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Suisse11:45 hJournalPlus RedaktionTemps de lecture: 6 min0 commentaires

Moins de mariages, divorces plus tard : argent et droit en cause

En 2025, 35 900 mariages ont été célébrés en Suisse, soit 2,3 % de moins que l'année précédente. La fiscalité et l'AVS créent des incitations réelles, sans expliquer à elles seules ce recul.

En Suisse, on se marie moins souvent. En 2025, l'Office fédéral de la statistique (OFS) a enregistré 35 900 mariages, soit 2,3 % de moins que l'année précédente. Dans le même temps, 15 800 mariages ont été dissous par divorce, également moins qu'en 2024. Ces deux reculs ne prouvent toutefois ni une « crise du mariage » générale, ni que les risques financiers soient à eux seuls ce qui détourne les gens du mariage.

L'évolution la plus marquante tient à la combinaison de plusieurs phénomènes : les couples se marient plus tard, vivent plus souvent en couple sans être mariés et séparent davantage que les générations précédentes la vie de couple, la parentalité et le certificat de mariage. Parallèlement, le droit fiscal et celui des assurances sociales créent des différences financières qui peuvent être considérables selon le revenu, la prise en charge des enfants et l'âge.

Le recul ne commence pas par les impôts

Les analyses de l'OFS montrent que les jeunes adultes se marient aujourd'hui moins souvent et plus tard. Depuis 1970, le nombre de premiers mariages a diminué malgré une population en croissance. Les communautés de vie sans mariage et les couples vivant dans des logements séparés se sont répandus dans la société. Chez les couples ayant des enfants communs, le mariage reste certes dominant, mais les parents non mariés sont plus fréquents dans les jeunes générations.

La tendance de long terme ne se réduit donc pas à une cause unique. La statistique saisit des décisions, mais pas leurs motivations. Des affirmations comme « la pénalisation du mariage en est la cause » ou « les hommes ne se marient plus par peur du divorce » vont au-delà de ce qui est établi.

Eine symbolische Zeitleiste zeigt Paare verschiedener Epochen und einen abzweigenden Weg bei einer Trennung.
Heiraten wurden pro Kopf seltener, während Scheidungen zunächst zunahmen und seit dem Höchststand wieder zurückgingen. · JournalPlus / KI-generiertes Symbolbild

Les conséquences fiscales sont réelles, mais inégales

Aujourd'hui, les couples mariés sont imposés conjointement, les partenaires non mariés séparément. Pour l'impôt fédéral direct, des conjoints biactifs aux revenus comparables peuvent payer plus que deux personnes non mariées. À l'inverse, un couple dont un seul revenu — ou un deuxième nettement plus faible — peut s'en sortir à meilleur compte. On ne peut donc pas parler d'un désavantage fiscal uniforme pour tous les mariages.

Le 8 mars 2026, le corps électoral a accepté l'imposition individuelle par 54,23 %. Elle entrera en vigueur en 2032 au niveau de la Confédération, des cantons et des communes. Chaque personne déposera alors sa propre déclaration d'impôt, indépendamment de son état civil. Pour les couples qui envisagent aujourd'hui de se marier, rien ne change d'ici là. Et la réforme n'élimine ni les conséquences privées d'un divorce ni le plafonnement AVS.

Le droit du divorce ne privilégie aucun sexe

Le droit suisse du divorce ne tient pas compte de la faute depuis 2000. L'entretien après divorce dépend de critères tels que la répartition des tâches pendant le mariage, la durée de celui-ci, l'âge, la santé, le revenu, la fortune et les possibilités de gain futures. La loi ne lie pas cet examen au sexe. L'entretien de l'enfant est en outre une créance de l'enfant, à distinguer de l'entretien entre anciens conjoints.

Depuis 2014, l'autorité parentale conjointe est la règle. Depuis 2017, les autorités doivent examiner une garde alternée lorsqu'un parent ou l'enfant le demande ; l'intérêt de l'enfant reste déterminant. Ces réformes ne garantissent pas une prise en charge par moitié dans tous les cas, mais elles ont modifié la situation juridique de départ.

On ne peut pas en déduire des affirmations générales selon lesquelles les femmes seraient privilégiées ou les hommes financièrement exploités. Les résultats inégaux proviennent souvent du fait que le travail rémunéré et le travail de prise en charge étaient déjà inégalement répartis pendant le mariage. Celui ou celle qui assumait la plus grande part du travail rémunéré risque davantage de devoir verser un entretien ; celle ou celui qui a assuré la prise en charge a souvent des revenus et des droits de prévoyance plus faibles. Cela peut toucher hommes et femmes différemment, sans constituer une règle légale fondée sur le sexe.

Les divorces se déplacent vers des âges plus élevés

En 2024, un mariage durait en moyenne 15,8 ans jusqu'au divorce. Les hommes avaient en moyenne 50,8 ans au moment du divorce, les femmes 46,2 ans ; dans le même temps, le poids des divorces après au moins 20 ans de mariage a augmenté sur le long terme. Le terme de « divorce des seniors » ne doit toutefois pas masquer que de nombreuses personnes concernées sont encore en activité professionnelle.

Il n'est pas non plus question d'une explosion actuelle des divorces : en 2025, le nombre de divorces a reculé de 2,2 %. Ce qui compte davantage, c'est qu'une séparation tardive laisse moins de temps pour combler les lacunes de prévoyance et fait passer d'un ménage à deux.

Le plafond AVS est une véritable conséquence du mariage

Dans l'AVS, les deux rentes individuelles d'un couple marié sont plafonnées ensemble à 150 % de la rente individuelle maximale. En 2026, cela représente au maximum 3 780 francs par mois. Deux personnes non mariées peuvent toucher ensemble jusqu'à 5 040 francs. Selon une commission parlementaire, en 2023, près de neuf couples de retraités mariés sur dix étaient concernés par ce plafonnement ; sans plafond, leurs rentes auraient été supérieures d'environ 300 francs en moyenne.

Le mariage présente aussi des avantages dans l'AVS, notamment la protection de cotisation d'un conjoint sans activité lucrative et les prestations de survivants. Une initiative populaire demandant la suppression du plafond est encore en discussion au Parlement ; son entrée en vigueur n'est pas établie. L'imposition individuelle dès 2032 ne change rien à cette règle de rente.

Le divorce n'est pas une voie fiable pour sortir de la pauvreté à la vieillesse

Lors d'un divorce, les revenus AVS acquis pendant le mariage sont en principe partagés par moitié. La prévoyance professionnelle constituée pendant le mariage est également partagée selon les règles légales. Cela protège la personne économiquement plus faible, sans compenser chaque lacune. Les analyses de la Confédération continuent de montrer des rentes de caisse de pension nettement plus basses pour les femmes, en particulier après un travail à temps partiel et des interruptions d'activité liées à la famille.

Deux ménages séparés coûtent en outre généralement plus cher qu'un ménage commun. Le risque de pauvreté à la vieillesse ne dépend donc pas seulement de l'état civil et du plafond AVS, mais aussi du revenu de toute une vie, du travail de prise en charge, de l'affiliation à une caisse de pension, de la fortune, du coût du logement et des prestations complémentaires.

La baisse des mariages n'a donc pas un déclencheur financier unique. Dès 2032, l'imposition individuelle supprimera une différence importante, tandis que la question de l'AVS reste ouverte. Pour les couples, le calcul déterminant est individuel : revenus, prise en charge des enfants, prévoyance et sécurité juridique pèsent davantage que les jugements généraux sur qui « profite » d'un mariage ou d'un divorce.

Sources

OFS : Mouvement de la population 2025 – mariages et divorces

OFS : Relations de couple et formes de vie en Suisse

AFC : imposition des couples mariés et des familles

DFF : votation sur l'imposition individuelle

Conseil fédéral : l'imposition individuelle entre en vigueur en 2032

OFJ : droit du divorce

OFJ : autorité parentale conjointe et garde alternée

AVS/AI : plafonnement des rentes des couples mariés

Parlement : conséquences d'une suppression du plafond AVS pour les couples mariés

OFAS : écart de rentes entre femmes et hommes en Suisse

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