibliothèque cantonale des Grisons a introduit son offre Open Library le 25 juin 2024. Selon les informations officielles, l'accès est possible tous les jours de 7 à 22 heures, le dimanche de manière continue et sans personnel. Condition préalable : une carte de bibliothèque personnelle valable ; elle ne peut pas être transmise à des tiers.
Sont accessibles entre autres la salle de lecture et le libre accès. Les médias peuvent être empruntés et rendus de manière autonome. En revanche, qui a besoin d'une nouvelle carte, d'un conseil spécialisé ou d'une aide en cas de problème technique doit tenir compte des plages avec personnel. Les commandes en magasin et d'autres prestations ne sont pas non plus disponibles simplement 24 heures sur 24.
La bibliothèque signale en outre la présence d'une vidéosurveillance. L'accès prolongé est donc lié à des règles et à une organisation déterminée. Pour une visite concrète, les indications actuelles de l'établissement restent déterminantes, par exemple en cas de fermetures particulières. Open Library ne signifie pas que toute demande imaginable peut être traitée à tout moment.
L'accès est une prestation à part entière
C'est précisément cette séparation qui rend le modèle intéressant. Qui sait déjà quel livre il cherche, ou qui a simplement besoin d'une place de travail, n'a pas besoin de conseil à chaque visite. Pour ces personnes, du temps d'ouverture supplémentaire peut avoir une utilité immédiate. Un autre visiteur, lui, a une question de recherche et dépend d'un savoir spécialisé.
Les deux besoins sont légitimes. La qualité d'une bibliothèque ne se mesure donc ni aux seules heures d'ouverture, ni aux seules heures où le comptoir est occupé. Ce qui est déterminant, c'est de savoir si les informations sont compréhensibles et si les gens savent quand ils obtiennent quelle aide.
Un test pratique est la première utilisation. Si une personne ne peut s'inscrire que dans d'étroites plages horaires, une longue ouverture sans personnel n'aide guère dans un premier temps. Tout aussi importantes sont des règles d'accès compréhensibles et un environnement dans lequel des usagères et usagers différents trouvent leurs repères. Ce sont des questions de conception, et non des succès déjà attestés par la statistique de fréquentation.
Un dimanche sans obligation de consommer ?
Une visite à la bibliothèque peut constituer une alternative à des lieux où le séjour est lié à une commande. Savoir si cela fonctionne réellement à bas seuil sur place dépend des taxes, des conditions d'accès et de l'offre concrète. L'appellation Open Library ne le garantit pas à elle seule.
L'exemple de Coire montre néanmoins une voie productive : un lieu public peut offrir du temps supplémentaire sans prétendre que chaque prestation soit disponible de la même manière. Pour l'aménagement du dimanche, c'est une petite extension concrète. Pour la politique des bibliothèques, la question est plus vaste : quels espaces une commune met-elle à disposition de sa population lorsque l'exploitation habituelle fait une pause ?



