
TVA 2024 : pourquoi deux chiffres officiels divergent
La nouvelle statistique de l'AFC fait état de 27,182 milliards de francs de créance fiscale nette ; les comptes de la Confédération en enregistrent 26,930 milliards. Deux moments de saisie différents.
La statistique de la TVA pour 2024, publiée lundi, contient deux montants en apparence contradictoires. Son aperçu général fait état d'une créance fiscale nette de 27,182 milliards de francs. À côté figurent 26,930 milliards de francs « selon les comptes de la Confédération ». L'écart d'environ 252 millions de francs n'est pas une erreur de calcul. Il provient du fait que les deux séries officielles retiennent un moment différent pour la constatation de la créance fiscale. Qui veut en déduire une hausse des recettes due à de futures augmentations d'impôt doit d'abord distinguer ces notions.
Une taxe, deux calendriers
Pour sa statistique, l'Administration fédérale des contributions (AFC) recense, dans sa publication Excel, les créances nées durant l'année sous revue 2024. Les comptes de la Confédération enregistrent en revanche les créances comptabilisées du 1er janvier au 31 décembre 2024. Après la fin de leur période de décompte, les entreprises disposent en principe de 60 jours pour déclarer la taxe. Ainsi, des créances portant sur le dernier trimestre d'une année n'arrivent pas nécessairement dans la même comptabilité annuelle. L'AFC explique cette délimitation à la feuille 2.1 de son nouveau classeur.
Cette différence est déterminante pour les comparaisons. Les 27,182 milliards de francs de la statistique ne sont pas simplement le montant que la Confédération a comptabilisé comme recette en 2024. Les comptes de la Confédération mentionnent environ 26,930 milliards de francs. Selon le rapport d'activité 2024 de l'AFC, cette valeur dépassait d'environ 1,782 milliard celle de l'année précédente. Une comparaison avec la créance fiscale nette de 2023 issue de la nouvelle statistique mélangerait en revanche deux délimitations annuelles distinctes.

Les importations comptent pour près de la moitié de la créance
Sur les 27,182 milliards de francs de créance fiscale nette de la statistique, environ 15,013 milliards reviennent à l'AFC et 12,169 milliards à l'Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF). Cela correspond à 55,2 et 44,8 pour cent. La seconde part concerne la TVA perçue sur les importations. Selon l'AFC, elle ne peut pas être ventilée selon les mêmes critères que les montants déclarés par les assujettis établis en Suisse. Un classement des branches établi par l'AFC n'explique donc pas l'ensemble de la créance fiscale.
Autre particularité : les entreprises peuvent déduire l'impôt payé sur les prestations acquises à titre d'impôt préalable, pour autant que les conditions légales soient remplies. Un impôt élevé sur les chiffres d'affaires ne permet donc pas de conclure directement à une contribution nette du même ordre ni à une charge fiscale équivalente pour la clientèle. Dans la partie statistique du classeur figurent par exemple, pour 2024, environ 113,513 milliards de francs d'impôt sur les chiffres d'affaires et environ 98,500 milliards d'impôt préalable déductible. La créance fiscale nette de l'AFC ne représente en conséquence qu'une fraction du premier montant. Ces grandeurs ne sont pas des recettes fédérales supplémentaires que l'on pourrait additionner.
Pas de tableau du panier de courses
La nouvelle publication classe les entreprises par secteurs économiques, tailles de chiffre d'affaires, formes juridiques et classes de montant d'impôt. Elle est donc utile pour étudier la structure des assujettis à la TVA. Elle ne montre toutefois pas directement quelle part de l'impôt est finalement supportée par les ménages à faible ou à haut revenu. La branche d'une entreprise qui décompte n'est pas identique à la sphère de consommation d'un acheteur ; les chaînes d'approvisionnement et les déductions d'impôt préalable s'intercalent entre les deux.
L'AFC mentionne en outre les limites de la base de données. Certaines prestations, notamment dans la santé, la formation ou la culture, sont exemptées de l'impôt. Tous les chiffres d'affaires qui s'y rattachent n'apparaissent pas intégralement dans les décomptes. Les montants exigés en dehors des déclarations ordinaires et les corrections ultérieures ne figurent pas non plus dans chaque tableau. Cela compte lorsqu'on lit les statistiques fiscales comme une image complète de la consommation.
Depuis janvier 2024, le taux normal de 8,1 pour cent, le taux réduit de 2,6 pour cent et le taux spécial de 3,8 pour cent pour certaines prestations d'hébergement sont en vigueur. La comparaison annuelle exige une prudence supplémentaire. Parce que les taux ont été relevés début 2024, un changement de taux et des évolutions du chiffre d'affaires, des prix et des importations tombent dans la même période d'observation. L'augmentation affichée ne peut donc pas être attribuée sans autre calcul à une seule cause. De même, multiplier l'ensemble des recettes TVA de 2024 par une majoration proposée ne constituerait pas une prévision de rendement solide : les prestations à taux réduit ou exemptées, les déductions d'impôt préalable et le comportement futur manquent dans un tel calcul.
Dans un débat sur un relèvement, ce n'est cependant pas seulement le montant encaissé en 2024 qui compte. Ce qui serait déterminant, c'est la configuration concrète, les prestations concernées et le comportement des entreprises comme des consommateurs. La statistique fournit un point de départ vérifié – pas un calcul de répartition prêt à l'emploi ni une prévision pour un nouvel impôt.
Sources originales
- AFC : La TVA en Suisse 2024, publication Excel
- AFC : communiqué de presse sur la statistique 2024, 21 septembre 2026
- AFC : rapport d'activité 2024, TVA
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